No, no, Nanette: Un musical centenaire revisité

Cent ans après sa création, No, No, Nanette se rejoue sur scène, en France, avec la même légèreté colorée des Années folles. Imaginée par Vincent Youmans, avec des paroles d’Irving Caesar et d’Otto Harbach, la comédie musicale voit le jour à Chicago en 1924 avant de triompher en 1925 à Broadway et à Londres. C’est en 1926 puis en 1971 qu’elle a été présentée à Paris. De sa partition jazzy sont issus des standards musicaux comme I Want to Be Happy et Tea for Two.

Sous des airs loufoques, l’œuvre observe une société étriquée dans ses conventions mais mue par un désir d’émancipation. Entre arrangements financiers hasardeux, amours contrariées et soif de liberté, les personnages évoluent dans un clair-obscur qui dessine une satire des hypocrisies sociales.

La relecture faite par Les Frivolités Parisiennes habille le tout d’une modernité visuelle assumée. Le mouvement, le rythme et la couleur occupent une place centrale dans la mise en scène d’Emily Wilson et Jos Houben. La version française signée Christophe Mirambeau adapte livret et chansons, tout en conservant les deux airs emblématiques dans leur écrin d’origine. Fox-trot et charleston cadencent ce voyage dans le temps porté par l’énergie orchestrale.

Dans une mécanique de comédie de boulevard, la comédie musicale explore les travers d’une société oscillant entre codification et discrètes révoltes : le riche Jimmy Smith, qui aime tant dépenser, se retrouve en fâcheuse posture à cause des trois jeunes femmes qu’il entretient clandestinement, tandis que sa nièce et fille adoptive Nanette veut profiter de la vie avant de s’engager avec un jeune avocat.

Au-delà du personnage central, No, No, Nanette met en scène le parcours de plusieurs figures et en dresse un portrait humain, léger et constamment satirique. L’exception est toutefois faite pour le personnage de Pauline, la servante (interprétée par Marie-Élisabeth Cornet), autour de laquelle se clôt la comédie musicale, dans l’émotion. On en vient à se demander qui est réellement l’héroïne.

Cette adaptation d’une comédie musicale américaine centenaire propose un voyage dans l’histoire des mœurs et de la musique, et réaffirme l’idée que le divertissement peut conjuguer légèreté et exigence musicale avec précision.

Au théâtre du Châtelet, Top Hat, un voyage dans la maie de Broadway

Au Théâtre du Châtelet, du 15 avril au 3 mai, Top Hat s’affiche, plumes et paillettes au service du renouveau artistique et des adaptations spectaculaires. La mise en scène de Kathleen Marshall est, en effet, une relecture minutieuse et étoffée du classique hollywoodien de 1935, connu en France sous le titre Le Danseur du dessus.

 

Dans Top Hat, trois axes majeurs enchantent le spectateur pendant près de 2 h 40 : l’intrigue, la musique et la danse, qui s’associent avec élégance et cohérence.

L’intrigue tient de la romance sur fond de comédie des erreurs et avance au rythme des quiproquos. Jerry, danseur américain à succès invité à Londres, tombe amoureux de la belle Dale Tremont après l’avoir empêchée de dormir à grands coups de claquettes. Elle le croit marié à sa meilleure amie ; la méprise vient contrarier l’idylle. Dale, partagée entre attirance et devoir imaginaire, évolue dans la tourmente des héroïnes de comédies classiques, dans un lyrisme délicat et nuancé. Le héros, quant à lui, entouré d’adjuvants dévoués, avance avec détermination vers l’objet de son désir. Le dénouement est presque attendu. Qu’importe : l’essentiel est ailleurs.

 

La musique est celle d’Irving Berlin, figure tutélaire de Broadway, associé au panthéon de ceux qui ont bâti son empire. Il signe notamment l’inoubliable « Cheek to Cheek », sommet de grâce popularisé à l’écran par Fred Astaire et Ginger Rogers.

 

La chorégraphie est signée Kathleen Marshall, qui assure également la mise en scène, sur un livret de Matthew White et Howard Jacques (2011). Elle fait ainsi de Top Hat un écrin pour des numéros qui s’enchaînent avec fluidité. Dans des décors Art déco, la chorégraphie redonne aux claquettes une place centrale et affirmée. Alternance de duos étincelants, d’ensembles chorégraphiés et d’un superbe ballet final : le spectacle s’inscrit pleinement dans sa dimension de divertissement sophistiqué.

 

La version scénique, plus ample que le film (2 h 40 contre 1 h 40), permet d’étoffer les personnages et d’élargir la partition en puisant dans le riche répertoire de Berlin. La mise en scène relève ainsi le défi d’une adaptation créative, dans une exploration actuelle menée sans dissonance.

 

Dans le rôle de Jerry, Phillip Attmore insuffle une énergie maîtrisée et précise, héritière d’une longue tradition du tap dance américain. La production rappelle ainsi que le musical moderne plonge ses racines dans le jazz et les claquettes, et dans un héritage artistique qui retrouve ici son ancrage et son appartenance culturelle.

 

Mais au-delà des filiations et des références, Top Hat demeure ce qu’il a toujours été : une célébration du mouvement, du rythme et de la finesse de l’art. Un monde où la grâce du geste sublime les pensées et les élans, où la musique enveloppe les événements de sa cadence. Top Hat devient alors un voyage dans la magie du spectacle.

 

Lee Miller, derrière l’objectif et dans l’Histoire  

 

L’exposition Lee Miller est présentée au Musée d’Art Moderne de Paris jusqu’au 2 août 2026. Cet hommage à la photographe est organisé grâce à l’initiative de la Tate Britain, avec le soutien de l’Art Institute of Chicago.

Lee Miller, un nom qui a marqué l’histoire de la photographie, mais plusieurs parcours et une identité multiple. Modèle, photographe, reporter de guerre, égérie féminine, figure féministe, Lee Miller a connu la photographie comme support commercial autant que comme espace artistique et humaniste.

Elle a été aux premières lignes du surréalisme photographique et a retranscrit, en images, une réalité plus profonde, immortalisant le furtif ou captant l’expression d’un regard ou la beauté d’une gestuelle. Elle a sublimé le réel en y apposant des touches qui l’étoffent et l’offrent à des lectures diverses, mais a su aussi le dénuder et le présenter dans ce qu’il a de plus brut.

Une collection en frise historique illustrée

Les œuvres de Miller ne se regardent pas, elles s’observent en frise historique dense, faite de marges rares et de paradoxes. L’artiste ne transpose pas seulement des émotions, elle en créée.

Son courage devient héroïque lorsqu’elle choisit d’être reporter de guerre accréditée par l’armée américaine, dans les décombres du conflit et les coulisses, peu documentées à l’époque, de l’après-nazisme. Elle capte des fragments de vérités historiques et d’atrocités humaines.

Elle a reproduit, tel un observateur à la loupe, des détails que l’Histoire ne raconte pas avec autant de précision. Ses photos font partie des archives visuelles d’exception d’un monde en ruines, moralement et matériellement.

Le regard des soldats allemands captifs, ce qui reste des déportés, les trains de l’horreur les corps meurtris… Des dizaines de photos des camps libérés sont envoyées à Vogue, avec cette mention : « Je veux que vous croyiez que c’est vrai ». Elle donne ainsi à voir l’indicible.

Optant pour l’originalité des prismes, Miller propose du sordide une lecture très personnelle. Elle voit la maison de Hitler en feu; elle en fait de ce moment un témoignage historique.

Dans une autre prise, elle montrer l’intime, en théâtralise l’approche et propose des photos dans la baignoire du dictateur. Dans cette salle de bain, Miller est à la fois modèle et photographe, dans une dualité artistique aux côtés de son ami David E. Scherman.

Des rencontres

Le parcours de Lee Miller est jalonné de rencontres qui composent une véritable scène artistique et littéraire. Elle ne s’accapare pas le premier rôle : elle met en lumière ceux qu’elle photographie dans une proximité rare.

