L’Arabie Saoudite se prépare pour l’échéance de 2030, date à laquelle le royaume accueillera l’Exposition universelle et entend marquer une transition importante dans son histoire. Dans ce pays où les moins de trente ans représentent près de 70% de la population, plusieurs projets et actions se mettent en place en faveur d’ouvertures culturelles et d’opportunités créatives au profit de cette tranche et de tous ceux que la culture intéresse. Cela donne lieu à des projets innovants, des partenariats en nombre et une volonté stratégique disposant de budgets conséquents. L’Arabie Saoudite dépense des millions pour réaliser ces objectifs ambitieux : ouvrir 200 musées et organiser 400 événements annuels d’ici 2030. Voici une sélection- très loin d’être exhaustive- d’événements récents, en cours et à venir.
Parfums d’Orient, une exposition hommage aux senteurs d’Arabie
C’est un voyage olfactif au fil des œuvres et des expériences que promet l’exposition Parfums d’Orient qui a pris place au Musée national de Riyad en Arabie Saoudite. Après l’institut du Monde arabe qui en est l’instigateur, cet événement a voyagé en Orient, lieu éponyme, dont les senteurs sont mises en valeur à travers près de 200 œuvres.
Entre fragrances florales et épicées, vestiges historiques en lien avec le thème ou portraits photographiques, cette exposition parcourt les preuves de l’ancrage historique de l’usage du parfum et de sa production dans les terres d’Orient.
Le visiteur découvre de lui-même les odeurs mises en avant tout au long de son parcours. Appuyant sur un bouton, il est invité à sentir les effluves de roses, de fleurs d’Oranger ou d’ambre.
Parcourant un cycle olfactif, il découvre l’évolution des senteurs au fur et à mesure des ajouts d’éléments parfumés à la base de safran ou de oud et explore l’illustration de l’importance de rituels en lien avec le parfum. Différentes cultures sont évoquées à travers des photos, des productions visuelles et manuelles, des accessoires inhérents à l’art de se parfumer.
Dans un des pavillons, des vendeurs de parfums et d’encens (qui occupent des pans entiers de commerces traditionnels) prennent la parole à travers des extraits de documentaires. Dans un autre, les hommes de la province saoudienne Jizan démontrent la symbolique des accessoires floraux dont l’usage est, chez eux, conjugué au masculin. Dans un autre espace, le visiteur découvre des réalisations à base de jasmin sambac qui reflètent un savoir-faire ancestral maniant les fleurs en vue de l’utilisation festive de leurs beautés et de leurs senteurs.
A travers cette exposition qui se produit en Arabie saoudite, sont mises en valeurs des traditions locales et des artistes s’intéressant au thème à l’honneur. C’est le cas de Reem Al-Nasser la Saoudienne qui met en avant un aspect culturel de la région du sud du pays dont elle est originaire. En effet, à Abou Arich les fleurs font partie de l’histoire et des rituels où, du jasmin d’Arabie, on fait des tenues et des accessoires pour femmes.
Illustrations de l’attachement à la manière d’être et de la symbolique de l’hospitalité, les senteurs s’hument et se font l’incarnation d’un pan social et historique des cultures d’Orient. Cette exposition qui s’est tenue en premier à l’Institut du Monde arabe à Paris voyage et fait vivre au visiteur ses pérégrinations olfactives et culturelles.
Parfums d’Orient se tient au Musée nationale d’Arabie saoudite à Riyad du 21 mai 2024 au 14 septembre 2024.
Ateliers d’écriture, l’art de dynamiser le monde de l’édition
La Commission de la littérature, de l’Edition et de la Traduction est un élément majeur de la scène culturelle en Arabie Saoudite. C’est un organe acteur dans la promotion, la régulation et la dynamique de production de livres.
Parmi les actions réalisées par cette commission, des ateliers créatifs en faveur des passionnés d’écriture. En mai, à Riyad, trois thèmes ont rassemblé des dizaines de personnes autour des sujets suivants : littérature jeunesse, littérature de voyage et traduction de contenus philosophiques. L’objectif était d’encourager ceux que l’écriture attire et de leur offrir un accompagnement qui favorise l’élan créatif.
