Archives pour la catégorie Culture

Un premier sommet européen pour développer le journalisme de solutions

Le premier sommet européen du journalisme de solutions s’est tenu les 27 et 28 septembre à Prague et a permis de réunir cent personnes actives dans ce secteur spécifique et venant de trente pays.

L’événement inaugural avait pour objectif de développer cette approche journalistique positive et d’en installer la pratique et la notoriété.

Le modèle adopté était « l’unconference », ce qui a permis aux personnes présentes de mener des échanges inclusifs autour de diverses thématiques. Les prises de paroles conçues comme des moments de discussion ont mis en valeur le journalisme environnemental, les médias en temps de crise et d’autres thèmes pouvant être abordés à travers le journalisme de solutions.

L’intervention de Tina Rosenberg a lancé une réflexion comparative entre la présence du SOJO dans les médias américains et dans ceux d’Europe. Cette journaliste et universitaire américaine est une des pionnières de cette approche journalistique. Elle a co-fondé en 2013 le Solution Journalism Network, après avoir lancé le genre dans le New York Times.

Le Journalisme de solutions est porté en Europe par différents organismes formant des mentors et assurant la transmission de cette manière d’aborder l’actualité et son traitement. Parmi eux Transitions médias (organisme non-lucratif qui vise à promouvoir le journalisme de solutions à l’Est de l’Europe et au niveau de l’Asie centrale) qui a organisé l’événement avec d’autres partenaires.

Le journalisme de solutions aborde l’information d’une façon positive ne se suffisant pas de critiquer ou de révéler les problématiques. C’est une approche intégrant, dans la démarche journalistique, la recherche et la présentation de pistes de solutions.

 

Pour les photos https://transitionsmedia.org/2024/10/04/first-ever-european-sojo-summit/

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Trois questions à Rania Stephan, libraire libanaise qui agit pour diffuser le livre francophone

 

Rania Stephan est à la tête d’une librairie libanaise portant son nom et qui existe depuis 1956. Elle est active, également, dans les domaines de l’édition et de la diffusion avec pour objectif de rendre accessible la francophonie. C’est à elle qu’a été confiée, en 2023, l’organisation de la présence française à la Foire du livre à Riyad. Ce projet porté par l’Ambassade de France en Arabie saoudite a permis la mise en place, pour la première fois, d’un pavillon français de 500m2 qui a permis d’exposer 20 mille ouvrages d’éditeurs français. 

Quelles actions opérez-vous pour la promotion et la diffusion de la lecture sur le maché saoudien et ailleurs ? Comment exercez-vous ce rôle dont vous vous retrouvez investie ?

Il se trouve que la francophonie me tient à cœur et au fil de mon parcours et de mes rencontres émergent des idées pour aller la développer là où je trouve qu’il y a un terrain à explorer. Je ne le fais bien évidemment pas seule, puisqu’il y a l’équipe qui m’entoure qui me signale les opportunités et, à partir de là, je cherche à créer des partenariats avec les différents acteurs pour monter des projets.
Mon parcours m’a amenée à développer des amitiés dans différents secteurs en rapport avec l’édition en langue française. Nous sommes présents dans plusieurs pays du Moyen Orient qui ont chacun des besoins spécifiques et nous travaillons donc différemment dans chaque pays. En ce qui concerne l’Arabie saoudite, l’idée est venue du fait de la quasi-absence d’une offre de livres en langue française dans le pays. Le salon du livre de Riyad auquel participent plus de 1300 éditeurs a été l’occasion de commencer à développer cette présence. Le ministère de la Culture en Arabie saoudite a été d’un grand soutien dans cette initiative et l’ambassade de France et l’alliance française à Riyad ont tout de suite adhéré au projet. Le partenariat a été très efficace, pour la première édition du pavillon français.

Quel constat faites-vous au niveau du marché du livre en Orient et en Arabie saoudite, en particulier ?

 Il y a un intérêt certain pour le développement de l’enseignement des langues au niveau du marché du livre en Orient et la commission chargée du livre au ministère de la culture en Arabie saoudite, par exemple, est très active. La langue française présente un attrait et se démarque des autres langues que les Saoudiens souhaitent apprendre
La tenue du premier pavillon français et son succès ont mis en valeur le fait qu’il est nécessaire de continuer dans la voie du développement de plusieurs actions culturelles soutenant la francophonie et le développement de partenariats dans la traduction et l’édition.

Il s’agit de développer la présence du livre français parce qu’on sent bien que la demande existe. La langue française intéresse et fait rêver le public saoudien qui est très attiré par les auteurs de référence français que ce soit Hugo, Camus ou Sartre. Il y a un début de développement et surtout un vif souhait de la part du ministère de la Culture de développer les échanges, pour soutenir l’édition de livres et l’échange de droits.

En matière d’édition, quels seraient vos objectifs ? Y en a-t-il un qui fait figure de challenge qui vous tient à cœur ?

Le premier objectif est d’assurer la présence de la langue française dans le plus de pays possible, là où il y a un potentiel. Pour ceci il faut s’adapter aux besoins de chacun des pays que ce soit en adaptant des méthodes de français langue étrangère, en proposant des animations culturelles, en facilitant l’accès du livre en langue française et en travaillant à présenter la langue mais aussi la culture française comme accessibles et offrant des débouchés et des ouvertures.

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La musique méditerranéenne à l’honneur à la Sorbonne Abou Dhabi

Ils ont investi la scène de l’amphithéâtre Zayed de l’Université Sorbonne Abou Dhabi pour hisser le drapeau d’une francophonie et d’une Méditerranée artistiquement inclusives et ont été longuement applaudis. Il s’agit du groupe Voyage en Méditerranée mené par Fedia Khalfallah et Gennaro Sienna. La première est Tunisienne. Elle chante et joue du Oud. Elle est docteure en informatique et professeur de technologie. Elle a été la première diplômée de la classe de vocalise, de chant et de recherche de Bait El Oud (Maison du Oud) d’Abou Dhabi. Le deuxième est Italien. Il chante également et joue de la guitare. Il est diplômé de l’Académie d’Art et Musique de Naples en chant « Bel canto » et également de la Royal School of London.

Le répertoire joué le 10 octobre 2024 était un melting pot avec un point en commun : la Méditerranée et ses effluves musicales dépassant les frontières culturelles.

Douze pays ont été mis à l’honneur à travers des chansons faisant partie du patrimoine musical de chacun. Le groupe rend hommage également aux Emirats Arabes Unis, le pays où leur voyage commun a pris naissance.

