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Calder, à la Fondation Louis Vuitton : l’art de la légèreté

Taillage minutieux dans le métal, le travail de Alexander Calder investit majestueusement la Fondation Louis Vuitton. L’exposition met en espace cette pensée du mouvement, en jouant sur la circulation du regard et la perception changeante des formes.

Les 300 œuvres rassemblées retracent le parcours diversifié de l’artiste et l’évolution de ses choix artistiques. L’ensemble permet de traverser plusieurs décennies de création, des années 1920 aux années 1970, en suivant la progression d’un langage plastique fondé sur l’équilibre, la légèreté et la tension du mouvement.

L’œuvre de Calder est un art en suspension. Mobile léger en apesanteur dans un univers qu’il investit délicatement et à qui il offre des ombrages subtils et changeants.

Dès les premiers mobiles, Calder impose une écriture singulière du mouvement. Les créations sont loin d’être statiques : elles s’imposent non pas par leur poids mais par le décalage entre l’envergure et la constitution. La sculpture devient ici tension entre équilibre et déséquilibre, entre volume et légèreté, où l’air lui-même devient matériau.

Finesse des composantes et prouesse technique d’assemblage : chaque œuvre renvoie à une image réelle dont elle allège le mimétisme. Le geste artistique ne cherche pas la reproduction mais la suggestion, comme si la forme se détachait progressivement du monde visible pour devenir rythme.

 

La musique méditerranéenne à l’honneur à la Sorbonne Abou Dhabi

Ils ont investi la scène de l’amphithéâtre Zayed de l’Université Sorbonne Abou Dhabi pour hisser le drapeau d’une francophonie et d’une Méditerranée artistiquement inclusives et ont été longuement applaudis. Il s’agit du groupe Voyage en Méditerranée mené par Fedia Khalfallah et Gennaro Sienna. La première est Tunisienne. Elle chante et joue du Oud. Elle est docteure en informatique et professeur de technologie. Elle a été la première diplômée de la classe de vocalise, de chant et de recherche de Bait El Oud (Maison du Oud) d’Abou Dhabi. Le deuxième est Italien. Il chante également et joue de la guitare. Il est diplômé de l’Académie d’Art et Musique de Naples en chant « Bel canto » et également de la Royal School of London.

Le répertoire joué le 10 octobre 2024 était un melting pot avec un point en commun : la Méditerranée et ses effluves musicales dépassant les frontières culturelles.

Douze pays ont été mis à l’honneur à travers des chansons faisant partie du patrimoine musical de chacun. Le groupe rend hommage également aux Emirats Arabes Unis, le pays où leur voyage commun a pris naissance.

« Nous sommes ravis à chaque fois de l’accueil que nous réserve le public. Certaines personnes viennent, par curiosité, découvrir les sonorités artistiques d’ailleurs et cela nous remplit de satisfaction de faire connaître la musique de la Méditerranée », déclare Fedia Khalfallah, enseignante à la Sorbonne Abou Dhabi qui a décidé d’intégrer ses talents artistiques à son parcours académique et professionnel.

Les airs joués sont hétéroclites en apparence, mais l’approche du duo au micro les harmonise grâce à la traduction. En effet, les classiques (qu’ils soient arabes, français, italiens, grecs ou espagnols…) sont repris d’une manière rendant les paroles accessibles. Des refrains traduits sont apposés à la suite des initiaux et la poésie des images est ainsi transmise, dans son essence et à travers l’interprétation.

Les musiciens accompagnant Fédia et Gennaro sont des professionnels venus de différents pays et leur volonté est de faire connaître leur art dans l’espace cosmopolite où ils vivent. La Sorbonne Abou Dhabi qui accueille des étudiants et des enseignants de différents pays en faisant partie a été un hôte d’exception pour ce choix artistique rendant universelle la poésie musicale.

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FOCUS | CULTURE | Arabie Saoudite : Viviers créatifs et rayonnement national et international

L’Arabie Saoudite se prépare pour l’échéance de 2030, date à laquelle le royaume accueillera l’Exposition universelle et entend marquer une transition importante dans son histoire. Dans ce pays où les moins de trente ans représentent près de 70% de la population, plusieurs projets et actions se mettent en place en faveur d’ouvertures culturelles et d’opportunités créatives au profit de cette tranche et de tous ceux que la culture intéresse. Cela donne lieu à des projets innovants, des partenariats en nombre et une volonté stratégique disposant de budgets conséquents. L’Arabie Saoudite dépense des millions pour réaliser ces objectifs ambitieux : ouvrir 200 musées et organiser 400 événements annuels d’ici 2030. Voici une sélection- très loin d’être exhaustive- d’événements récents, en cours et à venir.

Parfums d’Orient, une exposition hommage aux senteurs d’Arabie

C’est un voyage olfactif au fil des œuvres et des expériences que promet l’exposition Parfums d’Orient qui a pris place au Musée national de Riyad en Arabie Saoudite. Après l’institut du Monde arabe qui en est l’instigateur, cet événement a voyagé en Orient, lieu éponyme, dont les senteurs sont mises en valeur à travers près de 200 œuvres.

Entre fragrances florales et épicées, vestiges historiques en lien avec le thème ou portraits photographiques, cette exposition parcourt les preuves de l’ancrage historique de l’usage du parfum et de sa production dans les terres d’Orient.

Le visiteur découvre de lui-même les odeurs mises en avant tout au long de son parcours. Appuyant sur un bouton, il est invité à sentir les effluves de roses, de fleurs d’Oranger ou d’ambre.