La commission vise aussi à stimuler le secteur de l’édition en lançant des partenariats, des concours et des réflexions autour du monde du livre et de fonctionner comme un vivier stratégique pour le domaine dans lequel elle agit.
C’est cette même commission qui organise tous les ans la Foire du Livre, un événement qui connait une envergure et un essor croissants, avec un nombre d’exposants en hausse et une ouverture à l’échelle internationale. Lors de la dernière édition à Riyad, deux pavillons internationaux avaient été consacrés à la Chine et à la France (le pavillon français a enregistré la participation de 80 éditeurs).
La commission crée ainsi une communauté d’auteurs aux côtés de ceux qui ont déjà eu accès au monde de l’édition et veille à la mise en place d’un écosystème dans le monde de l’édition fonctionnant comme une passerelle créative et culturelle.
Des agoras en nombre… quand le savoir rassemble
La scène culturelle saoudienne s’enrichie par l’ouverture de nouveaux lieux dédiés à la culture. Parmi ces projets, figure la Maison de la Culture dans la ville de Dammam qui est dirigée par la Saoudienne Najla Al Otaibi. Ce projet a été initié par la Commission des bibliothèques, organe institutionnel pour qui la modernisation sociétale est un des premiers objectifs. Cela se concrétise par des projets de réhabilitation et de création d’espaces dédiés à l’apprentissage, à l’innovation et aux loisirs didactiques. Deux espaces ont été lancés, 6 autres accueilleront le public bientôt et le lancement de 153 autres maisons de la Culture est planifiée pour les années à venir.
L’ouverture de lieux de lecture et de documentation et la réhabilitation de l’existant dans ce secteur vise à mobiliser l’élan créatif et faciliter l’accès à la culture. C’est le cas également de Amakan, un lieu conçu comme un rendez-vous avec la parole et ceux qu’elle intéresse. Des rencontres avec des personnalités actives dans plusieurs secteurs sont prévues à la manière de tables rondes dans la décontraction et la convivialité. C’est le cas également des « Discours des Librairies », des événements qui mettent le partage de différentes expertises au centre des débats publics.
Cette même approche de partage et de diffusion de la connaissance se retrouve également dans le cadre d’un événement de grande envergure : Le Congrès de la philosophie, une occasion d’échanges et partage de savoirs autour de penseurs et d’idées. Autre lieu dynamisant le secteur culturel : L’Art pur Foundation, une réalisation fédératrice qui joue le rôle de catalyseur d’énergies au profit de la conscience culturelle et artistique. Plusieurs actions sont menées par ce réseau pour promouvoir et encourager les artistes à travers des expositions et des ateliers.
Un parcours jusqu’à 2030 jalonné de projets éditoriaux et créatifs, voilà ce qui se dresse comme élément principal au niveau de la scène culturelle saoudienne. Stimuler les esprits créatifs et les accompagner est au centre des missions de différents organes mis en place stratégiquement et bénéficiant des budgets nécessaires à leur efficacité.
Quel est le secret de votre attachement au domaine de la littérature ?
J’ai pris part également à un marathon international de lecture au sein de l’organisme culturel « Ithra » et ce à la ville saoudienne Dhahran. Je rappelle d’ailleurs que les lieux qui abritent ce haut-lieu de la culture bâtiment ont été conçus par la défunte et très renommée architecte Zaha Hadid.
Beaucoup de choses. Au tout début, l’arrachement très jeune à mon espace nomade (provoqué par la scolarisation) fut le moteur de mon inspiration. L’évolution de mon pays, de la Corne d’Afrique et de l’Afrique en général et leurs multiples défis ont continué à m’interpeller sans cesse. Mes origines d’enfant de pasteurs nomades, issu d’un pays qui affronte son destin courageusement, sont des sources d’inspiration et d’encouragement pour écrire !
