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Calder, à la Fondation Louis Vuitton : l’art de la légèreté

Taillage minutieux dans le métal, le travail de Alexander Calder investit majestueusement la Fondation Louis Vuitton. L’exposition met en espace cette pensée du mouvement, en jouant sur la circulation du regard et la perception changeante des formes.

Les 300 œuvres rassemblées retracent le parcours diversifié de l’artiste et l’évolution de ses choix artistiques. L’ensemble permet de traverser plusieurs décennies de création, des années 1920 aux années 1970, en suivant la progression d’un langage plastique fondé sur l’équilibre, la légèreté et la tension du mouvement.

L’œuvre de Calder est un art en suspension. Mobile léger en apesanteur dans un univers qu’il investit délicatement et à qui il offre des ombrages subtils et changeants.

Dès les premiers mobiles, Calder impose une écriture singulière du mouvement. Les créations sont loin d’être statiques : elles s’imposent non pas par leur poids mais par le décalage entre l’envergure et la constitution. La sculpture devient ici tension entre équilibre et déséquilibre, entre volume et légèreté, où l’air lui-même devient matériau.

Finesse des composantes et prouesse technique d’assemblage : chaque œuvre renvoie à une image réelle dont elle allège le mimétisme. Le geste artistique ne cherche pas la reproduction mais la suggestion, comme si la forme se détachait progressivement du monde visible pour devenir rythme.

 

Le dernier cèdre du Liban: Histoire d’un héritage compliqué

Le dernier cèdre du Liban, une pièce d’Aïda Asgharzadeh mise en scène par Nikola Carton, portée notamment par Magali Genoud, Maëlis Adalle et Azeddine Benamara, est présentée par STAM PROD en coréalisation avec le Théâtre de l’Œuvre.

Deux vies se déroulent sur scène dans une discontinuité touchante. Dans deux cadres spatio-temporels dressés en trame de fond, mère et fille s’affrontent symboliquement entre reproches et explications indirectes.

La pièce éclaire le spectateur sur des conjonctures sociales et politiques qui impactent les trajectoires de deux femmes, à deux époques différentes.

Eva est une jeune pensionnaire, très en colère, du Centre d’Éducation Fermé pour mineurs de Mont-de-Marsan, abandonnée à la naissance. Convoquée chez le notaire, elle reçoit son héritage : des dizaines de microcassettes et un dictaphone. Elle y découvre la voix de sa mère, elle qui ne connaît rien de ses parents.

Au fil des heures d’écoute, elle apprend des détails saisissants et parcourt l’Histoire à travers l’évocation de la guerre du Liban, du discours d’Yasser Arafat à l’ONU, de la chute du mur de Berlin…

Eva découvre le parcours professionnel et personnel d’une reporter de guerre qui n’a pas su être mère.
La question de l’appartenance traverse toute la pièce dans une douleur contenue, faite de sanglots étouffés et de colère maîtrisée au rythme des enregistrements écoutés.
La voix de la mère surgit comme un espace suspendu, venu d’un ailleurs tout aussi chaotique.

Les émotions restent contenues mais profondément bouleversantes dans leur lutte avec la dignité. Deux vies s’affrontent, s’expliquent et s’apaisent au fils des récits.

Rêve(s) de Jalila Baccar et Fadhel Jaïbi: L’onirique ou le cauchemar du réel

La pièce Rêve(s) pensée par Jalila Baccar et Fadhel Jaïbi (en Scénario et dramaturgie), et produite par Familia Productions, s’impose comme une expérience théâtrale d’une rare intensité. Plus qu’une comédie noire, Rêve(s) est une descente de 120 minutes — au sens propre comme au figuré — dans les strates obscures de l’âme humaine et dans les contradictions qui l’habitent.

Screenshot

La pièce met en scène le trivial, pour mieux révéler l’horreur. Celle qui ne surgit pas toujours dans le fracas, mais s’installe dans les interstices du quotidien. Celle avec laquelle on cohabite sans le savoir, parce qu’elle est enfouie, reléguée au sous-sol de nos consciences. L’espace souterrain qui sert de décor, nommé d’une manière volontairement prosaïque, devient alors une métaphore puissante : un lieu d’enfouissement, de relégation, où l’on dissimule ce que l’on ne veut pas voir — et parfois ceux que l’on ne veut pas reconnaître comme semblables.

Rêve interroge frontalement le racisme et, au-delà, la mécanique de la déshumanisation. À partir du moment où l’autre est désigné comme différent, il devient possible de le réduire, de le nier, de lui faire mal — jusqu’à l’extrême — sans que la conscience ne s’en offusque vraiment. La pièce montre comment cette banalisation s’opère, insidieusement et témoigne des contradictions les plus discrètes et les plus abjectes. Elle met le spectateur face à une question dérangeante : jusqu’où sommes-nous capables d’aller lorsque l’autre cesse, dans notre regard, d’être notre égal ?