Parcourant un cycle olfactif, il découvre l’évolution des senteurs au fur et à mesure des ajouts d’éléments parfumés à la base de safran ou de oud et explore l’illustration de l’importance de rituels en lien avec le parfum. Différentes cultures sont évoquées à travers des photos, des productions visuelles et manuelles, des accessoires inhérents à l’art de se parfumer.

Dans un des pavillons, des vendeurs de parfums et d’encens (qui occupent des pans entiers de commerces traditionnels) prennent la parole à travers des extraits de documentaires. Dans un autre, les hommes de la province saoudienne Jizan démontrent la symbolique des accessoires floraux dont l’usage est, chez eux, conjugué au masculin. Dans un autre espace, le visiteur découvre des réalisations à base de jasmin sambac qui reflètent un savoir-faire ancestral maniant les fleurs en vue de l’utilisation festive de leurs beautés et de leurs senteurs.

A travers cette exposition qui se produit en Arabie saoudite, sont mises en valeurs des traditions locales et des artistes s’intéressant au thème à l’honneur. C’est le cas de Reem Al-Nasser la Saoudienne qui met en avant un aspect culturel de la région du sud du pays dont elle est originaire. En effet, à Abou Arich les fleurs font partie de l’histoire et des rituels où, du jasmin d’Arabie, on fait des tenues et des accessoires pour femmes.

Illustrations de l’attachement à la manière d’être et de la symbolique de l’hospitalité, les senteurs s’hument et se font l’incarnation d’un pan social et historique des cultures d’Orient. Cette exposition qui s’est tenue en premier à l’Institut du Monde arabe à Paris voyage et fait vivre au visiteur ses pérégrinations olfactives et culturelles.

Parfums d’Orient se tient au Musée nationale d’Arabie saoudite à Riyad du 21 mai 2024 au 14 septembre 2024.

Ateliers d’écriture, l’art de dynamiser le monde de l’édition

La Commission de la littérature, de l’Edition et de la Traduction est un élément majeur de la scène culturelle en Arabie Saoudite. C’est un organe acteur dans la promotion, la régulation et la dynamique de production de livres.

Parmi les actions réalisées par cette commission, des ateliers créatifs en faveur des passionnés d’écriture. En mai, à Riyad, trois thèmes ont rassemblé des dizaines de personnes autour des sujets suivants : littérature jeunesse, littérature de voyage et traduction de contenus philosophiques. L’objectif était d’encourager ceux que l’écriture attire et de leur offrir un accompagnement qui favorise l’élan créatif.

La commission vise aussi à stimuler le secteur de l’édition en lançant des partenariats, des concours et des réflexions autour du monde du livre et de fonctionner comme un vivier stratégique pour le domaine dans lequel elle agit.

C’est cette même commission qui organise tous les ans la Foire du Livre, un événement qui connait une envergure et un essor croissants, avec un nombre d’exposants en hausse et une ouverture à l’échelle internationale.  Lors de la dernière édition à Riyad, deux pavillons internationaux avaient été consacrés à la Chine et à la France (le pavillon français a enregistré la participation de 80 éditeurs).

La commission crée ainsi une communauté d’auteurs aux côtés de ceux qui ont déjà eu accès au monde de l’édition et veille à la mise en place d’un écosystème dans le monde de l’édition fonctionnant comme une passerelle créative et culturelle.

Des agoras en nombre… quand le savoir rassemble

La scène culturelle saoudienne s’enrichie par l’ouverture de nouveaux lieux dédiés à la culture. Parmi ces projets, figure la Maison de la Culture dans la ville de Dammam qui est dirigée par la Saoudienne Najla Al Otaibi. Ce projet a été initié par la Commission des bibliothèques, organe institutionnel pour qui la modernisation sociétale est un des premiers objectifs. Cela se concrétise par des projets de réhabilitation et de création d’espaces dédiés à l’apprentissage, à l’innovation et aux loisirs didactiques. Deux espaces ont été lancés, 6 autres accueilleront le public bientôt et le lancement de 153 autres maisons de la Culture est planifiée pour les années à venir.

L’ouverture de lieux de lecture et de documentation et la réhabilitation de l’existant dans ce secteur vise à mobiliser l’élan créatif et faciliter l’accès à la culture. C’est le cas également de Amakan, un lieu conçu comme un rendez-vous avec la parole et ceux qu’elle intéresse. Des rencontres avec des personnalités actives dans plusieurs secteurs sont prévues à la manière de tables rondes dans la décontraction et la convivialité. C’est le cas également des « Discours des Librairies », des événements qui mettent le partage de différentes expertises au centre des débats publics.

Cette même approche de partage et de diffusion de la connaissance se retrouve également dans le cadre d’un événement de grande envergure : Le Congrès de la philosophie, une occasion d’échanges et partage de savoirs autour de penseurs et d’idées. Autre lieu dynamisant le secteur culturel : L’Art pur Foundation, une réalisation fédératrice qui joue le rôle de catalyseur d’énergies au profit de la conscience culturelle et artistique. Plusieurs actions sont menées par ce réseau pour promouvoir et encourager les artistes à travers des expositions et des ateliers.

Un parcours jusqu’à 2030 jalonné de projets éditoriaux et créatifs, voilà ce qui se dresse comme élément principal au niveau de la scène culturelle saoudienne.  Stimuler les esprits créatifs et les accompagner est au centre des missions de différents organes mis en place stratégiquement et bénéficiant des budgets nécessaires à leur efficacité.

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