Mais nos cultures et traditions doivent être questionnées et combattues lorsqu’elles justifient et continuent à pratiquer par exemple les mutilations génitales féminines et discriminent nos femmes – c’est ce que je dénonce entre autres dans mon livre ‘ Les corps sales’. J’ai écrit aussi un texte qui s’intitule « La femme qui brûle » (dans le recueil ‘Sur les Soleils de Houroud’) qui dénonce les mariages arrangés ou encore un regard illisible porté sur nos femmes. Pour refuser ces situations sociales et culturelles intolérables, beaucoup de nos jeunes filles se sont immolées par le feu. Non seulement elles mettent le feu à leurs corps mais « brûlent » ainsi ces règles sociales et culturelles « illisibles » sur la femme et son corps.
D’autres recueils comme ‘Cahier de brouillon des poèmes du désert’ et ‘Testament du désert’ célèbrent la terre et les paysages, la marche et le silence où l’on peut puiser l’inspiration poétique à l’écoute de l’oralité. Dans ce dernier recueil, je tente de dépasser la métaphore du monde perdu et d’accepter le dérèglement des horizons nomades. Il faut dire que dans la marche qu’a expérimentée aussi le poète Arthur Rimbaud, dans ces contrées de la Corne d’Afrique, après son renoncement poétique, (voir ‘Rimbaud l’Africain, diseur de silence’) l’espace s’enfle, le temps s’allonge, le silence s’épaissit comme pour nous permettre d’accéder à une autre langue, essentiellement poétique. Mais la poésie pour nous, descendants des pasteurs nomades, ne peut servir de refuge, il faut constamment la renouveler, puisant dans nos mémoires souvent déchiquetées. Alors, il nous faudra écrire encore et encore ce chaos et instaurer des jonctions avec des peintres. C’est ce que je tente avec, entre autres, Patrick Singh dans ‘Furigraphies des mirages’ : mirages qui deviennent un territoire de poème et de peinture.
Conversations féminines est un livre de Zoubida Fall édité chez Saaraba et réalisé à partir des podcasts dans lesquels elle avait pour invitées des Sénégalaises de tous bords.
Veiller sur elle de Jean-Baptiste Andrea publié aux Editions L’Iconoclaste a obtenu le Prix Goncourt 2023.
Les aventures de Makasi : Un petit enfant peureux est un livre pour enfants écrit par Trycia Nyota Van Den Berg. L’auteure est économiste de formation. Elle est experte en intelligence stratégique et travaille dans le secteur diplomatique. Un univers bien loin de celui du livre vers lequel elle s’est orientée par passion pour l’écrit et par intérêt pour l’éducation.
Capitaine Eva championne d’Afrique est un récit de courage et de persévérance au féminin. Son auteure Marie-Alix de Putter y relate les aventures d’une fille passionnée de football et dont le talent la fait accéder au poste de capitaine de son équipe.
Le poète Aimé Césaire est né le 26 juin 1913 en Martinique d’un père fonctionnaire et d’une mère couturière.
Aimé Césaire est à la fois poète, dramaturge et essayiste. Il a à son actif des dizaines d’œuvres, dont : 10 recueils de poèmes, 4 pièces de théâtre, 5 essais.
Le film d’Erige Sehiri « Sous les figues » a obtenu le « Bayard d’or » au Festival du Film francophone de Namur dans le cadre de sa 37ème édition. Cette production récipiendaire de la plus haute distinction du festival a été soutenue par le Fonds Image de la Francophonie.
Ashkal est un film du réalisateur tunisien Youssef Chebbi. Les actions de ce film se déroulent dans le Tunis moderne, parmi les grandes bâtisses et les chantiers. Puisant dans les codes du polar, le rythme effréné et le suspense soutenu, le cinéaste instaure, dans son film, une atmosphère particulière. Il y fait évoluer deux détectives à la recherche de la vérité, au milieu d’un brasier humain où se consument les efforts de la classe ouvrière.
Au fil des années, le ndop a perdu sa valeur symbolique et son aspect sacré, mais son industrialisation a permis d’en faire une tendance connue à l’échelle internationale. Aujourd’hui, ce tissu a permis la mise en avant du patrimoine culturel camerounais, notamment grâce à des créateurs qui l’ont utilisé d’une manière innovante, tel Cédric DeBakey, qui en a fait des accessoires de mode.