On y voit Charlie Chaplin, tête illuminée comme portant un lustre ; Magritte avec son chien ; Colette dont le regard est captivée par une boule magique, qui se détourne de la feuille mais n’en lâche pas la plume, Jean Cocteau en figure sculpturale devant un mur annoté et dessiné…

Joseph Cornell, la tête en bateau à voile, devient figure surréelle sous l’objectif de Miller. Jean Dubuffet et Georges Limbour, adoptent une posture presque enfantine, les mains posées sur une fenêtre. Picasso apparaît dans des moments plus intimes, notamment avec Antony Penrose, le fils de Miller…

Quant à Man Ray, il occupe une place à part. Il fut son premier maître, celui qui l’a initiée au surréalisme et à la photographie. Il la consacre comme modèle, capte d’elle la grâce, l’illustre presque picturalement dans la Dormeuse et la met sous cloche de verre à ses côtés. Il participe à la construire dans cet univers artistique où elle finit par affirmer sa propre voix.

Un parcours de voyages

Le regard de la photographe s’est aussi nourri de voyages dans plusieurs pays, comme la Roumanie, la Pologne… On y voit des costumes d’époque, des regards hagards, des vies marquées par la dureté du temps.

L’album de voyage est plus poétique à Londres, plus tragique à Saint-Malo, plus symbolique en Alsace, dépaysant en Egypte. Ce pays devient un ancrage important.  Elle y épouse l’homme d’affaire égyptien Aziz Eloui Bey,  et reste attentive au quotidien d’une population moins nantie. Elle photographie la pénibilité des métiers, la beauté fragile du paysage, la vétusté du quotidien, mais aussi une grandeur discrète (d’une pyramide, elle ne montre que l’ombre se posant sur la ville). De ses déplacements dans les villes égyptiennes, ressortent des clichés chargés de symboliques pris à Siwa, à Ain Sokhna, Wadi Natrun, Sohag, Assiout… Le regard n’est pas celui d’un voyageur conventionnel mais d’une exploratrice curieuse de profondeurs et d’authenticités.

Miller fait partie des femmes qui ont marqué leur époque, et plus encore. Elle accompagne son temps avec un regard vif et généreux. Voir une exposition consacrée à Lee Miller, c’est parcourir autrement des pans entiers du XXème siècle.Du mannequinat au journalisme photo, du surréalisme à la guerre, du glamour au sordide, elle traverse les mondes sans jamais perdre sa singularité. Elle a documenté l’Histoire et, derrière son objectif, s’y est imposée comme une figure majeure de son art.

« C’était bien avant le mouvement de libération des femmes et je me sentais comme une brigade à moi toute seule »

Chaque histoire compte vraiment : Un projet intergénérationnel entre de jeunes écrivains et des témoins d’époque

Ce qui compte vraiment est un projet intergénérationnel qui œuvre à la connexion entre de jeunes lycéens et des personnes âgées, à travers la transformation des souvenirs collectés en biographies écrites. Au fil de rencontres avec des résidents d’Ehpad, des élèves rassemblent, des informations, des anecdotes, des données leur permettant de transformer le récit nostalgique en « livre de vie ».

L’expérience permet aux élèves qui l’ont intégrée de devenir de jeunes écrivains chargés de mission, en toute fidélité par rapport aux propos recueillis. Elle permet aux personnes âgées d’assurer, dans la convivialité, la transmission de leur vécu et des particularités subjectives de leur époque.

A l’origine de ce projet, une idée d’Anne-Dauphine Julliand, présidente de l’association, celle de connecter les générations à travers le récit fait par les aînés aux jeunes.

Les témoignages de vie s’écoutent, se réécoutent, se retranscrivent et se transforment en livres offerts aux concernés et à leurs familles.

Les élèves qui poursuivent cette expérience sont formés (avant de l’entamer) autour de trois axes : formation à la rencontre, formation au public, formation à l’écriture. Ils sont accompagnés ensuite, d’une manière régulière, par des membres de l’association qui répondent à leurs questions et assurent le suivi de leur avancement lors de la phase rédaction.

L’association prend le relais, quand la rédaction est finalisée, pour assurer la relecture, la correction et l’édition. Une cérémonie couronne la démarche et permet de clore l’expérience entre les binômes et leurs familles.

L’expérience Ce qui compte vraiment a été menée dans cinq régions de France où 23 lycées et 26 maisons de retraite se sont mobilisés autour de 245 récits de vie. Elle est menée également dans d’autres pays (Mexique, Autriche, Portugal, Jordanie) et a rassemblé 220000 participants lors de 90 événements.

 

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Le théâtre immersif : Des cadres insolites et des découvertes participatives

Le théâtre immersif revient sur la scène comme une forme d’expression artistique qui connait un grand engouement. Alliant le jeu d’acteurs et l’expérience participative du spectateur, c’est un modèle qui se vit d’une manière active et promet un théâtre différent. Voici une sélection de trois productions différentes mais ayant pour points communs : l’interactivité et le cadre scénique insolite.

Norma

L’aventure commence, dès que l’on achète ses places pour cette production du collectif Big Drama. On découvre alors les lieux où les faits se dérouleront et on reçoit une invitation personnelle pour des obsèques d’un genre nouveau. Arrivé sur les lieux indiqués, à peine remis de la surprise que ce choix provoque, on se retrouve au centre du drame « familial », assis autour d’une table fouillant dans les archives de la défunte (avec ceux qui ont payé pour la formule des initiés). Les obsèques se poursuivent à un autre étage, au milieu du public qui se mêle dans la convivialité aux acteurs. Et puis débutent les préparatifs de la cérémonie et l’on découvre les personnages à travers leurs souvenirs, leurs échanges et leurs apartés. On les accompagne dans leurs sphères privées et le hasard mène les spectateurs, par groupe, dans l’espace privé de chacun. A ceux qui en manifestent la volonté, sont attribués des rôles lors du déroulé des obsèques. Entre humour et tournures dramatiques en lien avec les orphelins recueillis et élevés par la défunte, la musique et le chant donnent à la représentation son cachet de comédie musicale. Dans Norma, le mélange de genres est bien calibré et le spectateur vit, à travers leur agencement, une immersion au niveau des actions et des émotions.

Norma s’est vu décerner le Prix de la Scénographie lors de la cérémonie des Trophées de la Comédie musicale 2024. Big Drama n’en est pas à son premier essai. La troupe a plusieurs titres à son actif dont des pièces immersives transformées en format digital et de nombreuses réalisations privées réalisées sur demande. Le slogan de cette compagnie spécialisée dans la conception et la production de spectacles immersifs est : « Entrez dans l’histoire ».

Le Cabaret Rive gauche

Les Sculpteurs de rêves sont des créateurs d’univers où se mêlent théâtralité et immersion. Trois de leurs créations se produisent en même temps dans différents lieux en France. La compagnie dispose d’un portfolio de plus de vingt productions. Parmi celles aux tonalités historiques figure le Cabaret rive gauche qui se produit au sous-sol du Musée Maillol à Paris.

Plongé dans un cadre temporel propre aux années cinquante, le spectateur vit une soirée dans un lieu de divertissement de l’époque. Il y côtoie Prévert, Boris Vian, et vit les débuts sur scène de la chanteuse Barbara.

Plus qu’un spectateur assis sur le siège correspondant à la catégorie pour laquelle il a payé, il est, ici, un des clients des lieux et dispose même de quoi payer sa consommation selon la logique de l’époque. A chaque spectateur est remise, à l’entrée, une note indiquant son nouveau profil. Il se retrouve alors dans la peau d’une personnalité de l’époque disposant des détails qui lui permettent d’interagir avec la troupe et les autres spectateurs.

Danse, musique et allusions diverses au contexte culturel des années cinquante font partie du voyage dans le temps que propose cette pièce.

L’aventure de ce regroupement créatif a commencé en 2013 quand des jeunes de 15 ans, passionnés de théâtre et de jeux décident de tenter l’expérience de rassembler cent personnes autour d’une création conçue comme un grand jeu de rôles. Ce rêve, une fois réalisé, aboutit à une expérience entrepreneuriale qui a évolué pendant 10 ans vers une formule complète incluant l’encadrement des comédiens et la création d’œuvres originales pour le grand public et à la demande.

Vive les mariés

Cette production théâtrale emmène le spectateur dans une expérience immersive festive : un mariage au déroulé mouvementé. Le spectateur est ici un invité du clan de la famille de la mariée ou de celle du mari. Il prend place à table, une fois accueilli par l’organisatrice du mariage et informé, par elle, de son lien de parenté avec le couple à l’honneur.

En allant voir Vive les mariés, on vit pleinement le jeu d’acteurs dans un cadre insolite : un restaurant parisien. Tout en profitant du menu, le spectateur assiste à des rebondissements, à la manière de Feydeau, et les actions se succèdent comme des révélations éclairant les « convives » sur leurs voisins de table.