« Nous sommes ravis à chaque fois de l’accueil que nous réserve le public. Certaines personnes viennent, par curiosité, découvrir les sonorités artistiques d’ailleurs et cela nous remplit de satisfaction de faire connaître la musique de la Méditerranée », déclare Fedia Khalfallah, enseignante à la Sorbonne Abou Dhabi qui a décidé d’intégrer ses talents artistiques à son parcours académique et professionnel.

Les airs joués sont hétéroclites en apparence, mais l’approche du duo au micro les harmonise grâce à la traduction. En effet, les classiques (qu’ils soient arabes, français, italiens, grecs ou espagnols…) sont repris d’une manière rendant les paroles accessibles. Des refrains traduits sont apposés à la suite des initiaux et la poésie des images est ainsi transmise, dans son essence et à travers l’interprétation.

Les musiciens accompagnant Fédia et Gennaro sont des professionnels venus de différents pays et leur volonté est de faire connaître leur art dans l’espace cosmopolite où ils vivent. La Sorbonne Abou Dhabi qui accueille des étudiants et des enseignants de différents pays en faisant partie a été un hôte d’exception pour ce choix artistique rendant universelle la poésie musicale.

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Prix Ivoire pour la littérature africaine francophone : Azza Filali lauréate 2024

 

Le Prix Ivoire pour la littérature africaine d’expression francophone 2024 a été décerné à la romancière tunisienne Azza Filali pour son roman Malentendues, publié en 2023 aux éditions Elyzad.

Le jury a salué, dans cette œuvre, son engagement vis-à-vis des femmes à travers la description de leurs situations et des sociétés dans lesquelles elles essaient d’évoluer. Il présente l’œuvre primée comme « un hymne à la femme, une excellente mise en miroir des vies fragiles des femmes engagées tout entières dans une quadrature du cercle partout dans le monde. Les plus évoluées d’entre les femmes pensent être hors du lot alors même qu’elles ne font que perpétuer, dans l’épine des songes, le lourd tribut dû à une société construite sans leur avis. »

En effet, Malentendues dresse, en 344 pages, le portrait d’une avocate tunisienne et celui des femmes rurales qu’elle rencontre dans le cadre d’une mission professionnelle. Emna, personnage central parcourt, tout au long du roman, des territoires conservateurs dans le but d’évaluer le degré de civisme et d’autonomie des femmes.

Par ailleurs, lors de cette 16ème édition présidée par la romancière et dramaturge Werewere Liking-Gnépo, une mention spéciale a été accordée à la Gabonaise Charline Effah pour « Les Femmes de Bidibidi », paru aux éditions Emmanuel Colas, en 2023.

Outre les deux ouvrages primés, figuraient dans la liste concourant pour le Prix Ivoire, trois autres finalistes : « Zakoa » de Hary Rabary, « Âmes tembée » de Marie-George Thébia et « Le Violon » d’Adrien de Gary Victor. Ces cinq œuvres ont été retenues parmi 76 ouvrages provenant de seize pays.

Rappelons que le Prix Ivoire pour la Littérature Africaine d’Expression Francophone a été créé en 2008 par l’association de droit ivoirien, Akwaba Culture. Il est placé sous le parrainage du ministère de la Culture et de la Francophonie de Côte d’Ivoire, de l’ambassade de France à Abidjan, de la Librairie de France Groupe.

Marine, si la place le permet :

Encadré :

Azza Filali est romancière, philosophe et médecin. Elle a publié une douzaine d’ouvrages : romans, nouvelles, essais et a reçu plusieurs distinctions dont le Comar d’or en 2024 (pour le même roman primé par le Prix Ivoire) et en 2012 (pour son roman Ouatann, publié échez Elyzad). Le Prix Comar est un prix tunisien qui récompense, depuis 1997, les œuvres littéraires écrites en langue arabe et en langue française.

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9 novembre 1944 : Parcours initiatique du personnage et début d’un parcours littéraire pour l’autrice

9 novembre 1944, l’intitulé de ce roman est une date et le choix n’est pas anodin. Cela installe le décor et l’intrigue dans un cadre spatio-temporel marqué par la guerre et ses répercussions sociales et morales.

Le récit suit le parcours d’un jeune soldat allemand et dresse le portrait psychologique en mutation du personnage. Au fil de ses expériences, des conflits qu’elles engendrent et des voies qu’elles lui font prendre, le héros, Christoph mène un quotidien ressemblant à un parcours initiatique.

Juliette Pelletier dresse une trame dramatique jalonnée de faits historiques et de pérégrinations émotionnelles. Elle esquisse les traits essentiels des relations humaines lors d’une période historique difficile. Les valeurs sont explorées d’une manière contextualisée et l’introspection amène à une réflexion sur le devoir, l’amitié, le courage, l’ambition et d’autres notions dont l’importance est intemporelle mais la perception et l’usage peuvent différer selon les époques.

9 novembre 1944 est un ouvrage où l’imaginaire a pour base un socle historique et des faits réels et où le développement suit le quotidien d’un personnage qui évolue psychologiquement au rythme des épreuves.

Juliette Pelletier est une lycéenne pour qui ce roman est un premier pas dans le monde de la littérature.

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FOCUS | CULTURE | Arabie Saoudite : Viviers créatifs et rayonnement national et international

L’Arabie Saoudite se prépare pour l’échéance de 2030, date à laquelle le royaume accueillera l’Exposition universelle et entend marquer une transition importante dans son histoire. Dans ce pays où les moins de trente ans représentent près de 70% de la population, plusieurs projets et actions se mettent en place en faveur d’ouvertures culturelles et d’opportunités créatives au profit de cette tranche et de tous ceux que la culture intéresse. Cela donne lieu à des projets innovants, des partenariats en nombre et une volonté stratégique disposant de budgets conséquents. L’Arabie Saoudite dépense des millions pour réaliser ces objectifs ambitieux : ouvrir 200 musées et organiser 400 événements annuels d’ici 2030. Voici une sélection- très loin d’être exhaustive- d’événements récents, en cours et à venir.

Parfums d’Orient, une exposition hommage aux senteurs d’Arabie

C’est un voyage olfactif au fil des œuvres et des expériences que promet l’exposition Parfums d’Orient qui a pris place au Musée national de Riyad en Arabie Saoudite. Après l’institut du Monde arabe qui en est l’instigateur, cet événement a voyagé en Orient, lieu éponyme, dont les senteurs sont mises en valeur à travers près de 200 œuvres.

Entre fragrances florales et épicées, vestiges historiques en lien avec le thème ou portraits photographiques, cette exposition parcourt les preuves de l’ancrage historique de l’usage du parfum et de sa production dans les terres d’Orient.