La prouesse des acteurs dote cette réflexion d’une grande puissance. Jalila Baccar livre, en effet, une performance vertigineuse. Elle oscille entre deux personnages, deux âges, deux expériences de vie. Mais plus encore, elle navigue entre deux rapports au monde, deux manières d’être en relation. Cette oscillation constante trouble les repères et souligne la porosité des identités. Nous ne sommes pas faits d’un seul bloc : nous sommes des contradictions.

Face à elle, Jamal Madani incarne un personnage révélateur. À la manière d’un papier carbone, sa présence fait apparaître et dévoile. Dès qu’il entre en scène, les masques tombent. Les autres personnages se révèlent dans une pluralité émotionnelle et caractérielle saisissante. On est au-delà de la simple duplicité de l’être : Rêve(s) donne à voir la multitude de soi contenue en une seule personne. Les personnages ne sont ni tout à fait coupables, ni tout à fait innocents ; ils sont traversés par des forces contradictoires, par des failles, par des violences héritées ou intériorisées.

La mise en tension permanente entre banalité du décor et extrême des actes crée un malaise fécond. Le spectateur est pris à témoin, presque complice malgré lui. Il ne peut se réfugier dans une distance confortable : ce qui se joue sur scène est une potentialité humaine universelle.

En choisissant d’intituler la pièce Rêve(s), les auteurs introduisent une ironie troublante. Car ce qui se déploie sous nos yeux tient davantage du cauchemar éveillé. Rêve(s) nous rappelle, avec lucidité, que l’horreur peut aussi habiter nos sous-sols intérieurs — et qu’il nous appartient d’en ouvrir la porte et d’affronter la vérité.

 

Chaque histoire compte vraiment : Un projet intergénérationnel entre de jeunes écrivains et des témoins d’époque

Ce qui compte vraiment est un projet intergénérationnel qui œuvre à la connexion entre de jeunes lycéens et des personnes âgées, à travers la transformation des souvenirs collectés en biographies écrites. Au fil de rencontres avec des résidents d’Ehpad, des élèves rassemblent, des informations, des anecdotes, des données leur permettant de transformer le récit nostalgique en « livre de vie ».

L’expérience permet aux élèves qui l’ont intégrée de devenir de jeunes écrivains chargés de mission, en toute fidélité par rapport aux propos recueillis. Elle permet aux personnes âgées d’assurer, dans la convivialité, la transmission de leur vécu et des particularités subjectives de leur époque.

A l’origine de ce projet, une idée d’Anne-Dauphine Julliand, présidente de l’association, celle de connecter les générations à travers le récit fait par les aînés aux jeunes.

Les témoignages de vie s’écoutent, se réécoutent, se retranscrivent et se transforment en livres offerts aux concernés et à leurs familles.

Les élèves qui poursuivent cette expérience sont formés (avant de l’entamer) autour de trois axes : formation à la rencontre, formation au public, formation à l’écriture. Ils sont accompagnés ensuite, d’une manière régulière, par des membres de l’association qui répondent à leurs questions et assurent le suivi de leur avancement lors de la phase rédaction.

L’association prend le relais, quand la rédaction est finalisée, pour assurer la relecture, la correction et l’édition. Une cérémonie couronne la démarche et permet de clore l’expérience entre les binômes et leurs familles.

L’expérience Ce qui compte vraiment a été menée dans cinq régions de France où 23 lycées et 26 maisons de retraite se sont mobilisés autour de 245 récits de vie. Elle est menée également dans d’autres pays (Mexique, Autriche, Portugal, Jordanie) et a rassemblé 220000 participants lors de 90 événements.

 

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Le théâtre immersif : Des cadres insolites et des découvertes participatives

Le théâtre immersif revient sur la scène comme une forme d’expression artistique qui connait un grand engouement. Alliant le jeu d’acteurs et l’expérience participative du spectateur, c’est un modèle qui se vit d’une manière active et promet un théâtre différent. Voici une sélection de trois productions différentes mais ayant pour points communs : l’interactivité et le cadre scénique insolite.

Norma

L’aventure commence, dès que l’on achète ses places pour cette production du collectif Big Drama. On découvre alors les lieux où les faits se dérouleront et on reçoit une invitation personnelle pour des obsèques d’un genre nouveau. Arrivé sur les lieux indiqués, à peine remis de la surprise que ce choix provoque, on se retrouve au centre du drame « familial », assis autour d’une table fouillant dans les archives de la défunte (avec ceux qui ont payé pour la formule des initiés). Les obsèques se poursuivent à un autre étage, au milieu du public qui se mêle dans la convivialité aux acteurs. Et puis débutent les préparatifs de la cérémonie et l’on découvre les personnages à travers leurs souvenirs, leurs échanges et leurs apartés. On les accompagne dans leurs sphères privées et le hasard mène les spectateurs, par groupe, dans l’espace privé de chacun. A ceux qui en manifestent la volonté, sont attribués des rôles lors du déroulé des obsèques. Entre humour et tournures dramatiques en lien avec les orphelins recueillis et élevés par la défunte, la musique et le chant donnent à la représentation son cachet de comédie musicale. Dans Norma, le mélange de genres est bien calibré et le spectateur vit, à travers leur agencement, une immersion au niveau des actions et des émotions.