Inspiré d’Un fil à la patte, ce vaudeville revisité est une occasion de profiter doublement du jeu d’interprétation en appréciant celui des comédiens et en explorant les potentialités du sien. Le spectateur peut être amené à réaliser des missions d’animation et de transitions. Son implication est rendue plus agréable grâce aux comédiens et à leurs capacités d’improvisation.

Une fois que « le rideau » est tombé, les comédiens reviennent dans la salle, débarrassés de leurs costumes festifs et la soirée se poursuit sur le même ton agréable et convivial, non pas avec les mariés et leurs proches mais avec de jeunes acteurs de talent.

Big immersive production est une famille créative qui a choisi l’originalité comme créneau. Leur production Aubergames, conçue comme un concept mêlant sports, jeu et théâtralité, avaient accueilli le public, en 2023, dans un parc à Aubervilliers investi comme un cadre olympien.

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Interview- Haila Alkhalaf, la Saoudienne qui fait de la traduction un moyen de rayonnement culturel

 Haila Alkhalaf est la présidente du pôle de la traduction au sein de l’Autorité de la Littérature, de l’Edition et de la Traduction, organe exécutif du ministère de la Culture en Arabie Saoudite. Docteure en Littérature anglaise, elle a cumulé les expériences dans le cadre de l’enseignement supérieur et du conseil institutionnel dans son champ d’expertise. Elle a publié plusieurs études en lien avec le secteur littéraire et a représenté, officiellement, son pays lors d’événements culturels internationaux. Haila Alkhalaf occupe, aujourd’hui, un poste-clé et impactant dans le cadre d’une stratégie globale visant à développer le secteur de la traduction et à multiplier les projets en faveur d’une production littéraire multilingue.

 Qu’est-ce qui vous relie aux domaines dans lesquels vous travaillez (édition, livres et traduction) ?

L’intérêt et la passion pour le livre ont pris naissance en moi depuis longtemps. La lecture constituait un porte ouverte me faisant découvrir des mondes différents de mon quotidien. Une simple phrase bien énoncée avait la capacité de jalonner ma pensée et j’étais en admiration devant ce grand pouvoir. C’est cette passion qui a défini mon parcours et, dans le cadre de mes études supérieures, j’ai choisi de me spécialiser dans la littérature. J’ai été attirée par l’alchimie qui s’opérait, dans ce cursus, entre la traduction, les études littéraires et les langues.

Au fil de mes parcours académique et professionnel, j’ai pris conscience de l’importance de la traduction dans l’élaboration de la littérature. Traduire, c’est bâtir un pont entre les cultures et les civilisations. Nous y gagnons sur les plans intellectuel et cognitif. Traduire, c’est aussi partager avec le monde l’essence de notre héritage et de notre patrimoine en les rendant accessibles au-delà des frontières linguistiques. Dans le domaine de la littérature, la traduction rend possible la diffusion de la créativité, l’échange de créations littéraires et le partage d’idées, quelles que soient les langues et les cultures des productions initiales. Les écrivains peuvent ainsi atteindre un public mondial et les lecteurs peuvent explorer des univers littéraires multiples.

Aujourd’hui, en présidant le secteur de la traduction au sein de l’Autorité de la Littérature, de l’Edition et de la Traduction, je suis remplie d’enthousiasme et de fierté en participant aux efforts et à l’impact de la traduction. Cet art permet de transférer les trésors littéraires de notre culture arabe au-delà des frontières linguistiques, et de nous faire parvenir diverses créations littéraires représentant les cultures internationales.  En favorisant les opportunités de développement du secteur de la traduction (de et vers l’arabe), notre objectif est d’enrichir le contenu arabophone avec des œuvres de qualité et à valeur ajoutée.

Comment la commission œuvre-t-elle à la promotion de la traduction et pourquoi ?

L’Autorité pour la Littérature, l’Edition et la Traduction œuvre à la promotion des domaines de la traduction à travers plusieurs initiatives et projets qui répondent aux aspirations culturelles dans le cadre de la Vision 2030 du Royaume d’Arabie saoudite (Vision 2030 est un plan de développement mis en place par le gouvernement saoudien, ndlr). La commission concentre ses efforts sur l’accès des traducteurs à une qualification selon les normes et pratiques internationales. Nous y aspirons à accompagner une dynamique de traduction professionnelle. Nous avons travaillé sur la création d’un observatoire pour documenter la pratique de la traduction dans le monde arabe. Cette initiative a été lancée sous l’égide de l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO) et avec le soutien de la Commission pour la Littérature, l’Edition et la Traduction, pour soutenir le processus de traduction et pour coordonner et unifier les efforts investis dans ce domaine. Cette institution s’est défini pour rôle de collecter et de présenter des données exactes et des statistiques récentes en lien avec le secteur de la traduction.  Elle recourt à une approche innovante du traitement des données (se basant sur les dernières technologies) et fournit aux pays arabes une référence numérique avec le plus haut niveau de transparence et de crédibilité. Ce qui en résulte permet de refléter la véritable image de la scène culturelle du monde arabe.

En outre, nous organisons, depuis 2021, le Forum international de la traduction, l’un des plus grands événements du secteur, à l’échelle régionale et mondiale. La troisième édition est prévue en novembre de cette année. Ce forum consacre les derniers développements dans le secteur de la traduction et constitue une opportunité de communication entre les traducteurs, les experts et les personnes intéressées par le domaine. Peuvent y prendre part, les traducteurs professionnels et débutants, les universitaires et les décideurs dans le domaine de la traduction. Il est conçu comme un événement central concrétisant le développement de l’industrie de la traduction au Royaume et dans la région.

L’initiative « Traduis ! », lancée également en 2021, vise à enrichir le contenu arabe et les connaissances qui lui sont inhérentes à travers la promotion des échanges culturels (aux niveaux arabe et international). Les maisons d’édition locales bénéficient, dans ce cadre, de subventions couvrant les coûts des droits d’auteur et des travaux de traduction. Sont également, soutenues les traductions de revues académiques, de magazines et d’articles culturels.

Nous proposons, par ailleurs, des programmes de formation, comme le programme d’accompagnement qui se base sur la formation et l’appui prodigués par des experts dans l’industrie de la traduction.

Parmi nos programmes spécifiques, le cycle de formation intensive à l’interprétation de conférences qui vise à faire qualifier une génération prometteuse d’interprètes saoudiens et qui correspond aux besoins du marché de l’emploi dans ce domaine. Le programme se concentre sur les aspects pratiques de la formation et se déroule sous la supervision d’experts en interprétation. Ce parcours permet de doter les participants des compétences et des techniques nécessaires pour interpréter lors de conférences et d’événements internationaux.

Ce programme est organisé en partenariat avec des agences de traduction internationales bien établies. Cette collaboration garantit aux stagiaires de recevoir une formation du plus haut niveau, conformément aux normes internationales dans le domaine de l’interprétation. Telle est la stratégie globale : améliorer les capacités des cadres saoudiens dans le domaine de la traduction et accroître leur compétitivité sur le marché du travail.

Quels sont vos objectifs dans le cadre de vos missions ?

Dans le cadre de notre mission dans le secteur de la traduction, nous nous efforçons d’atteindre des objectifs multiples et interconnectés qui renforcent la position de l’Arabie saoudite dans le paysage mondial de la culture et de la connaissance, avec le soutien et l’appui continus de Son Altesse le Prince Badr bin Abdullah bin Mohammed bin Farhan Al Saud, ministre de la Culture.

Nous accordons une attention particulière au développement des compétences des traducteurs et à leurs perspectives professionnelles. Nous œuvrons aussi à l’amélioration de la qualité de la traduction, afin de rehausser le niveau des services fournis dans ce cadre.

Développer un écosystème compétitif et durable fait partie de nos missions et ce pour soutenir et encourager la traduction que cela se concerne les projets à but non lucratif ou le secteur privé.

Nous aspirons à consolider le rôle de premier plan de l’Arabie saoudite sur la scène culturelle et à en faire un pont pour l’échange de savoirs. Notre objectif est de renforcer les fondements de la culture de la traduction pour faire de l’Arabie saoudite la première référence arabe dans tous ces domaines, renforçant ainsi sa position de leader en matière de culture et de savoir, dans la région et dans le monde.

