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Iamque non umbratis fallaciis res agebatur, sed qua palatium est extra muros, armatis omne circumdedit. ingressusque obscuro iam die, ablatis regiis indumentis Caesarem tunica texit

Belaid 5 ans après

Il y a 5 ans, mourait l’homme et naissait un symbole. 5 ans en lesquels nous avons tissé notre propre rapport avec l’Histoire. Nous avons, d’une manière plus inclusive, vécu notre appartenance à notre pays. En a résulté une relation autre avec la patrie, une relation nouvelle pour la génération qui vivait les fêtes nationales comme de simples jours fériés.
Nous avons vu de grands hommes connaître l’immortalité des icônes, nous avons vécu leurs sacrifices, connu, grâce à eux, les grandes émotions qui en découlent. 


En cette période transitoire qui se poursuit, l’édifice national continue de se construire. Nos martyrs contemporains en sont la pierre angulaire. Quelle chance pour nous autres d’être à la fois dans le présent et dans l’Histoire. De grands hommes ont rendu cela possible. Notre rôle à nous est de traduire notre redevabilité en devoir de mémoire… Pour que rien ne soit oublié!

La Tunisie entre révolte sociale et promesses politiques

La Tunisie a vécu, la semaine dernière, plusieurs nuits d’émeutes, avec des protestations nocturnes qui ont touché différents gouvernorats.

Ces manifestations avaient pour objectif de dénoncer, d’une manière pacifique, la hausse des prix, mais ont été émaillées par des actes de vandalisme, des vols et de la violence.

A l’origine de la crise :

Tout a commencé avec un hashtag: #fechnestannew » (Qu’est-ce que nous attendons?) qui se voulait comme un appel à l’action lancé à l’ensemble des Tunisiens. Pour dénoncer la cherté de la vie, une mobilisation d’abord virtuelle ensuite sur le terrain a eu lieu.

Les éléments de la société civile qui composent ce mouvement ont bénéficié de l’appui de certain partis politiques, à l’instar du Front populaire, et d’autres parties hostiles à la Loi de Finances 2018 et aux diverses hausses en droits, taxes et impôts qui lui sont inhérents.

En effet, compte tenu des augmentation des droits de douane, du droit de consommation, de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), des répercussions sur les prix des produits de consommation et sur les services sont à attendre en Tunisie.

Est pointé du doigt le gouvernement, Youssef Chahed, jugé coupable quant au devenir des classes moyennes et pauvres, les plus touchées par les augmentations à envisager.

Demandant l’abrogation de la Loi de Finances et des dispositions visant à soutenir les classes pauvres, les acteurs du mouvement « Fech nestannew », clament que ce n’est pas au citoyen de payer les frais de la mauvaise gestion économique et de la faillite politique tunisiennes.

Du pacifisme au vandalisme:

Si l’idée de protester contre les augmentations des prix était du goût de nombreux Tunisiens, la tournure qu’ont prise les manifestations est loin de faire l’unanimité. Et pour cause, des vols, des braquages, des altercations musclées avec les forces de l’ordre et de nombreux dégâts matériels enregistrés.

Dans la nuit du lundi 8 janvier, un manifestant est mort à Tebourba, à une trentaine de kilomètres de Tunis. Victime d’une intervention en force de la police ou d’un problème de santé comme cela a été avancé par le ministère de l’Intérieur ensuite? Rien n’est clair! Le rapport d’autopsie n’ayant pas été révélé encore, aucune affirmation ne peut être avancée.

Par ailleurs un bilan avancé par le porte-parole du ministère de l’Intérieur fait état de 96 policiers blessés, 87 véhicules sécuritaires endommagés et de nombreux dégâts matériels ayant touché des postes de police, banques et divers commerces.

Autre fait majeur, deux synagogues ont été la cible d’attaques au Molotov, à Djerba. Cinq suspects ont été interpellés.

Selon la même source, près de 800 personnes ont été mises en garde à vue, depuis le déclenchement des heurts entre forces sécuritaires et jeunes, dans plusieurs régions du territoire tunisien.

Parmi les personnes arrêtées, un grand nombre ayant entre 15 et 20 ans; d’où le doute émis par certains par rapport à la nature dite spontanée des manifestations.

Certains casseurs auraient été payés. C’est ce qui ressort d’une enquête ayant abouti à l’arrestation du directeur d’une maison de Jeunes dans un village tunisien. Celui-ci aurait payé des personnes pour qu’elles rejoignent les manifestations et saccagent, à leurs passages, des biens privés et publics.

Vers une crise politique?

Dans ce contexte tendu, les signataires de l’Accord de Carthage qui a abouti à la mise en place du gouvernement actuel, jusque-là d’accord sur l’impératif de stabilité politique, commencent à diverger.