Norma s’est vu décerner le Prix de la Scénographie lors de la cérémonie des Trophées de la Comédie musicale 2024. Big Drama n’en est pas à son premier essai. La troupe a plusieurs titres à son actif dont des pièces immersives transformées en format digital et de nombreuses réalisations privées réalisées sur demande. Le slogan de cette compagnie spécialisée dans la conception et la production de spectacles immersifs est : « Entrez dans l’histoire ».

Le Cabaret Rive gauche

Les Sculpteurs de rêves sont des créateurs d’univers où se mêlent théâtralité et immersion. Trois de leurs créations se produisent en même temps dans différents lieux en France. La compagnie dispose d’un portfolio de plus de vingt productions. Parmi celles aux tonalités historiques figure le Cabaret rive gauche qui se produit au sous-sol du Musée Maillol à Paris.

Plongé dans un cadre temporel propre aux années cinquante, le spectateur vit une soirée dans un lieu de divertissement de l’époque. Il y côtoie Prévert, Boris Vian, et vit les débuts sur scène de la chanteuse Barbara.

Plus qu’un spectateur assis sur le siège correspondant à la catégorie pour laquelle il a payé, il est, ici, un des clients des lieux et dispose même de quoi payer sa consommation selon la logique de l’époque. A chaque spectateur est remise, à l’entrée, une note indiquant son nouveau profil. Il se retrouve alors dans la peau d’une personnalité de l’époque disposant des détails qui lui permettent d’interagir avec la troupe et les autres spectateurs.

Danse, musique et allusions diverses au contexte culturel des années cinquante font partie du voyage dans le temps que propose cette pièce.

L’aventure de ce regroupement créatif a commencé en 2013 quand des jeunes de 15 ans, passionnés de théâtre et de jeux décident de tenter l’expérience de rassembler cent personnes autour d’une création conçue comme un grand jeu de rôles. Ce rêve, une fois réalisé, aboutit à une expérience entrepreneuriale qui a évolué pendant 10 ans vers une formule complète incluant l’encadrement des comédiens et la création d’œuvres originales pour le grand public et à la demande.

Vive les mariés

Cette production théâtrale emmène le spectateur dans une expérience immersive festive : un mariage au déroulé mouvementé. Le spectateur est ici un invité du clan de la famille de la mariée ou de celle du mari. Il prend place à table, une fois accueilli par l’organisatrice du mariage et informé, par elle, de son lien de parenté avec le couple à l’honneur.

En allant voir Vive les mariés, on vit pleinement le jeu d’acteurs dans un cadre insolite : un restaurant parisien. Tout en profitant du menu, le spectateur assiste à des rebondissements, à la manière de Feydeau, et les actions se succèdent comme des révélations éclairant les « convives » sur leurs voisins de table.

Inspiré d’Un fil à la patte, ce vaudeville revisité est une occasion de profiter doublement du jeu d’interprétation en appréciant celui des comédiens et en explorant les potentialités du sien. Le spectateur peut être amené à réaliser des missions d’animation et de transitions. Son implication est rendue plus agréable grâce aux comédiens et à leurs capacités d’improvisation.

Une fois que « le rideau » est tombé, les comédiens reviennent dans la salle, débarrassés de leurs costumes festifs et la soirée se poursuit sur le même ton agréable et convivial, non pas avec les mariés et leurs proches mais avec de jeunes acteurs de talent.

Big immersive production est une famille créative qui a choisi l’originalité comme créneau. Leur production Aubergames, conçue comme un concept mêlant sports, jeu et théâtralité, avaient accueilli le public, en 2023, dans un parc à Aubervilliers investi comme un cadre olympien.

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Interview- Haila Alkhalaf, la Saoudienne qui fait de la traduction un moyen de rayonnement culturel

 Haila Alkhalaf est la présidente du pôle de la traduction au sein de l’Autorité de la Littérature, de l’Edition et de la Traduction, organe exécutif du ministère de la Culture en Arabie Saoudite. Docteure en Littérature anglaise, elle a cumulé les expériences dans le cadre de l’enseignement supérieur et du conseil institutionnel dans son champ d’expertise. Elle a publié plusieurs études en lien avec le secteur littéraire et a représenté, officiellement, son pays lors d’événements culturels internationaux. Haila Alkhalaf occupe, aujourd’hui, un poste-clé et impactant dans le cadre d’une stratégie globale visant à développer le secteur de la traduction et à multiplier les projets en faveur d’une production littéraire multilingue.

 Qu’est-ce qui vous relie aux domaines dans lesquels vous travaillez (édition, livres et traduction) ?