De quelles réalisations êtes-vous le plus fière ?

Compte tenu de la diversité de ce que nous avons accompli en peu de temps, il est difficile d’identifier une seule réalisation dont nous serions le plus fiers. L’ampleur de nos réalisations reflète notre engagement profond à l’égard de nos objectifs culturels et des aspirations que recèle la Vision 2030. Au moyen de chaque initiative et de chaque projet, nous menons une étape importante dans le renforcement de la position du Royaume comme référence culturelle mondiale pour la créativité et la connaissance. Cependant, si je devais mettre en évidence quelques réalisations qui illustrent notre ambition et notre impact, je commencerais par les résultats remarquables de l’initiative Tarjum :

  • Nous avons accordé plus de 1 800 bourses de traduction de livres.
  • Nous avons accordé plus de 93 subventions pour des magazines et périodiques culturels, et plus de 930 subventions pour des articles culturels.
  • Nous avons engagé plus de 1000 traducteurs de 40 pays.
  • Nous avons soutenu la traduction de 293 livres saoudiens dans 13 langues différentes.

L’initiative a contribué, de manière significative, à atteindre l’arène internationale, en garantissant les droits de traduction pour plus de 150 livres primés (y compris des lauréats du prix Nobel de littérature, tels que « L’essor du livre arabe » de Beatrice Gruendler, qui a été traduit en arabe). Ce projet a également encouragé la publication de traductions et soutenu les traducteurs saoudiens ( le traducteur Ibrahim Al-Freih a remporté la troisième place lors de la neuvième édition du prix Sheikh Hamad au Qatar pour la traduction et l’entente internationale. En outre, le livre « Half Crazy » du Dr Shaimaa Al-Sharif a été traduit en espagnol et a remporté le prix international Ibn Arabi de littérature arabe. Toutes ces réalisations constituent une étape historique dans les littératures saoudienne et arabe et représentent un indicateur de la créativité et de l’innovation dans la littérature contemporaine assurant l’amélioration du statut de la traduction sur la scène littéraire internationale.

Le lancement de l’Observatoire arabe de la traduction en partenariat avec l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et la science (ALECSO) en octobre 2022 représente un bond en avant dans la réalisation de nos objectifs. L’Observatoire est non seulement la première entité régionale de l’ALECSO dans le Royaume et les États du Golfe depuis sa création il y a cinquante-trois ans, mais aussi le premier organisme de ce type au niveau mondial à fournir une plateforme étoffée et une base de données bibliographique numérique. Ce projet illustre les efforts conjoints des pays arabes pour faire progresser le secteur de la traduction.

En outre, l’une de nos réalisations les plus récentes est le lancement, le dix septembre, de la Chaire de traduction des cultures à l’UNESCO, en partenariat avec le Centre du Roi Fayçal pour la Recherche et les Etudes islamiques. Cette initiative renforcera le rôle de l’Arabie saoudite en tant que hub mondial de recherche scientifique dans le domaine de la traduction et des échanges culturels. La Chaire vise à répondre au besoin croissant de recherche interdisciplinaire dans les sciences humaines et sociales, en facilitant la collaboration entre les chercheurs en traductologie, en études culturelles, en patrimoine immatériel, en sciences humaines et en technologies modernes aux niveaux local, régional et international. Ce cercle de réflexion ouvre ainsi de nouveaux horizons pour l’échange culturel et le partage de connaissances.

Toutes ces réalisations, et bien d’autres encore, confirment notre ferme engagement à atteindre nos objectifs culturels et reflètent notre aspiration à renforcer la position de notre pays, sur la scène culturelle mondiale, dans le domaine de la traduction.

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L’égalité Femmes-Hommes- Les détails d’une stratégie francophone

 L’OIF a rendu public, en février 2025, un rapport détaillant les actions et les perspectives de la Stratégie de la Francophonie pour la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, des droits et de l’autonomisation des femmes et des filles. En voici les détails.

L’OIF a mis en place, en 2018, lors du Sommet d’Erevan en Arménie, une stratégie (Stratégie EFH) visant la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes. Les actions sont menées sur des territoires aux divers schémas sociaux et géographiques et permettent de lancer des initiatives, de créer des synergies et de fédérer en faveur du changement.

Le rapport publié par l’OIF est un bilan d’étape revenant sur l’impact de différentes actions et présentant cette thématique comme une urgence en faveur du soutien aux femmes et aux filles en vue de la préservation de leurs droits et de l’amélioration de leurs situations sociale, économique et psychologique.

Dans ce rapport relatif aux actions menées dans ce sens, l’OIF parcourt les jalons posés en faveur des droits des femmes et des filles, de leur éducation et de leur la formation, de leur autonomisation économique, de leur leadership et de leur participation dans la vie politique, économique, sociale et culturelle.

 

Le rapport revient sur des actions devenues emblématiques, outre celles tenues en marge de la Commission de la condition des femmes des Nations unies à New York, et sous l’égide de l’Union africaine, comme :

  • La 3ème conférence sur la masculinité positive
  • Le Fonds « La Francophonie avec Elles », lancé en 2020, ayant déjà soutenu plus de 286 projets dans 30 pays, touchant près de 80 000 femmes.
  • Le Réseau francophone pour l’égalité femmes-hommes (RF-EFH), qui procède à des actions qui renforcent les organisations de la société civile (OSC), par le biais du coaching de leurs leaders et membres et « la création d’espaces consacrés au renforcement des liens ou à la mise en œuvre de réalisations conjointes ».
  • Le consortium international d’établissements a été initié avec ONU Femmes en vue de la création de ressources éducatives de qualité en langue française sur l’égalité femmes-hommes (mises à disposition en mars 2023).
  • Un programme de certification a été mis en place en collaboration avec l’Université Senghor. Son objectif est d’accompagner les décideurs politiques pour que l’égalité femmes-hommes soient intégrées dans les stratégies des politiques publiques nationales.
  • Un programme de renforcement des capacités a permis d’aider à la conception et au pilotage de politiques publiques intégrant l’égalité femmes-hommes. En ont bénéficié, en 2023 et 2024, près de 80 cadres et responsables des ministères, des instances décentralisées et parlementaires de 21 pays.

Le rapport revient dans un premier temps sur « l’engagement accru de la Francophonie, qui se manifeste par l’adoption d’un corpus normatif progressiste et inclusif, particulièrement attentif aux droits des femmes ». Les bases de ce corpus sont : le Cadre stratégique de la Francophonie 2023-2030, la programmation de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pour 2024-2027 et l’approche par projet de l’OIF.

Dans un deuxième temps, le rapport aborde la mise en œuvre des actions de la Francophonie, autour des cinq axes d’intervention inhérentes à la Stratégie EFH, les résultats (quantitatifs et qualitatifs) obtenus. Y sont mises en avant les initiatives collaboratives avec des entités telles qu’ONU Femmes et le Réseau francophone pour l’égalité femmes-hommes, ainsi que d’autres réseaux institutionnels.

 

LES ENJEUX DE L’INEGALITE ET L’ENGAGEMENT DE LA FRANCOPHONIE :

L’espace francophone recèle une diversité culturelle porteuse de richesses mais également d’héritages sociaux affectant la notion d’égalité de genre. Le rapport détaille, dans ce contexte, des situations qui persistent malgré les avancées législatives et discriminent les femmes comme :

  • La participation des femmes au marché du travail avec des écarts de 20 % en moyenne par rapport aux hommes
  • L’autonomisation économique des femmes mise en difficulté car seulement 55 % des femmes en âge de travailler participent à la force de travail (76 % des hommes, selon les données de la Banque mondiale).
  • Les violences basées sur le genre persistent, avec des taux alarmants de violences domestiques et sexuelles. Environ 35 % des femmes dans l’espace francophone ont subi des violences physiques et/ou sexuelles au cours de leur vie, selon un rapport d’ONU Femmes.
  • L’accès à l’éducation fait partie des situations handicapant les perspectives économiques et sociales des femmes. Dans les pays francophones d’Afrique subsaharienne, près de 24 % des filles ne sont pas scolarisées.
  • L’impact des traditions culturelles (comme les mariages précoces et les rôles domestiques) affecte le quotidien des filles (déscolarisation) et limite leur avenir.
  • Les inégalités au niveau scolaire accentuent l’inégalité : le manque d’infrastructures éducatives, les violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire, les obstacles financiers et le manque de sensibilisation sur l’importance de l’éducation des filles.
  • L’accès à la scolarisation connait des différences visibles au niveau de l’espace francophone. En Afrique subsaharienne, ce défi concerne les filles et les jeunes femmes lors de l’achèvement de leurs études secondaires et supérieures.