Le visiteur découvre de lui-même les odeurs mises en avant tout au long de son parcours. Appuyant sur un bouton, il est invité à sentir les effluves de roses, de fleurs d’Oranger ou d’ambre.

Parcourant un cycle olfactif, il découvre l’évolution des senteurs au fur et à mesure des ajouts d’éléments parfumés à la base de safran ou de oud et explore l’illustration de l’importance de rituels en lien avec le parfum. Différentes cultures sont évoquées à travers des photos, des productions visuelles et manuelles, des accessoires inhérents à l’art de se parfumer.

Dans un des pavillons, des vendeurs de parfums et d’encens (qui occupent des pans entiers de commerces traditionnels) prennent la parole à travers des extraits de documentaires. Dans un autre, les hommes de la province saoudienne Jizan démontrent la symbolique des accessoires floraux dont l’usage est, chez eux, conjugué au masculin. Dans un autre espace, le visiteur découvre des réalisations à base de jasmin sambac qui reflètent un savoir-faire ancestral maniant les fleurs en vue de l’utilisation festive de leurs beautés et de leurs senteurs.

A travers cette exposition qui se produit en Arabie saoudite, sont mises en valeurs des traditions locales et des artistes s’intéressant au thème à l’honneur. C’est le cas de Reem Al-Nasser la Saoudienne qui met en avant un aspect culturel de la région du sud du pays dont elle est originaire. En effet, à Abou Arich les fleurs font partie de l’histoire et des rituels où, du jasmin d’Arabie, on fait des tenues et des accessoires pour femmes.

Illustrations de l’attachement à la manière d’être et de la symbolique de l’hospitalité, les senteurs s’hument et se font l’incarnation d’un pan social et historique des cultures d’Orient. Cette exposition qui s’est tenue en premier à l’Institut du Monde arabe à Paris voyage et fait vivre au visiteur ses pérégrinations olfactives et culturelles.

Parfums d’Orient se tient au Musée nationale d’Arabie saoudite à Riyad du 21 mai 2024 au 14 septembre 2024.

Ateliers d’écriture, l’art de dynamiser le monde de l’édition

La Commission de la littérature, de l’Edition et de la Traduction est un élément majeur de la scène culturelle en Arabie Saoudite. C’est un organe acteur dans la promotion, la régulation et la dynamique de production de livres.

Parmi les actions réalisées par cette commission, des ateliers créatifs en faveur des passionnés d’écriture. En mai, à Riyad, trois thèmes ont rassemblé des dizaines de personnes autour des sujets suivants : littérature jeunesse, littérature de voyage et traduction de contenus philosophiques. L’objectif était d’encourager ceux que l’écriture attire et de leur offrir un accompagnement qui favorise l’élan créatif.

La commission vise aussi à stimuler le secteur de l’édition en lançant des partenariats, des concours et des réflexions autour du monde du livre et de fonctionner comme un vivier stratégique pour le domaine dans lequel elle agit.

C’est cette même commission qui organise tous les ans la Foire du Livre, un événement qui connait une envergure et un essor croissants, avec un nombre d’exposants en hausse et une ouverture à l’échelle internationale.  Lors de la dernière édition à Riyad, deux pavillons internationaux avaient été consacrés à la Chine et à la France (le pavillon français a enregistré la participation de 80 éditeurs).

La commission crée ainsi une communauté d’auteurs aux côtés de ceux qui ont déjà eu accès au monde de l’édition et veille à la mise en place d’un écosystème dans le monde de l’édition fonctionnant comme une passerelle créative et culturelle.

Des agoras en nombre… quand le savoir rassemble

La scène culturelle saoudienne s’enrichie par l’ouverture de nouveaux lieux dédiés à la culture. Parmi ces projets, figure la Maison de la Culture dans la ville de Dammam qui est dirigée par la Saoudienne Najla Al Otaibi. Ce projet a été initié par la Commission des bibliothèques, organe institutionnel pour qui la modernisation sociétale est un des premiers objectifs. Cela se concrétise par des projets de réhabilitation et de création d’espaces dédiés à l’apprentissage, à l’innovation et aux loisirs didactiques. Deux espaces ont été lancés, 6 autres accueilleront le public bientôt et le lancement de 153 autres maisons de la Culture est planifiée pour les années à venir.

L’ouverture de lieux de lecture et de documentation et la réhabilitation de l’existant dans ce secteur vise à mobiliser l’élan créatif et faciliter l’accès à la culture. C’est le cas également de Amakan, un lieu conçu comme un rendez-vous avec la parole et ceux qu’elle intéresse. Des rencontres avec des personnalités actives dans plusieurs secteurs sont prévues à la manière de tables rondes dans la décontraction et la convivialité. C’est le cas également des « Discours des Librairies », des événements qui mettent le partage de différentes expertises au centre des débats publics.

Cette même approche de partage et de diffusion de la connaissance se retrouve également dans le cadre d’un événement de grande envergure : Le Congrès de la philosophie, une occasion d’échanges et partage de savoirs autour de penseurs et d’idées. Autre lieu dynamisant le secteur culturel : L’Art pur Foundation, une réalisation fédératrice qui joue le rôle de catalyseur d’énergies au profit de la conscience culturelle et artistique. Plusieurs actions sont menées par ce réseau pour promouvoir et encourager les artistes à travers des expositions et des ateliers.

Un parcours jusqu’à 2030 jalonné de projets éditoriaux et créatifs, voilà ce qui se dresse comme élément principal au niveau de la scène culturelle saoudienne.  Stimuler les esprits créatifs et les accompagner est au centre des missions de différents organes mis en place stratégiquement et bénéficiant des budgets nécessaires à leur efficacité.

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Passerelles | Rencontres littéraires | Shaikha Ali : Une Saoudienne passionnée d’expériences littéraires 

Shaikha travaille dans le secteur de la chimie dont elle est diplômée. Elle passe toutefois une bonne partie de son temps à vivre des expériences en lien avec sa passion pour le domaine littéraire. Ateliers d’écriture, foires du livre, expériences immersives et création de contenu digital… tout ce qui la rapproche du monde du livre l’enthousiasme et laisse présager d’une expérience créative imminente.   

Quel est le secret de votre attachement au domaine de la littérature ? 

Pour moi, la littérature guérit de tous les niveaux. Elle peut parfois expliquer ce que nous ne pouvons pas dire avec des mots. Les œuvres littéraires m’aident à me connaître et sont une fenêtre sur la connaissance d’autres cultures.

Vous n’avez pas fait de cette passion votre métier. Pourquoi ? 

Mon domaine de travail est complètement différent, et en contraste avec le parcours de la littérature. Je travaille dans le domaine de la fabrication de matières radioactives et je suis titulaire d’une maîtrise en chimie analytique, mais la littérature m’intéresse depuis le début de mes études, et je voulais devenir journaliste, mais le destin a fait de cet intérêt pour les livres une de mes principales occupations.