L’intérêt et la passion pour le livre ont pris naissance en moi depuis longtemps. La lecture constituait un porte ouverte me faisant découvrir des mondes différents de mon quotidien. Une simple phrase bien énoncée avait la capacité de jalonner ma pensée et j’étais en admiration devant ce grand pouvoir. C’est cette passion qui a défini mon parcours et, dans le cadre de mes études supérieures, j’ai choisi de me spécialiser dans la littérature. J’ai été attirée par l’alchimie qui s’opérait, dans ce cursus, entre la traduction, les études littéraires et les langues.

Au fil de mes parcours académique et professionnel, j’ai pris conscience de l’importance de la traduction dans l’élaboration de la littérature. Traduire, c’est bâtir un pont entre les cultures et les civilisations. Nous y gagnons sur les plans intellectuel et cognitif. Traduire, c’est aussi partager avec le monde l’essence de notre héritage et de notre patrimoine en les rendant accessibles au-delà des frontières linguistiques. Dans le domaine de la littérature, la traduction rend possible la diffusion de la créativité, l’échange de créations littéraires et le partage d’idées, quelles que soient les langues et les cultures des productions initiales. Les écrivains peuvent ainsi atteindre un public mondial et les lecteurs peuvent explorer des univers littéraires multiples.

Aujourd’hui, en présidant le secteur de la traduction au sein de l’Autorité de la Littérature, de l’Edition et de la Traduction, je suis remplie d’enthousiasme et de fierté en participant aux efforts et à l’impact de la traduction. Cet art permet de transférer les trésors littéraires de notre culture arabe au-delà des frontières linguistiques, et de nous faire parvenir diverses créations littéraires représentant les cultures internationales.  En favorisant les opportunités de développement du secteur de la traduction (de et vers l’arabe), notre objectif est d’enrichir le contenu arabophone avec des œuvres de qualité et à valeur ajoutée.

Comment la commission œuvre-t-elle à la promotion de la traduction et pourquoi ?

L’Autorité pour la Littérature, l’Edition et la Traduction œuvre à la promotion des domaines de la traduction à travers plusieurs initiatives et projets qui répondent aux aspirations culturelles dans le cadre de la Vision 2030 du Royaume d’Arabie saoudite (Vision 2030 est un plan de développement mis en place par le gouvernement saoudien, ndlr). La commission concentre ses efforts sur l’accès des traducteurs à une qualification selon les normes et pratiques internationales. Nous y aspirons à accompagner une dynamique de traduction professionnelle. Nous avons travaillé sur la création d’un observatoire pour documenter la pratique de la traduction dans le monde arabe. Cette initiative a été lancée sous l’égide de l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO) et avec le soutien de la Commission pour la Littérature, l’Edition et la Traduction, pour soutenir le processus de traduction et pour coordonner et unifier les efforts investis dans ce domaine. Cette institution s’est défini pour rôle de collecter et de présenter des données exactes et des statistiques récentes en lien avec le secteur de la traduction.  Elle recourt à une approche innovante du traitement des données (se basant sur les dernières technologies) et fournit aux pays arabes une référence numérique avec le plus haut niveau de transparence et de crédibilité. Ce qui en résulte permet de refléter la véritable image de la scène culturelle du monde arabe.

En outre, nous organisons, depuis 2021, le Forum international de la traduction, l’un des plus grands événements du secteur, à l’échelle régionale et mondiale. La troisième édition est prévue en novembre de cette année. Ce forum consacre les derniers développements dans le secteur de la traduction et constitue une opportunité de communication entre les traducteurs, les experts et les personnes intéressées par le domaine. Peuvent y prendre part, les traducteurs professionnels et débutants, les universitaires et les décideurs dans le domaine de la traduction. Il est conçu comme un événement central concrétisant le développement de l’industrie de la traduction au Royaume et dans la région.

L’initiative « Traduis ! », lancée également en 2021, vise à enrichir le contenu arabe et les connaissances qui lui sont inhérentes à travers la promotion des échanges culturels (aux niveaux arabe et international). Les maisons d’édition locales bénéficient, dans ce cadre, de subventions couvrant les coûts des droits d’auteur et des travaux de traduction. Sont également, soutenues les traductions de revues académiques, de magazines et d’articles culturels.

Nous proposons, par ailleurs, des programmes de formation, comme le programme d’accompagnement qui se base sur la formation et l’appui prodigués par des experts dans l’industrie de la traduction.

Parmi nos programmes spécifiques, le cycle de formation intensive à l’interprétation de conférences qui vise à faire qualifier une génération prometteuse d’interprètes saoudiens et qui correspond aux besoins du marché de l’emploi dans ce domaine. Le programme se concentre sur les aspects pratiques de la formation et se déroule sous la supervision d’experts en interprétation. Ce parcours permet de doter les participants des compétences et des techniques nécessaires pour interpréter lors de conférences et d’événements internationaux.

Ce programme est organisé en partenariat avec des agences de traduction internationales bien établies. Cette collaboration garantit aux stagiaires de recevoir une formation du plus haut niveau, conformément aux normes internationales dans le domaine de l’interprétation. Telle est la stratégie globale : améliorer les capacités des cadres saoudiens dans le domaine de la traduction et accroître leur compétitivité sur le marché du travail.