CINQ AXES D’ACTION :

Cinq axes ont été abordés, dans le rapport, pour définir la démarche en faveur de la promotion de l’égalité femmes hommes :

Axe 1 : PROMOUVOIR LES DROITS DES FEMMES ET DES FILLES VULNÉRABLES, ET LUTTER CONTRE TOUTE FORME DE DISCRIMINATION ET DE VIOLENCE 

  • PROMOUVOIR L’ACCÈS AUX DROITS PAR LA DÉLIVRANCE D’UN ACTE D’ÉTAT CIVIL :

Le rapport place l’inscription des jeunes filles à l’état civil comme un impératif que les autorités locales et les leaders d’opinion doivent soutenir pour garantir l’accès à des droits fondamentaux (le droit à l’éducation, le droit à un travail régulier, les droits politiques, la liberté de circulation ou encore la liberté d’accès à la propriété). « L’objectif est crucial : permettre aux filles de jouir des mêmes droits que les garçons à travers le bénéfice du droit à l’identité », justifie le rapport.

  • PRÉVENIR ET LUTTER CONTRE TOUTES LES FORMES DE VIOLENCES :

La Francophonie œuvre à la création d’un environnement sécurisant et respectueux pour les filles et les femmes. Comme exemples d’actions dans ce cadre :

  • Une présence aux côtés de l’Union africaine, à la campagne mondiale de l’ONU contre les violences faites aux femmes et aux filles, dans le cadre des 16 jours d’activisme du 25 au 10 décembre 2023
  • L’OIF soutenait la participation du secteur académique à la 3ème Conférence sur la masculinité positive organisée par l’Union africaine, les 27 au 28 novembre 2023, autour du thème : « Accélérer l’engagement autour de la convention de l’Union africaine sur la fin des violences contre les femmes et les filles ». 
  • LUTTER CONTRE LES STÉRÉOTYPES :

L’OIF mène des actions visant à lutter les discriminations envers les femmes et se basant sur la déconstruction des stéréotypes. « La Francophonie compte aujourd’hui 140 millions de femmes. À l’horizon 2050, elles seront 350 millions ». Les défendre passe, comme l’indique le rapport par la lutte contre les stéréotypes de genre « qui constituent les causes profondes de l’exclusion des femmes des domaines économiques, politiques et sociaux ».

Encadré : Une des actions emblématiques de la Francophonie a été la coproduction d’un cours en ligne ouvert et massif (CLOM) sur l’EFH avec l’appui technique de l’Université Senghor à Alexandrie, le premier de ce type à l’échelle de la Francophonie (sensibilisation de 5 124 personnes provenant de 94 pays aux enjeux de l’égalité femmes-hommes).

Le sport est également un moyen de déconstruction des stéréotypes de genre. Une intégration transversale des enjeux de genre a été intégrée par le Comité international des Jeux de la Francophonie (CIJF) dans le cadre de l’organisation des Jeux de la Francophonie de 2023 à Kinshasa.

Axe 2 : ASSURER UNE ÉDUCATION ET UNE FORMATION ET VALORISER LA PARTICIPATION DES FEMMES À L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET À LA RECHERCHE

  • ASSURER UN ACCÈS ÉQUITABLE À L’ÉDUCATION ET À LA FORMATION POUR TOUTES LES FEMMES ET LES FILLES :
  • Le programme IFADEM (L’Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres) fait partie des projets majeurs dans ce cadre. Il a généré « un livret pour sensibiliser et former les enseignants et les directeurs d’école aux pratiques favorables à l’égalité entre filles et garçons, visant à créer un environnement scolaire plus inclusif et à encourager les jeunes filles à poursuivre leurs études et à s’orienter vers des filières traditionnellement masculines ».
  • La CONFEMEN a mené des actions en faveur de la participation des femmes à la recherche, et notamment aux filières scientifiques. La 60ème Session ministérielle de CONFEMEN, tenue du 22 au 26 avril 2024 à Abidjan, a permis d’approfondir la question de l’orientation des jeunes, notamment les filles, vers les filières scientifiques et technologiques, mais également de leur formation et leur employabilité.
  • L’OIF a déployé des activités en partenariat avec l’Institut africain des sciences mathématiques (AIMS) « portant sur l’amélioration de l’accès et la participation des femmes aux domaines d’études techniques émergents tels que ceux liés aux sciences, aux technologies, à l’ingénierie et aux mathématiques (STIM) ».
  • RENFORCER LA QUALITÉ DE L’ÉDUCATION ET DE LA FORMATION POUR LES FEMMES ET LES FILLES :

L’éducation inclusive et équitable passe par les actions menées au profit des enseignants et par la mise en place de ressources adaptées.

  • Le portail RELIEFH : une plateforme de partage de ressources éducatives mise à la disposition des enseignant(e)s et du personnel d’encadrement. « 216 ressources ont été publiées en 2023 et 2024, une nette augmentation comparée aux 48 ressources publiées entre 2019 et 2022 ».
  • Un consortium international d’établissements souhaitant s’engager dans une démarche de promotion de l’EFH (initié par l’AUF aux côtés d’ONU Femmes). Les travaux de ce consortium achevés en mars 2023 ont abouti à la production d’outils pratiques comprenant plus de 200 ressources documentaires multimédias francophones et gratuites sur la thématique de la promotion de l’EFH.
  • Le Réseau des centres régionaux francophones (CREF) et la Mobilité des enseignantes et enseignants de français ont élaboré un kit pédagogique « Vivre ensemble en bande… dessinée »
  • La mise en place d’une norme « Éducation-Égalité » pour des manuels scolaires sensibles à l’égalité femmes-hommes (développée par l’OIF en partenariat avec le Réseau Normalisation et Francophonie).

Axe 3 : FAVORISER L’AUTONOMISATION ÉCONOMIQUE DES FEMMES ET DES FILLES DANS LA PERSPECTIVE D’UN DÉVELOPPEMENT DURABLE ET D’UNE CROISSANCE INCLUSIVE

  • UN SOUTIEN RENFORCÉ ENVERS LES FEMMES ACTRICES DE LEUR AUTONOMIE :

« C’est dans cet esprit, et en réponse à la crise de la covid 19, que le Conseil permanent de la Francophonie, sur proposition de la Secrétaire générale de la Francophonie, a institué le 9 juillet 2020 le Fonds « La Francophonie avec Elles » (FAE). Conçu initialement pour une période de quatre années, ce Fonds a été pérennisé en 2023 pour renforcer l’autonomie financière et sociale des femmes ».

  • ŒUVRER POUR L’ÉGALITÉ DANS LES DOMAINES OÙ LES FEMMES DEMEURENT SOUS-REPRÉSENTÉES :

L’OIF a placé le numérique comme une priorité transversale dans ses projets au profit de l’égalité femmes hommes. Comme exemples ces deux projets :

  • Un atelier de réseautage pour femmes entrepreneuses francophones en Tunisie, en novembre 2023 a été initié par l’OIF, avec pour objectif : « renforcer leurs compétences entrepreneuriales et d’encourager la collaboration entre elles ».
  • Le projet D-CLIC valorise l’accès des filles et des femmes à la formation au numérique. « En 2023-2024, huit pays ont bénéficié du projet D-CLIC (Burkina Faso, République démocratique du Congo, Djibouti, Madagascar, Mali, Mauritanie, Sénégal et Tchad) ».
  • SOUTENIR L’ENGAGEMENT DES FEMMES POUR L’ENVIRONNEMENT :
  • L’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) a mené des formations au profit des jeunes femmes francophones afin de soutenir leurs projets dans des secteurs comme les TIC, l’eau, l’énergie, la construction, la foresterie, l’agriculture, l’industrie, la gestion des déchets, la mobilité urbaine, la finance durable et les biotechnologies.
  • Trois appels à projets ont été lancés en 2024, en Afrique centrale, afin de soutenir les initiatives environnementales dans les pays du bassin du Congo. L’objectif de ces appels est de soutenir les femmes porteuses de « solutions éco-innovantes mais aussi de promouvoir des projets climato-économiques intégrés ».
  • Une première formation dans le cadre de la phase 3 du FEDACAM a permis à une vingtaine de femmes maires, au Cameroun, de bénéficier d’une première formation « Genre et énergie », le 7 novembre 2023.
  • L’OIF apporte, également, « un soutien financier et technique aux associations et ONG œuvrant pour les droits des femmes à travers le Réseau francophone pour l’égalité femmes hommes ».