Vous avez participé à plusieurs ateliers d’écriture. Est-ce dans le but d’écrire un livre ?  

Cela est possible et beaucoup de mes amis proches s’y attendent. J’ai envie d’écrire et j’ai aussi envie d’apprendre à produire un contenu de qualité.

Dans vos écrits à venir, de quels sujets parleriez-vous ? 

Bien sûr, le premier choix est la littérature de voyage. J’ai un penchant pour ce style d’écriture car c’est un domaine littéraire pluriel qui se mélange également à d’autres comme les mémoires, l’autobiographie et les romans.

Dans le domaine de l’écriture et de la culture, quelles sont les réalisations saoudiennes dont vous êtes heureux et fière ?  

La création du ministère de la Culture a été l’une des meilleures réalisations dans mon pays. C’est un vaste organisme qui regroupe une Commission dédiée à la littéraire, à l’édition et à la traduction, une commission des bibliothèques, une commission du cinéma et une autre dédiée à la mode. Cela garantit une grande diversité culturelle et également des contributions avec un rayonnement national et international.

Quelles sont les occasions qui vous ont rapprochée du monde des livres et que vous considérez comme vos meilleures expériences ?

Mes meilleurs moments passés dans ce bel univers, je les ai vécus en allant à des salons du livre dans divers pays. Je garde en mémoire, notamment, l’expérience de la Foire internationale du livre de Sharjah aux Emirats Arabes Unis et celle de la Foire internationale du livre du Caire qui présente une occasion exceptionnelle en matière d’acquisition d’ouvrages et de rencontre avec ses écrivains préférés.

Parmi mes meilleures expériences figure aussi le programme de formation « Sois toi-même », lors duquel j’ai suivi un atelier de littérature de voyage.

J’ai pris part également à un marathon international de lecture au sein de l’organisme culturel « Ithra » et ce à la ville saoudienne Dhahran. Je rappelle d’ailleurs que les lieux qui abritent ce haut-lieu de la culture bâtiment ont été conçus par la défunte et très renommée architecte Zaha Hadid.

Et des moments exceptionnels, j’ai prévu d’en créer bientôt en suivant un atelier empreint d’introspection. Il s’agira d’un atelier intitulé « Shadow Writing », une nouveauté que j’aimerais découvrir et qui mettront en lumière des parties de moi en prélude d’un travail d’écriture reflétant qui je suis profondément.

À quels événements ou expositions espérez-vous assister un jour ?

La Foire internationale du livre de Tunis et la Foire internationale du livre de Mascate figurent en tête de liste de mes projets pour l’année prochaine.

J’envisage également de visiter les Foires internationales du livre de Londres et de Paris.

Si vous pouviez présenter en quelques mots la femme saoudienne instruite, que diriez-vous ?

Je crois profondément en la solidité des racines et de l’ancrage culturel. Ce sont des fondations qui reposent sur des bases solides. Chaque femme a désormais une petite responsabilité dans l’apprentissage et l’éducation de la génération actuelle et des prochaines générations afin qu’elles soient le meilleur exemple et bénéficient des expériences de celles qui les ont précédées dans le monde. A nous d’apprendre à ceux qui nous succéderont que l’avenir est plein d’expériences à transformer en belles opportunités.

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Interview | Poètes francophones : CHEHEM WATTA

Vous avez écrit une vingtaine d’œuvres. Qu’est-ce qui vous inspire ?

Beaucoup de choses. Au tout début, l’arrachement très jeune à mon espace nomade (provoqué par la scolarisation) fut le moteur de mon inspiration. L’évolution de mon pays, de la Corne d’Afrique et de l’Afrique en général et leurs multiples défis ont continué à m’interpeller sans cesse. Mes origines d’enfant de pasteurs nomades, issu d’un pays qui affronte son destin courageusement, sont des sources d’inspiration et d’encouragement pour écrire !

Vivre et travailler dans mon pays adossé à l’Afrique, ouvert sur l’Océan Indien et face à l’Arabie constitue une richesse et une opportunité formidables qui ne peuvent que me pousser dans les bras de l’écriture. Malgré les difficultés,  nous sommes toujours-là, debout et dignes, sur la Route du Monde ! Nous les Djiboutiens, nous ne nous sentons pas seuls au Monde : nous avons beaucoup de choses à dire, à écrire par nous-mêmes, à partager, à échanger, à dénoncer, à améliorer, etc.

Il n’y a pas que cela ! Il y a ces violences aveugles et déshumanisantes, ces guerres et conflits avec ces lots de famine et de privation, ces sécheresses récurrentes qui ravagent et déracinent la vie des milliers de femmes, d’enfants et de vieillards, qui jettent notre jeunesse sur des routes dangereuses vers des destins et des pays qu’ils croient meilleurs ; des violences contre les femmes par exemple sont autant de situations qui m’interpellent. Bien-sûr il y a cet immense réservoir de l’imaginaire nomade, la beauté des paysages sublimes de nos savanes où l’Homme a commencé à marcher ; les couchers du soleil qui flamboient à l’horizon … Oui, pour les nomades, l’horizon est la demeure des Hommes libres ! Pour un poète tout cela constitue une source d’inspiration, s’il sait écouter la respiration du monde…

Que visez-vous à travers vos écrits ?

Je n’ai pas beaucoup de prétentions. Écrire pour moi, c’est avant tout partager. Écrire est un acte individuel qui permet l’émancipation ainsi que l’ouverture sur l’Autre, sur le vaste monde ! L’écriture est un formidable moyen pour sortir de l’isolement et en même temps, instaurer un dialogue avec soi-même, un cheminement dans le silence et la solitude. Quelques fois, c’est une parole portée pour partager notre façon de voir, de penser notre propre cheminement, notre diversité culturelle et de faire résonner notre voix singulière parmi tant d’autres voix.

Nous avons dans cette Corne d’Afrique la POÉSIE – genre majeur- qui permet aux « bergers-poètes » de faire rayonner un mode de vie (certes en grande difficulté) dont les racines sont des valeurs de solidarité, de liberté, de courage, d’hospitalité et de résilience. Cette poésie est un patrimoine inestimable qu’il nous faut faire fructifier, pour mieux vivre dans un monde en transformation.

Au profit de quelle (s) problématique(s) sociale (s) et humaine (s) souhaiteriez-vous réitérer et maintenir votre engagement ?