Quels sont vos objectifs dans le cadre de vos missions ?

Dans le cadre de notre mission dans le secteur de la traduction, nous nous efforçons d’atteindre des objectifs multiples et interconnectés qui renforcent la position de l’Arabie saoudite dans le paysage mondial de la culture et de la connaissance, avec le soutien et l’appui continus de Son Altesse le Prince Badr bin Abdullah bin Mohammed bin Farhan Al Saud, ministre de la Culture.

Nous accordons une attention particulière au développement des compétences des traducteurs et à leurs perspectives professionnelles. Nous œuvrons aussi à l’amélioration de la qualité de la traduction, afin de rehausser le niveau des services fournis dans ce cadre.

Développer un écosystème compétitif et durable fait partie de nos missions et ce pour soutenir et encourager la traduction que cela se concerne les projets à but non lucratif ou le secteur privé.

Nous aspirons à consolider le rôle de premier plan de l’Arabie saoudite sur la scène culturelle et à en faire un pont pour l’échange de savoirs. Notre objectif est de renforcer les fondements de la culture de la traduction pour faire de l’Arabie saoudite la première référence arabe dans tous ces domaines, renforçant ainsi sa position de leader en matière de culture et de savoir, dans la région et dans le monde.

De quelles réalisations êtes-vous le plus fière ?

Compte tenu de la diversité de ce que nous avons accompli en peu de temps, il est difficile d’identifier une seule réalisation dont nous serions le plus fiers. L’ampleur de nos réalisations reflète notre engagement profond à l’égard de nos objectifs culturels et des aspirations que recèle la Vision 2030. Au moyen de chaque initiative et de chaque projet, nous menons une étape importante dans le renforcement de la position du Royaume comme référence culturelle mondiale pour la créativité et la connaissance. Cependant, si je devais mettre en évidence quelques réalisations qui illustrent notre ambition et notre impact, je commencerais par les résultats remarquables de l’initiative Tarjum :

  • Nous avons accordé plus de 1 800 bourses de traduction de livres.
  • Nous avons accordé plus de 93 subventions pour des magazines et périodiques culturels, et plus de 930 subventions pour des articles culturels.
  • Nous avons engagé plus de 1000 traducteurs de 40 pays.
  • Nous avons soutenu la traduction de 293 livres saoudiens dans 13 langues différentes.

L’initiative a contribué, de manière significative, à atteindre l’arène internationale, en garantissant les droits de traduction pour plus de 150 livres primés (y compris des lauréats du prix Nobel de littérature, tels que « L’essor du livre arabe » de Beatrice Gruendler, qui a été traduit en arabe). Ce projet a également encouragé la publication de traductions et soutenu les traducteurs saoudiens ( le traducteur Ibrahim Al-Freih a remporté la troisième place lors de la neuvième édition du prix Sheikh Hamad au Qatar pour la traduction et l’entente internationale. En outre, le livre « Half Crazy » du Dr Shaimaa Al-Sharif a été traduit en espagnol et a remporté le prix international Ibn Arabi de littérature arabe. Toutes ces réalisations constituent une étape historique dans les littératures saoudienne et arabe et représentent un indicateur de la créativité et de l’innovation dans la littérature contemporaine assurant l’amélioration du statut de la traduction sur la scène littéraire internationale.

Le lancement de l’Observatoire arabe de la traduction en partenariat avec l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et la science (ALECSO) en octobre 2022 représente un bond en avant dans la réalisation de nos objectifs. L’Observatoire est non seulement la première entité régionale de l’ALECSO dans le Royaume et les États du Golfe depuis sa création il y a cinquante-trois ans, mais aussi le premier organisme de ce type au niveau mondial à fournir une plateforme étoffée et une base de données bibliographique numérique. Ce projet illustre les efforts conjoints des pays arabes pour faire progresser le secteur de la traduction.

En outre, l’une de nos réalisations les plus récentes est le lancement, le dix septembre, de la Chaire de traduction des cultures à l’UNESCO, en partenariat avec le Centre du Roi Fayçal pour la Recherche et les Etudes islamiques. Cette initiative renforcera le rôle de l’Arabie saoudite en tant que hub mondial de recherche scientifique dans le domaine de la traduction et des échanges culturels. La Chaire vise à répondre au besoin croissant de recherche interdisciplinaire dans les sciences humaines et sociales, en facilitant la collaboration entre les chercheurs en traductologie, en études culturelles, en patrimoine immatériel, en sciences humaines et en technologies modernes aux niveaux local, régional et international. Ce cercle de réflexion ouvre ainsi de nouveaux horizons pour l’échange culturel et le partage de connaissances.

Toutes ces réalisations, et bien d’autres encore, confirment notre ferme engagement à atteindre nos objectifs culturels et reflètent notre aspiration à renforcer la position de notre pays, sur la scène culturelle mondiale, dans le domaine de la traduction.