Axe 4 : PROMOUVOIR LE « LEADERSHIP », RENFORCER L’ÉGAL ACCÈS ET LA PARTICIPATION DES FEMMES DANS LA PRISE DE DÉCISION

  • UN PLAIDOYER ACTIF :
  • Le 4ème Forum africain sur les femmes, la paix et la sécurité, s’est tenu à Addis-Abeba, en 2023, pour mettre en avant les actions menées pour l’inclusion des femmes dans les processus de paix.
  • Les débats ont été inclus dans l’agenda « Femmes, paix et sécurité », dans le cadre d’une session d’information organisée à New York, en 2023, pour les conseillers militaires et les experts en opération de paix des Missions permanentes francophones. « Cette initiative a mis en lumière les dispositifs d’accompagnement pour les femmes francophones souhaitant participer aux missions de paix, renforçant ainsi leur rôle stratégique et opérationnel dans la paix et la sécurité ».
  • RENFORCEMENT DES CAPACITÉS DES FEMMES :
  • L’OIF a mené, en 2023, des négociations internationales sur le climat, la biodiversité et la désertification dans le but de « renforcer les capacités de 250 négociatrices des pays francophones en matière de prise de décisions environnementales ».
  • Une formation en leadership féminin et gouvernance politique a été menée au profit de 105 femmes candidates aux élections municipales de septembre 2023 en Côte d’Ivoire. En 2024, ce sont 135 femmes à Madagascar qui ont été formées à la participation politique et sensibilisées à l’engagement dans les processus électoraux. D’autres formations ont été organisées au Tchad et au Gabon.
  • 200 diplomates et fonctionnaires cambodgiens ont été formés (en français), pour renforcer la participation des femmes dans la haute fonction publique et dans les processus décisionnels.

Axe 5 : L’ÉGALITÉ ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES SUR LE PLAN ORGANISATIONNEL

  • SUIVI-ÉVALUATION DE LA PROGRAMMATION

Un outil de suivi et de désagrégation des indicateurs par sexe et par âge, a été mis en place. Il permet de « documenter les changements qualitatifs induits par chaque projet auprès des bénéficiaires cibles, notamment les femmes et les jeunes ».

  • ADAPTATION BUDGÉTAIRE

L’OIF place la femme comme prioritaire, dans sa programmation 2024-2027. « Cela se traduit sur le plan budgétaire par l’allocation des ressources aux projets. Des efforts ont été produits pour une plus grande efficacité des moyens mis en œuvre », précise le rapport qui rappelle que « l’ambition et l’urgence d’accélérer le rythme pour l’atteinte de l’égalité femmes-hommes requièrent des ressources financières importantes afin de produire des effets tangibles ».

  • LA PARITÉ DANS LES SPHÈRES DÉCISIONNELLES DE LA FRANCOPHONIE

L’OIF met en pratique son credo au profit de l’égalité à travers une parité femmes-hommes dans les postes décisionnels. « En matière de gestion des ressources humaines, l’Organisation promeut l’égalité des droits, des responsabilités et des opportunités pour tous, indépendamment de l’âge. En 2023 et 2024, le service des ressources humaines a activement travaillé pour assurer cette égalité dans les trois volets fondamentaux : droits, responsabilités et opportunités. (…) À ce jour, sur les 34 recrutements réalisés par l’OIF en 2023, 18 femmes ont été recrutées, représentant 53 % du total, un ratio qui a progressé en 2024 avec 67 % de femmes embauchées ».

  • UNE POLITIQUE DE PRÉVENTION ET DE LUTTE CONTRE LE HARCÈLEMENT

Afin de concrétiser sa lutte contre le harcèlement, « l’OIF s’est inspiré des recommandations et des bonnes pratiques internationales et a adopté, en septembre 2023, une politique de prévention et de lutte contre toute forme de harcèlement, afin de promouvoir et de favoriser un environnement de travail harmonieux et sûr, exempt de toute forme de harcèlement ».

  • UNE STRATÉGIE DE COMMUNICATION SENSIBLE À L’ÉGALITÉ FEMMES-HOMMES

L’OIF recourt à une communication mettant en exergue l’égalité entre les femmes et les hommes. Comme exemples : « Les portraits et les entretiens publiés valorisent autant les femmes que les hommes. De même, l’OIF veille au respect de la parité dans la représentation graphique, écrite, vidéo ou dans les réseaux sociaux et s’applique à lutter contre les stéréotypes de genre. Le respect de la parité est étendu autant que possible aux prix et concours ».

Le rapport élabore également, une vision stratégique pour la consolidation des résultats atteints et la mise en place de perspectives évolutives.

En effet, le Cadre stratégique 2023- 2030 privilégie une « approche intégrée de l’égalité » et repose, à la fois, sur un plaidoyer spécifique et sur la multiplication des actions (sur le terrain et au moyen d’un process inclusif). Quant à la programmation de l’OIF 2024-2027, elle détaille les actions à venir à partir des besoins et des objectifs à atteindre. « Il s’agit d’assurer que les effets et les impacts des projets déployés sur le terrain permettent de réduire les inégalités entre les femmes et les hommes, et d’accélérer les transformations sociétales », précise le rapport.

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L’égalité femme-Homme dans l’espace francophone- Dix ans d’actions et des perspectives dressées

Le Réseau francophone pour l’égalité Femme-Homme (RF-EFH) a tenu sa 3ème Assemblée générale au siège de l’OIF à Paris, les 11 et 12 décembre 2024. Retour sur les points marquants de cette consécration couronnant dix ans d’action au profit des femmes dans l’espace francophone.

Lors de l’ouverture, Mme Caroline St-Hilaire, Administratrice de l’OIF, a appelé à appuyer les synergies et à « mobiliser toutes les énergies pour accélérer les progrès vers l’égalité, les efforts indispensables à la paix et à la prospérité dans l’espace francophone ». Ce rassemblement a aussi été l’occasion de saluer l’engagement des membres du Réseau et leurs efforts collectifs au profit du statut de la femme.

Un bilan des initiatives réalisées en dix ans a été rappelé et les présents ont adopté les principaux aspects des actions à venir (dans la période 2024-2026). Des formations par thèmes et des campagnes de plaidoyer permettront de vulgariser certaines notions, de sensibiliser les sociétés ciblées et d’élaborer des partenariats utiles et impactants.

Encadré :

A l’issue de cette Assemblée générale :

  • Mme Marie Lydia Toto Raharimalala, représentante de FAWE Madagascar, a été élue Coordinatrice du réseau. Elle partagera sa responsabilité avec quatre nouveaux membres de la coordination.
  • RF-EFH a intégré sept nouvelles organisations appuyant ainsi la base collaborative du réseau.
  • Un manifeste intitulé « Pour une Égalité Femmes-Hommes ambitieuse et en action » a été adopté par les membres « réaffirmant leur engagement à intensifier les démarches concrètes pour promouvoir l’égalité ».

Le Réseau francophone pour l’égalité Femme-Homme est composé de soixante organisations présentes dans la société civile et servant de lieux d’échanges, d’actions et de plaidoyers dans l’espace francophone. Il se consacré à plusieurs problématiques féminines comme : « l’éducation des filles, la lutte contre les violences basées sur le genre, l’autonomisation économique, le leadership féminin en politique et le développement durable ».

Gras Parmi les objectifs du Réseau francophone pour l’égalité Femme-Homme, la participation à l’installation d’un « espace francophone plus juste et équitable, où l’égalité femmes-hommes demeure une priorité pleinement reconnue, garantie et effective ».

Ce rassemblement ambitionne, également, de mettre en place des outils de suivi et d’évaluation pour mesurer l’évolution en matière d’égalité dans l’espace francophone.