Refuser les violences générées par la migration humaine et celles contre les femmes ; s’engager contre le rabaissement de notre dignité humaine (l’esclavage moderne) ; refuser le déclassement qui s’opère contre l’Afrique qui reste toujours dépréciée par le modèle socio-culturel, économique et politique dominant. Par exemple, lorsqu’on parle d’un pays d’Afrique, on a toujours cette formule incroyable : « c’est un des pays les plus pauvres au monde », comme si nous étions condamnés à rester pauvres ou affamés, comme s’il s’agit d’une « identité » portée comme un stigmate par tant de peuples d’Afrique et d’Asie.

Mais nos cultures et traditions doivent être questionnées et combattues lorsqu’elles justifient et continuent à pratiquer par exemple les mutilations génitales féminines et discriminent nos femmes – c’est ce que je dénonce entre autres dans mon livre ‘ Les corps sales’. J’ai écrit aussi un texte qui s’intitule « La femme qui brûle » (dans le recueil ‘Sur les Soleils de Houroud’) qui dénonce les mariages arrangés ou encore un regard illisible porté sur nos femmes. Pour refuser ces situations sociales et culturelles intolérables, beaucoup de nos jeunes filles se sont immolées par le feu. Non seulement elles mettent le feu à leurs corps mais « brûlent » ainsi ces règles sociales et culturelles « illisibles » sur la femme et son corps.

Il y a aussi la transformation drastique du mode de vie des pasteurs nomades, venant gonfler nos bidonvilles, de nos enfants jetés dans une misère sociale et culturelle intolérable dans un milieu urbain qui dérègle nos modes de vie pourtant tournés vers la solidarité, l’entraide et le partage. Ces mutations sociales abruptes peuvent être dangereuses, transforment nos identités, nous mettant à la merci de la mondialisation qui broie tout sur son passage (voir le recueil de nouvelles ‘Amours nomades’). La migration massive de la jeunesse africaine vers l’Europe reste un problème majeur car, sur ces routes qu’elle emprunte, ce sont des Africains eux-mêmes qui les humilient, les déshumanisent en les vendant comme « des pièces détachées » de l’Humanité.

Vous avez obtenu plusieurs prix dont un récompensant l’ensemble de votre œuvre. Comment vivez-vous cette reconnaissance officielle ?

C’est une bonne chose. Cette récompense me donne envie de continuer à partager mon expérience littéraire.  A travers moi, c’est mon pays qui est reconnu.

Comment définiriez-vous l’œuvre nomade autrement que par l’adjectif qu’on y associe ?

Elle puise ses racines dans l’identité des pasteurs nomades. Elle tire son essence aussi bien dans un espace géographique (par exemple le désert, la savane, etc.) que dans l’imaginaire de ce mode de vie qui se caractérise par la liberté de mouvement et l’ouverture sur le monde : source d’introspection, de dialogue avec soi-même, propice au jaillissement poétique. Mon premier recueil de poésie ‘Pèlerin d’errance’ évoque la recherche de l’eau comme une sorte de pèlerinage qui s’organise autour de « sœur-eau ».

D’autres recueils comme ‘Cahier de brouillon des poèmes du désert’ et ‘Testament du désert’ célèbrent la terre et les paysages, la marche et le silence où l’on peut puiser l’inspiration poétique à l’écoute de l’oralité. Dans ce dernier recueil, je tente de dépasser la métaphore du monde perdu et d’accepter le dérèglement des horizons nomades. Il faut dire que dans la marche qu’a expérimentée aussi le poète Arthur Rimbaud, dans ces contrées de la Corne d’Afrique, après son renoncement poétique, (voir ‘Rimbaud l’Africain, diseur de silence’) l’espace s’enfle, le temps s’allonge, le silence s’épaissit comme pour nous permettre d’accéder à une autre langue, essentiellement poétique. Mais la poésie pour nous, descendants des pasteurs nomades, ne peut servir de refuge, il faut constamment la renouveler, puisant dans nos mémoires souvent déchiquetées. Alors, il nous faudra écrire encore et encore ce chaos et instaurer des jonctions avec des peintres. C’est ce que je tente avec, entre autres, Patrick Singh dans ‘Furigraphies des mirages’ : mirages qui deviennent un territoire de poème et de peinture.

Vous avez présidé l’Association des Écrivains djiboutiens à son lancement en 1996 et ce pendant quatre ans. Quel état des lieux faites-vous, plusieurs années après, de la scène littéraire à Djibouti ?

Nous avons créé dans les années 90 un « groupe de liaison de la promotion de la littérature » d’expression française. Il regroupait des Français comme des Djiboutiens amoureux de la littérature.

Ainsi sont apparus sur la scène de la littérature des auteurs toujours présents aujourd’hui tels que Idriss Youssouf Elmi, Omar Youssouf Ali, Abdi Ismail Abdi (écrivain formidable que nous avons perdu très tôt), Choukri Osman Guedi, Aicha Mohamed Robleh, Abdi Mohamed Farah pour ne citer que ceux-là. Il faut préciser que notre grand écrivain Abdourhaman Waberi qui rayonnait à partir de la France et dont les publications avaient un grand écho dans notre pays a participé aux manifestations littéraires.

C’est dans l’effervescence des manifestations « Lire en fête » ou « Fête du livre » et la continuité de ce « Groupe de Liaison » que nous avons créé la première Association des Écrivains Djiboutiens qui regroupaient l’ensemble des écrivains ainsi que les amoureux de la littérature. On peut dire que cette association dispose d’un bilan positif car cette scène littéraire n’a fait que s’agrandir avec des jeunes écrivains qui, aujourd’hui, assurent la relève de manière dynamique et assumée.

La mise en place de l’Université de Djibouti fut bénéfique à l’essor de la littérature djiboutienne car c’est avec l’apport des chercheurs et de nouveaux auteurs talentueux que cette association s’est renouvelée, avec à sa tête, le docteur Moussa Souleiman. Il y a deux ans de cela, elle s’est donc reconstituée, participant activement à des manifestations nationales de grande envergure comme la « fête de la lecture » organisée par le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation professionnelle et « le Salon du Livre Djiboutien » du Ministère de la Jeunesse et de la Culture dont le Commissaire Général de deux éditions (2023 et 2024) n’est tout autre que le conteur djiboutien : Omar Youssouf Ali.

Ce qui change la donne pour la littérature djiboutienne est la présence des maisons d’édition djiboutiennes qui offrent des possibilités d’édition sur place tels que « Le Francolin » et « Discorama », auxquelles s’ajoute une nouvelle maison d’édition « Deeqsan » fondée par le grand écrivain djiboutien : Idriss Youssouf Elmi. Cette maison d’édition a la particularité d’éditer des livres en trois langues : Français, Somali et Afar. Il s’agit d’une offre qui change fondamentalement la donne, car sur le marché du livre les langues nationales et la traduction des œuvres font une entrée remarquable.