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Salammbô, une collaboration internationale autour de l’œuvre de Flaubert

« Salammbô », est un roman de Flaubert publié en 1862, dans lequel le lecteur retrouve un décor carthaginois et où se mêlent l’allusion à l’épopée et le récit des passions. C’est cette même ambiance qui s’est retrouvée lors d’expositions à Rouen et à Marseille et où le public peut, désormais, immerger en Tunisie, au musée du Bardo. Présentation de l’exposition « Salammbô, de Flaubert à Carthage ».

https://mbarouen.fr/fr/expositions/salammbo-de-flaubert-a-carthage-tunis

Une exposition dédiée à l’œuvre de Gustave Flaubert, « Salammbô », s’est tenu du 24 septembre 2024 au 12 janvier 2025, au Musée national du Bardo, à Tunis. Cet événement est réalisé grâce à une collaboration entre la Réunion des Musées Métropolitains Rouen Normandie, le Musée des Beaux-Arts de Rouen, le Musée des civilisations de l’Europe et de la méditerranée (Mucem) à Marseille, l’Institut National du Patrimoine de Tunisie, l’Agence tunisienne de Mise en Valeur du Patrimoine et de Promotion Culturelle et l’Institut français de Tunisie.

https://mbarouen.fr/fr/expositions/salammbo-de-flaubert-a-carthage-tunis

L’exposition rend hommage à l’auteur, à son œuvre et à la culture qui y est décrite. Elle étaye, œuvres et lectures à l’appui, l’impact de cette création romanesque sur le plan culturel. On y parcourt cinquante chefs-d’œuvre tunisiens et des prêts d’objets de collections françaises (venant des univers de la littérature, de la peinture, de la sculpture, de la photographie, des arts de la scène, du cinéma, et de l’archéologie). Les éléments constituant l’exposition viennent de collections tunisiennes et françaises appartenant à des préteurs privés mais aussi à des musées comme le musée national du Bardo, le musée de Carthage, les musées de la métropole Rouen Normandie, le musée de la Bibliothèque patrimoniale Villon, le musée d’Orsay, le musée de la Bibliothèque nationale de France et le musée de la Ville de Marseille.

https://mbarouen.fr/fr/expositions/salammbo-de-flaubert-a-carthage-tunis

Avant de s’installer en Tunisie, dans le pays qui en a inspiré l’œuvre éponyme, cette exposition a eu lieu au Musée des Beaux-Arts de Rouen en 2021, à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert et au Mucem, à Marseille, en 2022, et elle a accueilli plus de 75 000 visiteurs.

Trois commissaires ont été chargés de cette exposition. Il s’agit de : Sylvain Amic (Conservateur général du patrimoine, président de l’Établissement public du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie – Valéry Giscard d’Estaing), Imed Ben Jerbania (Maître de recherche, Institut National du Patrimoine) et Myriame Morel-Deledalle (Conservatrice en chef du patrimoine, Mucem).

https://mbarouen.fr/fr/expositions/salammbo-de-flaubert-a-carthage-tunis

Sont prévues en marge de l’exposition et en hors-les-murs, des activités culturelles comme des lectures musicales, des ateliers créatifs, un atelier d’écriture, une expérience en réalité virtuelle, une conférence, ainsi que des rencontres professionnelles et scientifiques.

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Un premier sommet européen pour développer le journalisme de solutions

Le premier sommet européen du journalisme de solutions s’est tenu les 27 et 28 septembre à Prague et a permis de réunir cent personnes actives dans ce secteur spécifique et venant de trente pays.

L’événement inaugural avait pour objectif de développer cette approche journalistique positive et d’en installer la pratique et la notoriété.

Le modèle adopté était « l’unconference », ce qui a permis aux personnes présentes de mener des échanges inclusifs autour de diverses thématiques. Les prises de paroles conçues comme des moments de discussion ont mis en valeur le journalisme environnemental, les médias en temps de crise et d’autres thèmes pouvant être abordés à travers le journalisme de solutions.

L’intervention de Tina Rosenberg a lancé une réflexion comparative entre la présence du SOJO dans les médias américains et dans ceux d’Europe. Cette journaliste et universitaire américaine est une des pionnières de cette approche journalistique. Elle a co-fondé en 2013 le Solution Journalism Network, après avoir lancé le genre dans le New York Times.

Le Journalisme de solutions est porté en Europe par différents organismes formant des mentors et assurant la transmission de cette manière d’aborder l’actualité et son traitement. Parmi eux Transitions médias (organisme non-lucratif qui vise à promouvoir le journalisme de solutions à l’Est de l’Europe et au niveau de l’Asie centrale) qui a organisé l’événement avec d’autres partenaires.

Le journalisme de solutions aborde l’information d’une façon positive ne se suffisant pas de critiquer ou de révéler les problématiques. C’est une approche intégrant, dans la démarche journalistique, la recherche et la présentation de pistes de solutions.