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Salammbô, une collaboration internationale autour de l’œuvre de Flaubert

« Salammbô », est un roman de Flaubert publié en 1862, dans lequel le lecteur retrouve un décor carthaginois et où se mêlent l’allusion à l’épopée et le récit des passions. C’est cette même ambiance qui s’est retrouvée lors d’expositions à Rouen et à Marseille et où le public peut, désormais, immerger en Tunisie, au musée du Bardo. Présentation de l’exposition « Salammbô, de Flaubert à Carthage ».

https://mbarouen.fr/fr/expositions/salammbo-de-flaubert-a-carthage-tunis

Une exposition dédiée à l’œuvre de Gustave Flaubert, « Salammbô », s’est tenu du 24 septembre 2024 au 12 janvier 2025, au Musée national du Bardo, à Tunis. Cet événement est réalisé grâce à une collaboration entre la Réunion des Musées Métropolitains Rouen Normandie, le Musée des Beaux-Arts de Rouen, le Musée des civilisations de l’Europe et de la méditerranée (Mucem) à Marseille, l’Institut National du Patrimoine de Tunisie, l’Agence tunisienne de Mise en Valeur du Patrimoine et de Promotion Culturelle et l’Institut français de Tunisie.

https://mbarouen.fr/fr/expositions/salammbo-de-flaubert-a-carthage-tunis

L’exposition rend hommage à l’auteur, à son œuvre et à la culture qui y est décrite. Elle étaye, œuvres et lectures à l’appui, l’impact de cette création romanesque sur le plan culturel. On y parcourt cinquante chefs-d’œuvre tunisiens et des prêts d’objets de collections françaises (venant des univers de la littérature, de la peinture, de la sculpture, de la photographie, des arts de la scène, du cinéma, et de l’archéologie). Les éléments constituant l’exposition viennent de collections tunisiennes et françaises appartenant à des préteurs privés mais aussi à des musées comme le musée national du Bardo, le musée de Carthage, les musées de la métropole Rouen Normandie, le musée de la Bibliothèque patrimoniale Villon, le musée d’Orsay, le musée de la Bibliothèque nationale de France et le musée de la Ville de Marseille.

https://mbarouen.fr/fr/expositions/salammbo-de-flaubert-a-carthage-tunis

Avant de s’installer en Tunisie, dans le pays qui en a inspiré l’œuvre éponyme, cette exposition a eu lieu au Musée des Beaux-Arts de Rouen en 2021, à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert et au Mucem, à Marseille, en 2022, et elle a accueilli plus de 75 000 visiteurs.

Trois commissaires ont été chargés de cette exposition. Il s’agit de : Sylvain Amic (Conservateur général du patrimoine, président de l’Établissement public du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie – Valéry Giscard d’Estaing), Imed Ben Jerbania (Maître de recherche, Institut National du Patrimoine) et Myriame Morel-Deledalle (Conservatrice en chef du patrimoine, Mucem).

https://mbarouen.fr/fr/expositions/salammbo-de-flaubert-a-carthage-tunis

Sont prévues en marge de l’exposition et en hors-les-murs, des activités culturelles comme des lectures musicales, des ateliers créatifs, un atelier d’écriture, une expérience en réalité virtuelle, une conférence, ainsi que des rencontres professionnelles et scientifiques.

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Francophonie et diplomatie : Des perspectives multidisciplinaires

 Parmi les activités de l’OIF, figure une série de rencontres en lien avec le domaine de la diplomatie. Ces événements, générant des réflexions et des perspectives dessinées au profit de cette représentation, s’articulent autour d’un champ d’action commun : la francophonie, élément actif dans la sphère diplomatique et internationale.

L’expertise francophone, une place centrale dans le contexte international

Pour photo https://www.francophonie.org/bruxelles-les-ambassadeurs-francophones-evoquent-le-renforcement-du-multilateralisme-et-des-3577

Une première réunion plénière a été tenue par le Groupe des ambassadeurs francophones de Bruxelles (GAF-B), le 24 janvier 2025, sous la présidence de l’ambassadrice de Roumanie, Andreea Păstârnac, et en présence du ministre des Affaires étrangères de Belgique, Bernard Quintin. Plusieurs sujets en lien avec la place internationale de la francophonie ont été abordés. Cet événement a dressé, en partie, la feuille de route du GAF-B.

Lors de cet événement, le rôle stratégique de la Francophonie face aux défis géopolitiques actuels a été mis en avant. Rappelant que les relations diplomatiques entre la Belgique et la Roumanie fêteront, en 2025, leur 145ème anniversaire, le ministre belge a insisté sur l’importance de renforcer le multilatéralisme pour garantir un ordre mondial stable, dans un contexte international de plus en plus incertain. Il a salué les résultats du XIXᵉ Sommet de la Francophonie, tenu à Villers-Cotterêts et Paris en octobre 2024, qui placent l’OIF comme un élément actif et pertinent dans les processus de sortie de crise. Parmi les réalisations saluées, figure la création de l’Observatoire Boutros Boutros-Ghali, qui agira dans les domaines de la paix et de la sécurité, en se basant sur l’expertise francophone.

Le ministre belge a, en outre, insisté sur la nécessité d’une coopération efficiente et développée entre l’Union européenne et l’OIF, s’appuyant sur les valeurs communes de ces deux structures. Dans ce contexte, ont été rappelées des initiatives importantes de l’UE, comme la Facilité européenne pour la paix (FEP) qui se définit pour objectif l’action au profit de la sécurité internationale et la prévention des conflits ainsi que la stratégie « Global Gateway » qui agit, en accord avec les objectifs de développement durable des Nations unies, au profit du développement d’infrastructures durables multisectorielles (numérique, de l’énergie et des transports).

Le caractère éthique de l’IA a, également, été placé parmi les impératifs en lien avec le contexte international dans lequel l’action francophone est importante et utile car pouvant faire, de cette technologie, un outil inclusif et plus accessible (en français). Dans son allocution, le ministre belge a insisté sur la place que la francophonie doit acquérir dans ce domaine en développement, dans le monde entier.

Parmi les sujets abordés, lors de cette plénière, figure le renforcement du partenariat avec le continent africain. En marge de cet aspect, le ministre belge a été interrogé par les ambassadeurs présents quant à la réévaluation des relations entre l’Union européenne et les États-Unis à la suite de l’investiture de Donald Trump. L’importance d’une autonomie stratégique pour l’Europe a fait partie des éléments de réponses.

OIF-ONU : « Le Français de la diplomatie » 

 

La Représentation de l’OIF auprès des Nations Unies à New York, a lancé, le 28 janvier 2025, en collaboration avec le Département de l’appui opérationnel des Nations Unies, un cours intitulé « Le français de la diplomatie ». Il s’agit d’un programme destiné aux diplomates et aux membres des missions diplomatiques des pays membres de l’OIF pour qui le Français n’est pas la langue officielle. Cette initiative fait partie du projet « Langue française, langue internationale ».

Il s’agit d’un projet qui répond à la demande de nombreux diplomates et qui envisage d’appuyer l’action de l’OIF au sein des Nations Unies. Il rejoint la volonté du Secrétariat des Nations Unies de promouvoir le multilinguisme, à tous les niveaux des institutions internationales, et renforce ainsi les liens entre les deux entités.

L’objectif principal de ce programme est de permettre à ses disciples de renforcer leurs capacités linguistiques en français, afin que cette langue s’intègre dans leurs échanges professionnels. Les cours se tiennent à la fois au siège des Nations Unies et à la Représentation de l’OIF à New York. Les participants pourront bénéficier d’un contenu adapté à leurs compétences et fourni par des enseignants des Nations Unies.

https://www.francophonie.org/le-francais-de-la-diplomatie-une-nouvelle-formation-proposee-new-york-3583

GAF: Une présence francophone dans la gouvernance numérique

Ancrer les valeurs francophones dans les grands enjeux de l’agenda onusien, est un des objectifs du Groupe des Ambassadeurs francophones (GAF) qui s’est réuni, également, le 15 janvier 2025.

Parmi les autres priorités de ce rassemblement, figure la négociation de la « résolution biennale de l’Assemblée générale sur la coopération ONU-OIF », dont l’adoption est prévue lors de la 79ᵉ session de l’Assemblée générale. Cet axe majeur de la mobilisation du Groupe sera appuyé par la France, hôte du 19e Sommet de la Francophonie.

Le GAF qui a renouvelé, lors de cette réunion, la présidence de M. l’Ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, Représentant permanent de la RDC auprès des Nations Unies agit au profit du multilinguisme et vise une représentation francophone dans l’architecture de gouvernance propre à certains domaines stratégiques. Le Groupe prévoit, en effet, de se placer comme acteur important dans les discussions sur la gouvernance du numérique et de l’intelligence artificielle.