Votre biographie est diversifiée. On y retrouve de la poésie, du théâtre, du récit, des nouvelles et bientôt un roman… De quel genre vous sentez-vous plus proche ?

La poésie est mon genre préféré. Il faut dire que la spécificité remarquable de la littérature djiboutienne est la place de la poésie dans l’écriture de chaque auteur(e). Si tous n’écrivent pas la poésie, leurs écrits respirent la poésie ! Cela reflète l’importance de l’espace et de l’imaginaire nomades qu’elle véhicule, avec une liberté de parole et un ton qui lui sont singuliers.

Dans mes derniers livres publiés par l’excellente maison d’édition « Dumerchez » la poésie que j’écris chemine dorénavant avec un compagnon de choix : la peinture. C’est une voie fructueuse pour entretisser des liens forts avec des peintres tels que Patrick Singh, Thierry Laval et Selome Muleta.

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LE PODCAST : Trois exemples au féminin

Le podcast, format journalistique en vogue, connait un grand essor et s’adapte aux différents domaines qui attirent l’intérêt des auditeurs. Du nord au sud, il connait une large expansion en matière de sujets abordés et un intérêt croissant de la part du public.

Topologie d’un média numérique

Proche du contenu radiophonique mais avec une adaptation au monde digital et à ses poncifs, le podcast était adopté en 2019 par 274 millions de personnes, 464 millions en 2023 et enregistre une prévision pour 2024 à plus de 504 millions d’auditeurs (Source : Statista).

Il existe, selon des études récentes du marché, 2,4 millions de podcasts produits et 66 millions d’épisodes. Un chiff re qui était bien en-deçà de cela en 2021 avec 600 mille productions. Parmi les pays où ce genre prospère, on retrouve l’Amérique du Nord, l’Amérique latine et l’Europe de l’Ouest. En France, ils sont 17,6 millions d’utilisateurs à adopter ce média avec une hausse de 17% par année. Les sujets les plus suivis sont la culture, la société, les sciences et les actualités.

Présents sur le marché en Afrique depuis plusieurs années, ce média numérique a enregistré une augmentation rapide entre 2017 et 2023, selon une étude menée par Africa Podfest. Cet essor est dû à l’évolution de l’utilisation de smartphones et à la connectivité expansive à internet. Les plus grands marchés du continent sont l’Afrique du Sud, le Nigéria et le Kenya.

Ces productions qui font partie intégrante du paysage médiatique ajoutent de la valeur aux contenus créés. Elles sont soutenues financièrement mais également par les créateurs eux-mêmes à travers des rassemblements réguliers et un eff ort de la communauté active dans ce secteur. Cette alternative aux médias classiques revêt un aspect informatif, éducatif et divertissant et s’impose désormais comme un média infl uent.

Essor du média alternatif

En Afrique du Nord, le format n’est pas encore très présent et son modèle économique n’est pas encore bien établi. En Tunisie, il existe une soixantaine de podcasteurs.

Parmi la communauté des podcasteurs, on retrouve Raouia Khedher. Dans ses podcasts intitulés « Khedma ndhifa », cette animatrice radio met en avant des métiers et des savoir-faire à travers des profils professionnels qui les représentent.

Elle a fondé un festival dédié aux podcasts pour que soient mieux connues du public ces nouvelles productions audio. Cet événement a permis d’en rassembler quelques-uns autour d’une initiative fédératrice qui a permis de lancer le débat autour des difficultés entravant l’évolution de ce créneau mais aussi de mettre en lumières les eff orts menés pour susciter l’intérêt du public. Au programme de cet événement, ateliers, conférences, séances de networking et une volonté de faire émerger, aux yeux du grand public, un média alternatif et méritant.

Pami les podcasteuses tunisiennes, on retrouve, également, Nawel Bizid, animatrice télé et chroniqueuse radio qui a lancé un podcast dans lequel elle aborde des sujets souvent jugés tabous dans son pays. Dans une ambiance intimiste et face à des invités à la parole libérée, elle mène des interviews dans lesquels elle place la santé mentale au centre des échanges.

Ce choix a été fait sur la base d’une expérience personnelle pour celle qui est passée par une dépression aigüe et qui a connu le mal-être de certains jeunes de son âge dans une Tunisie postrévolutionnaire et après l’épreuve Covid. Au fur et à mesure des épisodes, Nawel parle et fait parler ses invités de deuil, de sexualité, de dépressions…

Un des derniers nés des podcasts tunisiens est Nawart, une série de podcasts et vidéos dans lesquels Zeineb Melki échange avec des personnalités actives dans différents secteurs dans le cadre d’une immersion au cœur d’expériences humaines inspirantes. Les rencontres sont jalonnées par les interventions de l’intervieweuse à travers des questions à connotation psychologique et existentielle. L’intitulé choisi (formule d’accueil signifi ant la présence lumineuse et radieuse) et la ligne éditoriale dénotent la bienveillance. Cette production est imprégnée de la touche de Zeineb Melki, personnalité médiatique tunisienne qui, au fur et à mesure de ses expériences professionnelles, s’est imposée avec un style propre à elle. Animatrice radio et télévision, elle s’est fait connaître à travers son approche bienveillante et orientée vers des productions qualitatives et innovantes.

Pour elle « le podcast Nawart est bien plus qu’un simple projet audio : c’est une invitation à plonger au cœur des récits qui méritent d’être entendus, car, en chacun de nous, réside une multitude d’expériences et d’histoires extraordinaires ».

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A lire: Quand le livre insuffle des valeurs

Conversations féminines : Un livre pour arracher sa place

Conversations féminines est un livre de Zoubida Fall édité chez Saaraba et réalisé à partir des podcasts dans lesquels elle avait pour invitées des Sénégalaises de tous bords.

L’auteure présente 17 profils féminins à travers les entretiens qu’elle a menés avec elles. On retrouve dans cette sélection : l’économiste Thiaba Camara Sy, la chercheuse Coumba Touré, la cinéaste Fatou Kandé Sengor, la styliste Oumou Sy, la journaliste Diatou cissé, l’animatrice radio et productrice Maïmouna Dembellé, la militante féministe Marie-Angélique Savané, l’auteure Fatima Faye, l’étudiante et jeune Ndeye Dieumb Tall, l’ancienne secrétaire générale de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest Fatimatou Zahra Diop, l’historienne et militante Penda Mbow, la sociologue Marema Touré Thiam, l’universitaire Marame Gueye, l’actrice Marie-Madeleine Diallo et la sociologue Fatou Sow.