 

Pour les photos https://transitionsmedia.org/2024/10/04/first-ever-european-sojo-summit/

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Trois questions à Rania Stephan, libraire libanaise qui agit pour diffuser le livre francophone

 

Rania Stephan est à la tête d’une librairie libanaise portant son nom et qui existe depuis 1956. Elle est active, également, dans les domaines de l’édition et de la diffusion avec pour objectif de rendre accessible la francophonie. C’est à elle qu’a été confiée, en 2023, l’organisation de la présence française à la Foire du livre à Riyad. Ce projet porté par l’Ambassade de France en Arabie saoudite a permis la mise en place, pour la première fois, d’un pavillon français de 500m2 qui a permis d’exposer 20 mille ouvrages d’éditeurs français. 

Quelles actions opérez-vous pour la promotion et la diffusion de la lecture sur le maché saoudien et ailleurs ? Comment exercez-vous ce rôle dont vous vous retrouvez investie ?

Il se trouve que la francophonie me tient à cœur et au fil de mon parcours et de mes rencontres émergent des idées pour aller la développer là où je trouve qu’il y a un terrain à explorer. Je ne le fais bien évidemment pas seule, puisqu’il y a l’équipe qui m’entoure qui me signale les opportunités et, à partir de là, je cherche à créer des partenariats avec les différents acteurs pour monter des projets.
Mon parcours m’a amenée à développer des amitiés dans différents secteurs en rapport avec l’édition en langue française. Nous sommes présents dans plusieurs pays du Moyen Orient qui ont chacun des besoins spécifiques et nous travaillons donc différemment dans chaque pays. En ce qui concerne l’Arabie saoudite, l’idée est venue du fait de la quasi-absence d’une offre de livres en langue française dans le pays. Le salon du livre de Riyad auquel participent plus de 1300 éditeurs a été l’occasion de commencer à développer cette présence. Le ministère de la Culture en Arabie saoudite a été d’un grand soutien dans cette initiative et l’ambassade de France et l’alliance française à Riyad ont tout de suite adhéré au projet. Le partenariat a été très efficace, pour la première édition du pavillon français.

Quel constat faites-vous au niveau du marché du livre en Orient et en Arabie saoudite, en particulier ?

 Il y a un intérêt certain pour le développement de l’enseignement des langues au niveau du marché du livre en Orient et la commission chargée du livre au ministère de la culture en Arabie saoudite, par exemple, est très active. La langue française présente un attrait et se démarque des autres langues que les Saoudiens souhaitent apprendre
La tenue du premier pavillon français et son succès ont mis en valeur le fait qu’il est nécessaire de continuer dans la voie du développement de plusieurs actions culturelles soutenant la francophonie et le développement de partenariats dans la traduction et l’édition.

Il s’agit de développer la présence du livre français parce qu’on sent bien que la demande existe. La langue française intéresse et fait rêver le public saoudien qui est très attiré par les auteurs de référence français que ce soit Hugo, Camus ou Sartre. Il y a un début de développement et surtout un vif souhait de la part du ministère de la Culture de développer les échanges, pour soutenir l’édition de livres et l’échange de droits.

En matière d’édition, quels seraient vos objectifs ? Y en a-t-il un qui fait figure de challenge qui vous tient à cœur ?

Le premier objectif est d’assurer la présence de la langue française dans le plus de pays possible, là où il y a un potentiel. Pour ceci il faut s’adapter aux besoins de chacun des pays que ce soit en adaptant des méthodes de français langue étrangère, en proposant des animations culturelles, en facilitant l’accès du livre en langue française et en travaillant à présenter la langue mais aussi la culture française comme accessibles et offrant des débouchés et des ouvertures.

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La musique méditerranéenne à l’honneur à la Sorbonne Abou Dhabi

Ils ont investi la scène de l’amphithéâtre Zayed de l’Université Sorbonne Abou Dhabi pour hisser le drapeau d’une francophonie et d’une Méditerranée artistiquement inclusives et ont été longuement applaudis. Il s’agit du groupe Voyage en Méditerranée mené par Fedia Khalfallah et Gennaro Sienna. La première est Tunisienne. Elle chante et joue du Oud. Elle est docteure en informatique et professeur de technologie. Elle a été la première diplômée de la classe de vocalise, de chant et de recherche de Bait El Oud (Maison du Oud) d’Abou Dhabi. Le deuxième est Italien. Il chante également et joue de la guitare. Il est diplômé de l’Académie d’Art et Musique de Naples en chant « Bel canto » et également de la Royal School of London.

Le répertoire joué le 10 octobre 2024 était un melting pot avec un point en commun : la Méditerranée et ses effluves musicales dépassant les frontières culturelles.

Douze pays ont été mis à l’honneur à travers des chansons faisant partie du patrimoine musical de chacun. Le groupe rend hommage également aux Emirats Arabes Unis, le pays où leur voyage commun a pris naissance.