Dans l’agenda du GAF, figure la 4ème conférence sur le financement du développement (FfD4), prévue du 30 juin au 3 juillet 2025. Le groupe joue un rôle essentiel dans le processus préparatoire de cet événement qui représente une occasion de repenser l’architecture financière internationale. Cette réflexion vise de mettre en place un cadre de financement plus équitable et mieux adapté aux besoins des pays en développement confrontés aux vulnérabilités.

Doté d’une plateforme des Conseillers militaires, de police et d’experts en opérations de paix, le GAF fait, par ailleurs, de la stabilité, une priorité et prévoit de se mobiliser au niveau des enjeux linguistiques et interculturels dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU.

Par ailleurs, le GAF se concentrera sur la révision du Conseil des droits de l’Homme, confiée à l’Assemblée générale des Nations Unies, afin de défendre une vision francophone et renforcer les liens entre New York et Genève. Le Groupe francophone a appelé à la mise en place d’un multilinguisme au niveau des différents processus de l’ONU.

https://www.francophonie.org/le-groupe-des-ambassadeurs-francophones-de-new-york-discute-de-ses-priorites-pour-2025-3574

Rappelons que le contexte international a été marqué, dans ce cadre, par les échanges autour des priorités du Président de l’Assemblée générale des Nations Unies (pour la reprise de la 79ᵉ session), ainsi que par la définition des priorités du Secrétaire général de l’ONU pour 2025.

Des procédures en faveur du multilinguisme

https://www.francophonie.org/GAF-new-york-entretien-avec-president-assemblee-generale-ONU-3518

Sous la présidence de l’Ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, Représentant permanent de la RDC auprès des Nations Unies, le Groupe des Ambassadeurs francophones (GAF) a aussi tenu une réunion en présence de plus d’une trentaine de délégations, avec, pour invité, Philémon Yang, Président de la 79e session de l’Assemblée générale des Nations Unies dont le mandat est placé sous le thème « L’unité dans la diversité ».

Cette vision stratégique a fait l’objet d’un débat centré sur les défis liés à la réalisation complète du multilinguisme à l’ONU. Le travail significatif de l’OIF pour promouvoir la langue française a été salué et, a été rappelé, l’engagement commun des deux organisations (OIF et ONU) en faveur du multilinguisme. Parmi les appels à l’action lancés par les membres du Groupe francophone, la mise en place de solutions pour lutter contre l’unilinguisme (y compris lors des réunions informelles de l’Assemblée générale).

Monsieur Philémon Yang a annoncé la création d’un groupe de travail dédié au multilinguisme, au sein du Bureau de la présidence de l’Assemblée générale, comptant, dans ce cadre, sur l’expertise du Groupe francophone.

Le « Pacte pour l’Avenir », adopté en septembre 2024 par les États membres de l’ONU pour revitaliser la coopération internationale a été réévalué par les personnes présentes. Les délégations francophones ont mis l’accent sur le rôle complémentaire des États membres et de l’ONU dans ce processus avec un focus sur les actions concrètes et l’engagement de tous les acteurs.

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Un premier sommet européen pour développer le journalisme de solutions

Le premier sommet européen du journalisme de solutions s’est tenu les 27 et 28 septembre à Prague et a permis de réunir cent personnes actives dans ce secteur spécifique et venant de trente pays.

L’événement inaugural avait pour objectif de développer cette approche journalistique positive et d’en installer la pratique et la notoriété.

Le modèle adopté était « l’unconference », ce qui a permis aux personnes présentes de mener des échanges inclusifs autour de diverses thématiques. Les prises de paroles conçues comme des moments de discussion ont mis en valeur le journalisme environnemental, les médias en temps de crise et d’autres thèmes pouvant être abordés à travers le journalisme de solutions.

L’intervention de Tina Rosenberg a lancé une réflexion comparative entre la présence du SOJO dans les médias américains et dans ceux d’Europe. Cette journaliste et universitaire américaine est une des pionnières de cette approche journalistique. Elle a co-fondé en 2013 le Solution Journalism Network, après avoir lancé le genre dans le New York Times.

Le Journalisme de solutions est porté en Europe par différents organismes formant des mentors et assurant la transmission de cette manière d’aborder l’actualité et son traitement. Parmi eux Transitions médias (organisme non-lucratif qui vise à promouvoir le journalisme de solutions à l’Est de l’Europe et au niveau de l’Asie centrale) qui a organisé l’événement avec d’autres partenaires.

Le journalisme de solutions aborde l’information d’une façon positive ne se suffisant pas de critiquer ou de révéler les problématiques. C’est une approche intégrant, dans la démarche journalistique, la recherche et la présentation de pistes de solutions.

 

Pour les photos https://transitionsmedia.org/2024/10/04/first-ever-european-sojo-summit/

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Trois questions à Rania Stephan, libraire libanaise qui agit pour diffuser le livre francophone

 

Rania Stephan est à la tête d’une librairie libanaise portant son nom et qui existe depuis 1956. Elle est active, également, dans les domaines de l’édition et de la diffusion avec pour objectif de rendre accessible la francophonie. C’est à elle qu’a été confiée, en 2023, l’organisation de la présence française à la Foire du livre à Riyad. Ce projet porté par l’Ambassade de France en Arabie saoudite a permis la mise en place, pour la première fois, d’un pavillon français de 500m2 qui a permis d’exposer 20 mille ouvrages d’éditeurs français. 

Quelles actions opérez-vous pour la promotion et la diffusion de la lecture sur le maché saoudien et ailleurs ? Comment exercez-vous ce rôle dont vous vous retrouvez investie ?

Il se trouve que la francophonie me tient à cœur et au fil de mon parcours et de mes rencontres émergent des idées pour aller la développer là où je trouve qu’il y a un terrain à explorer. Je ne le fais bien évidemment pas seule, puisqu’il y a l’équipe qui m’entoure qui me signale les opportunités et, à partir de là, je cherche à créer des partenariats avec les différents acteurs pour monter des projets.
Mon parcours m’a amenée à développer des amitiés dans différents secteurs en rapport avec l’édition en langue française. Nous sommes présents dans plusieurs pays du Moyen Orient qui ont chacun des besoins spécifiques et nous travaillons donc différemment dans chaque pays. En ce qui concerne l’Arabie saoudite, l’idée est venue du fait de la quasi-absence d’une offre de livres en langue française dans le pays. Le salon du livre de Riyad auquel participent plus de 1300 éditeurs a été l’occasion de commencer à développer cette présence. Le ministère de la Culture en Arabie saoudite a été d’un grand soutien dans cette initiative et l’ambassade de France et l’alliance française à Riyad ont tout de suite adhéré au projet. Le partenariat a été très efficace, pour la première édition du pavillon français.

Quel constat faites-vous au niveau du marché du livre en Orient et en Arabie saoudite, en particulier ?

 Il y a un intérêt certain pour le développement de l’enseignement des langues au niveau du marché du livre en Orient et la commission chargée du livre au ministère de la culture en Arabie saoudite, par exemple, est très active. La langue française présente un attrait et se démarque des autres langues que les Saoudiens souhaitent apprendre
La tenue du premier pavillon français et son succès ont mis en valeur le fait qu’il est nécessaire de continuer dans la voie du développement de plusieurs actions culturelles soutenant la francophonie et le développement de partenariats dans la traduction et l’édition.

Il s’agit de développer la présence du livre français parce qu’on sent bien que la demande existe. La langue française intéresse et fait rêver le public saoudien qui est très attiré par les auteurs de référence français que ce soit Hugo, Camus ou Sartre. Il y a un début de développement et surtout un vif souhait de la part du ministère de la Culture de développer les échanges, pour soutenir l’édition de livres et l’échange de droits.

En matière d’édition, quels seraient vos objectifs ? Y en a-t-il un qui fait figure de challenge qui vous tient à cœur ?

Le premier objectif est d’assurer la présence de la langue française dans le plus de pays possible, là où il y a un potentiel. Pour ceci il faut s’adapter aux besoins de chacun des pays que ce soit en adaptant des méthodes de français langue étrangère, en proposant des animations culturelles, en facilitant l’accès du livre en langue française et en travaillant à présenter la langue mais aussi la culture française comme accessibles et offrant des débouchés et des ouvertures.

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