Chaque profil a ses spécificités mais pourrait, à travers les valeurs qu’il reflète, être impactant pour d’autres femmes.

Tel est l’objectif de l’auteure qui a choisi comme sous-titre à son ouvrage : « Des places assignées à celles arrachées ».

A travers les récits des parcours souvent laborieux de ces femmes, la productrice de podcasts a fait un livre inspirant pour de nombreuses femmes que la société conditionne dans des rôles qu’elles souhaitent dépasser.

« Je suis nostalgique d’un temps que je ne connaîtrai jamais… Et c’est la genèse même de Conversations Féminines, podcast où j’ai voulu transmettre ce que d’autres femmes comme moi ont à dire au delà de ce qu’elles montrent, et présenter de « nouveaux » modèles féminins aux générations de femmes actuelles et futures », écrit Zoubida Fall .

Mettant en avant la persévérance, la résilience et le pouvoir de l’ambition, ce livre dresse un portrait commun aux femmes que l’on y retrouve faisant de la volonté une clé de réussite pouvant faire bouger les visions sociales les plus immuables.

Veiller sur Elle : Un Goncourt pour couronner le talent de Jean-Baptiste Andrea

Veiller sur elle de Jean-Baptiste Andrea publié aux Editions L’Iconoclaste a obtenu le Prix Goncourt 2023.

Dans ce roman, l’auteur dresse une trame romanesque ayant pour jalons les grands événements du XXème siècle dont le fascisme. Dans une Italie qui connaît son épisode historique le plus marquant, deux âmes se rencontrent d’une manière inattendue mais sublime.

Mimo, personnage pauvre ayant de l’or entre les mains : la sculpture et Viola Orsini, héritière d’une famille aisée. L’un est un nain qui apprend son métier et aiguise son talent aux côtés d’un oncle qui le maltraite et l’autre est une aristocrate dotée d’une ambition dépassant le confort de son statut.

Des passions antagonistes prennent naissance tout au long du roman et consacrent le côté fantastique des rencontres attractives.

Jean-Baptiste Andréa n’en est pas à sa première consécration. Ses livres ont obtenu plusieurs prix dont : le Prix Fémina des lycéens et le Prix des lycéens Folio pour « Ma reine », le Prix des lecteurs Privat pour « Cent millions d’années et un jour », le Grand Prix RTL-Lire et le Prix Etonnants voyageurs pour « Des diables et des saints » …

L’auteur primé est aussi scénariste et réalisateur récompensé plusieurs fois pour Dead End, film dont il est le scénariste et le coréalisateur.

Makasi : Les aventures d’un héros prometteur

Les aventures de Makasi : Un petit enfant peureux est un livre pour enfants écrit par Trycia Nyota Van Den Berg. L’auteure est économiste de formation. Elle est experte en intelligence stratégique et travaille dans le secteur diplomatique. Un univers bien loin de celui du livre vers lequel elle s’est orientée par passion pour l’écrit et par intérêt pour l’éducation.

Dans ce livre, elle a choisi de mettre en lumière la peur chez l’enfant, les blocages qu’elle génère et le bien que l’on récolte une fois celle-ci dépassée. Elle a choisi pour son héros un prénom signifiant fort et courageux, par antagonisme avec son état d’esprit initial.

En effet, le petit garçon semble, selon les situations décrites, ne pas avoir confiance en lui-même et avoir des peurs, en apparence, insurmontables. C’est en décidant d’aller à la découverte de la savane, qu’il affronte les objets de ses peurs et découvre la manière de les gérer au contact des personnages qu’il y rencontre. Un parcours initiatique s’opère dans ce livre. Il est le résultat de partages d’expériences et de travail sur soi.

Trycia Nyota Van Den Berg expose, à travers ce récit, une notion qu’elle a développée dans le cadre de son programme de coaching en neurosciences motivationnelles : le Yohali, cet art d’être soi et de savoir percevoir le monde.

L’aventure de Makasi existe également en version audio avec des incrustations musicales. C’est un ouvrage qui a été réalisé comme un projet familial : illustré par l’auteure, coécrit avec le fils, composé musicalement par le conjoint.

Compte tenu de l’engouement que connaît ce livre, l’idée d’autres aventures de Makasi fait partie des projets de Trycia Nyota Van Den Berg.

Eva, capitaine, un récit pour inspirer la détermination

Capitaine Eva championne d’Afrique est un récit de courage et de persévérance au féminin. Son auteure Marie-Alix de Putter y relate les aventures d’une fille passionnée de football et dont le talent la fait accéder au poste de capitaine de son équipe.

Confrontée à l’échec et aux doutes, celle-ci vit une remise en question. La tournure psychologique de ce récit met l’accent sur l’importance de qualités comme la persévérance et de valeurs comme la confiance en soi à développer pour réussir et pour dépasser les obstacles y compris ceux qui naissent en soi.

Cette aventure est le deuxième opus d’un focus porté sur un personnage atypique par ses choix. Eva va, en effet, à l’encontre du conventionnel et quand sa détermination à le faire est mise à mal, ses réactions deviennent une leçon pour d’autres filles qui, comme elle, sont confrontées au poids de la convention et des blocages psychologiques qu’elle génère.

L’auteure est une écrivaine et conférencière franco-camerounaise. Elle a publié d’autres ouvrages pour jeune public mettant en avant des profils africains et féminins. Elle est également investie dans des projets de nature sociale et psychologique (société civile et santé mentale).

La narration est accompagnée d’illustrations réalisées par Samuel Koffi, designer, illustrateur et directeur artistique diplômé de l’Ecole des beaux-arts d’Abidjan.

Capitaine Eva est conçu comme un récit d’aventures « qui rappelle que chaque cœur, quel que soit son genre et son âge, peut battre au rythme des rêves réalisables malgré les « malgré », d’après son auteure ».

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Aimé Césaire : « À ma mère » L’hommage originel

Biographie

Le poète Aimé Césaire est né le 26 juin 1913 en Martinique d’un père fonctionnaire et d’une mère couturière.

Durant ses études à Paris au lycée Louis-Le-Grand, il a fait la rencontre de Léopold Senghor, le grand poète et homme politique sénégalais. Il a découvert, également, à travers ses rencontres estudiantines, ce que plusieurs de ses compatriotes de culture vivent comme de l’oppression culturelle visant à l’assimilation.

C’est dans ce contexte que se sont développées les idées fondatrices de la négritude, dont il est devenu l’un des chefs de file.

Également engagé en politique, Césaire a été député puis maire de Fort-de-France. Il a aussi été président du Conseil régional de la Martinique.