« Nous sommes ravis à chaque fois de l’accueil que nous réserve le public. Certaines personnes viennent, par curiosité, découvrir les sonorités artistiques d’ailleurs et cela nous remplit de satisfaction de faire connaître la musique de la Méditerranée », déclare Fedia Khalfallah, enseignante à la Sorbonne Abou Dhabi qui a décidé d’intégrer ses talents artistiques à son parcours académique et professionnel.

Les airs joués sont hétéroclites en apparence, mais l’approche du duo au micro les harmonise grâce à la traduction. En effet, les classiques (qu’ils soient arabes, français, italiens, grecs ou espagnols…) sont repris d’une manière rendant les paroles accessibles. Des refrains traduits sont apposés à la suite des initiaux et la poésie des images est ainsi transmise, dans son essence et à travers l’interprétation.

Les musiciens accompagnant Fédia et Gennaro sont des professionnels venus de différents pays et leur volonté est de faire connaître leur art dans l’espace cosmopolite où ils vivent. La Sorbonne Abou Dhabi qui accueille des étudiants et des enseignants de différents pays en faisant partie a été un hôte d’exception pour ce choix artistique rendant universelle la poésie musicale.

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Prix Ivoire pour la littérature africaine francophone : Azza Filali lauréate 2024

 

Le Prix Ivoire pour la littérature africaine d’expression francophone 2024 a été décerné à la romancière tunisienne Azza Filali pour son roman Malentendues, publié en 2023 aux éditions Elyzad.

Le jury a salué, dans cette œuvre, son engagement vis-à-vis des femmes à travers la description de leurs situations et des sociétés dans lesquelles elles essaient d’évoluer. Il présente l’œuvre primée comme « un hymne à la femme, une excellente mise en miroir des vies fragiles des femmes engagées tout entières dans une quadrature du cercle partout dans le monde. Les plus évoluées d’entre les femmes pensent être hors du lot alors même qu’elles ne font que perpétuer, dans l’épine des songes, le lourd tribut dû à une société construite sans leur avis. »

En effet, Malentendues dresse, en 344 pages, le portrait d’une avocate tunisienne et celui des femmes rurales qu’elle rencontre dans le cadre d’une mission professionnelle. Emna, personnage central parcourt, tout au long du roman, des territoires conservateurs dans le but d’évaluer le degré de civisme et d’autonomie des femmes.

Par ailleurs, lors de cette 16ème édition présidée par la romancière et dramaturge Werewere Liking-Gnépo, une mention spéciale a été accordée à la Gabonaise Charline Effah pour « Les Femmes de Bidibidi », paru aux éditions Emmanuel Colas, en 2023.

Outre les deux ouvrages primés, figuraient dans la liste concourant pour le Prix Ivoire, trois autres finalistes : « Zakoa » de Hary Rabary, « Âmes tembée » de Marie-George Thébia et « Le Violon » d’Adrien de Gary Victor. Ces cinq œuvres ont été retenues parmi 76 ouvrages provenant de seize pays.

Rappelons que le Prix Ivoire pour la Littérature Africaine d’Expression Francophone a été créé en 2008 par l’association de droit ivoirien, Akwaba Culture. Il est placé sous le parrainage du ministère de la Culture et de la Francophonie de Côte d’Ivoire, de l’ambassade de France à Abidjan, de la Librairie de France Groupe.

Marine, si la place le permet :

Encadré :

Azza Filali est romancière, philosophe et médecin. Elle a publié une douzaine d’ouvrages : romans, nouvelles, essais et a reçu plusieurs distinctions dont le Comar d’or en 2024 (pour le même roman primé par le Prix Ivoire) et en 2012 (pour son roman Ouatann, publié échez Elyzad). Le Prix Comar est un prix tunisien qui récompense, depuis 1997, les œuvres littéraires écrites en langue arabe et en langue française.

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9 novembre 1944 : Parcours initiatique du personnage et début d’un parcours littéraire pour l’autrice

9 novembre 1944, l’intitulé de ce roman est une date et le choix n’est pas anodin. Cela installe le décor et l’intrigue dans un cadre spatio-temporel marqué par la guerre et ses répercussions sociales et morales.

Le récit suit le parcours d’un jeune soldat allemand et dresse le portrait psychologique en mutation du personnage. Au fil de ses expériences, des conflits qu’elles engendrent et des voies qu’elles lui font prendre, le héros, Christoph mène un quotidien ressemblant à un parcours initiatique.

Juliette Pelletier dresse une trame dramatique jalonnée de faits historiques et de pérégrinations émotionnelles. Elle esquisse les traits essentiels des relations humaines lors d’une période historique difficile. Les valeurs sont explorées d’une manière contextualisée et l’introspection amène à une réflexion sur le devoir, l’amitié, le courage, l’ambition et d’autres notions dont l’importance est intemporelle mais la perception et l’usage peuvent différer selon les époques.

9 novembre 1944 est un ouvrage où l’imaginaire a pour base un socle historique et des faits réels et où le développement suit le quotidien d’un personnage qui évolue psychologiquement au rythme des épreuves.

Juliette Pelletier est une lycéenne pour qui ce roman est un premier pas dans le monde de la littérature.

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