Aimé Césaire est à la fois poète, dramaturge et essayiste. Il a à son actif des dizaines d’œuvres, dont : 10 recueils de poèmes, 4 pièces de théâtre, 5 essais.

À ma mère

Ma mère ne s’opposait à rien
Elle était accueil
Elle était comme la lune
Qui accueille la lumière du soleil…

Ma mère souriait à la vie
Je l’ai vue sourire…
Elle apprenait avec patience à se faire à tout :
Elle tâchait de se tirer des misères
Que lui réservait l’existence…

Elle communiait aux joies.
Elle avait appris de sa mère, ma grand-mère,
Que la vie est un don,
Un don que l’on reçoit
Un don qu’il faut entretenir,
Un don qu’il faut communiquer…

Elle ne travaillait pas pour s’enrichir
Elle travaillait pour vivre…
Vivre pour elle, c’était marcher avec mon père.
Elle faisait tout pour se montrer digne de son mari…

Elle entreprenait tout
Pour se montrer digne de ses enfants…
Quand il s’agissait de rendre heureux
Elle ne calculait pas

Aimé Césaire, poète antillais 1913-2008

Dans ce poème, Césaire fait l’éloge de sa mère. Il la décrit et relate le parcours de sa vie, il l’évoque à travers ses croyances, son héritage culturel et le souvenir qu’il a gardé d’elle. Le titre choisi fait de ce poème une lettre conçue comme un hommage à la figure maternelle.

La mère, l’incarnation de la perfection

Le poème s’ouvre sur une phrase négative : « Ma mère ne s’opposait à rien ». Le poète choisit de présenter sa mère en ne se contentant pas de ses qualités et de ses actions mais en faisant part de ce qu’elle n’est pas et de ce qu’elle ne fait pas.

Deux autres phrases négatives sont utilisées : « Elle ne travaillait pas pour s’enrichir », « Elle ne calculait pas ». Tout au long des vers suivants, le poète opte pour un style argumentatif et procède à la description de sa mère et de la conception qu’elle a de la vie.

Pour cela, plusieurs figures de style sont employées. La métaphore : « Elle était accueil ». La comparaison : « Elle était comme la lune / Qui accueille la lumière du soleil… » Et l’emphase, présente à travers le recours à « tout » : « Elle apprenait avec patience à se faire à tout », « Elle faisait tout pour se montrer digne de son mari », « Elle entreprenait tout ».

Le poète recourt à des images donnant à sa mère un aspect surnaturel. Il l’assimile à un astre et la dote de caractère presque divin : « Elle était accueil ». Il alterne entre l’éloge de l’exceptionnel qu’elle porte en elle et sa manière de la percevoir au quotidien. L’affirmation « Je l’ai vue sourire » intervient à la deuxième strophe comme une preuve de l’image métaphorique qui la précède : « Ma mère souriait à la vie ».

Selon le poète, sa mère entreprenait un rapport spirituel avec la vie et ce qu’elle présente de plaisant : « Elle communiait aux joies ». Il explique l’origine de ce savoir-faire exceptionnel : l’héritage maternel. Cette capacité à entrer en communion avec le bonheur a été inculquée à la mère par sa mère à elle, comme un don exceptionnel qui se transmet d’une génération à une autre et dont l’essence est : concevoir la vie comme un don, « Un don que l’on reçoit / Un don qu’il faut entretenir, / Un don qu’il faut communiquer… ». L’existence en devient, selon cette conception familiale, un privilège qui ne se vit pas dans la passivité, mais qui s’apprécie à travers le soin qu’on y accorde et le plaisir qu’on a à le partager.

La mère, image du sacrifice et de la résilience

Outre son caractère exceptionnel, la mère du poète est décrite à travers sa capacité à dépasser les problèmes et sa manière d’appréhender son quotidien et ses relations avec sa famille.

En effet, cette mère ferait preuve de résilience face aux difficultés :

« Elle apprenait avec patience à se faire à tout : / Elle tâchait de se tirer des misères / Que lui réservait l’existence… »

Elle est également proche de sa famille et consacre son quotidien à l’entretien de sa relation avec les membres qui la composent : « Vivre pour elle, c’était marcher avec mon père. »

Toutefois, le poète relève que sa mère était fascinée par son mari et que, malgré toutes ses qualités, elle manifestait à l’égard de celui-ci une forte admiration la poussant à faire « tout pour se montrer digne » de lui et de ses enfants.

Cette manière d’appréhender sa propre existence illustre certes le dévouement de cette mère pour sa famille, mais dénote, comme le marque le poète à deux reprises, d’un sens presque excessif du sacrifice de soi.

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Emna Ben Jemaa, lauréate du prix du meilleur pilote au projet Intajat Jadida

Emna Ben Jemaa a obtenu le prix du meilleur pilote pour son émission digitale « on échange ». Son pilote a été jugée par le jury comme étant « une proposition éditoriale très complète, déclinée et adaptée aux usages des plateformes avec une bonne stratégie 360. »

Qualifié de « très impressionnant », ce contenu vidéo a été réalisé sous l’égide de l’agence française de développement médias, CFI, dans le cadre du projet Intajat jadida (Nouvelles productions) auquel ont pris part 12 candidats créateurs de contenus de la région Mena. Il consiste en plusieurs formats de vidéos pensés et réalisés par la gagnante. Ceux -ci sont réfléchis d’une manière spécifique et selon les normes exigées pour l’efficience de la visibilité sur : YouTube (format long), Instagram, Tiktok et Facebook (trois formats courts). Un choix salué par le jury, lors de l’annonce des résultats : « Les différents formats proposés permettent d’exploiter chaque contenu pour chaque plateforme. Visuellement de très grande qualité avec une image propre, une charte graphique pertinente et une bonne utilisation du format vertical ».

La lauréate du prix du meilleur pilote a bénéficié, dans le cadre de ce projet, de près de 10 mois d’accompagnement sous forme d’encadrement continu par Philippe Couve et Julien Le Bot, deux mentors et experts en médias, et d’une semaine d’incubation par mois.

Dans l’émission « On échange » diffusée sur les réseaux sociaux de son média féminin Binetna, Emna Ben Jemaa aborde la question de la charge mentale et le partage des tâches dans le couple. Elle lance le débat sur la parité dans le quotidien familial, à travers son choix des prismes masculin et féminin. Sans prise de position et de manière légère à travers des questions/ réponses, elle pousse à la réflexion à propos de l’égalité de genres et invite à l’équité dans le cadre des structures familiales.

Grâce à l’expérience acquise au moyen de ce programme d’incubation et de mentorat, Emna Ben Jemaa ambitionne de développer le volet éditorial de son média féminin par un contenu vidéo captivant.

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