Selon le conseiller politique auprès du président de la République, Nidaa, le parti au pouvoir, a appelé ouvertement à un remaniement ministériel.

Le parti Al Jomhouri a annoncé, dans la même semaine, sa décision de boycotter les réunions du Pacte de Carthage. Le parti en question a déclaré ne plus vouloir collaborer avec des représentants de partis ayant généré la crise économique actuelle.

Machrou Tounes, le parti de l’ancien secrétaire général de Nidaa, a exprimé des réserves par rapport à son adhésion à l’Accord de Carthage.

Le parti Afek Tounes a, quant à lui, choisi de s’en retirer. S’en est suivi un conflit intérieur entre ses propres leaders dont certains font partie du gouvernement.

L’opposition à dos:

Lors d’une visite à la délégation d’EL Batan (Banlieue de Tunis), le chef du gouvernement a accusé le Front populaire de profiter des derniers événements.

Ces accusations ont été réfutées par le parti en question et jugées dangereuses car recelant une diabolisation dangereuse et non fondée.

Tel est également l’avis de Samia Abbou, membre du Courant démocrate, qui a mis en garde contre le danger de rendre coupables des partis de l’opposition qui cautionnent la campagne contre la hausse des prix et non les actes de violence.

Attaquant les politiques semeuses de fausses promesses, Moncef Marzouki, chef du parti Harak, a qualifié de nécessaires les manifestations qui secouent la Tunisie.

Certains partis de l’opposition à l’instar du Front populaire ont même appelé au départ du gouvernement et à l’organisation d’élections législatives anticipées.

Un risque d’instabilité politique pouvant affecter l’image de la Tunisie, comme cela est déjà le cas avec des manifestations dont la tournure prise a fait oublier la légitimité.

Communication officielle court-circuitée:

Dans cette crise, face-à-face entre la classe politique et une frange de citoyens mécontents, est pointée du doigt la presse étrangère.

C’est le président de la République lui-même qui a accusé celle-ci dans son discours à l’adresse des signataires de l’Accord de Carthage, lors de leur réunion du 13 janvier.

Selon Béji Caïd Essebsi, les médias étrangers n’ont fait qu’amplifier lesdits événements, exagérer les faits et salir l’image de la Tunisie.

Plus tôt dans la semaine, l’ONG Reporters sans Frontières dénonçait, dans un communiqué, la pression qu’auraient subie des journalistes couvrant les événements tunisiens.

Ainsi le correspondant du journal Libération, Mathieu Galtier, a dû se présenter au poste de police après une visite des forces de l’ordre à son domicile. Cela faisait suite à sa couverture la veille des manifestations nocturnes de Tebourba, non loin de la capitale.

Au journaliste français, les policiers auraient demandé le nom de ses « sources », afin de retrouver la trace des manifestants qu’il aurait interviewés.

Sur la blogosphère locale, on reproche à la couverture internationale des faits tunisiens, une forme d’exagération faisant l’amalgame entre casseurs et manifestants et forçant le trait des revendications sociales jusqu’à en faire un risque imminent pour la stabilité politique de la Tunisie.

Des mesures pour contenir:

Pour tenter de contenter la population lésée et de contenir le mouvement de rébellion, le ministre des Affaires sociales a annoncé, le 13 janvier, une série de mesures. Ont ainsi été décidées: l’augmentation des allocations sociales réservées aux familles nécessiteuses (celles-ci passent de 150 dinars à près de 200 dinars, selon le nombre d’enfants à charge), la gratuité des soins de santé pour les chômeurs, des dispositions pour faciliter l’accès aux crédits immobiliers au profit des personnes aux revenus non permanents.

Au lendemain de ces annonces, deux coups de com’ importants avec comme cible: les jeunes. Le président de la République inaugure un espace pour les jeunes à la cité Ettadhamen, quartier populaire de la capitale et le chef du gouvernement rencontre des jeunes dans un centre de formation de Tunis.

Au programme, des discours visant une réconciliation avec cette frange de la population à travers laquelle les mouvements de contestation ont commencé et à qui on promet une attention accrue en 2018.

De son côté, la centrale syndicale qui s’est plutôt rangée du côté du chef du gouvernement, s’est surtout montrée préoccupée de l’image qui se dégage des tentions sociales. Devant des centaines de manifestants réclamant « la chute de la loi de Finances 2018 », son secrétaire général a appelé au dialogue et à l’écoute.

Le soir même, les tensions ont éclaté de nouveau dans plusieurs quartiers de Tunisie…

 

Fin de la crise?

Fruit d’un hashtag, appel à l’action et à la rébellion, les manifestations nocturnes ont suscité une grande indignation de la part de nombreux Tunisiens.
Le ministère de l’Intérieur y a répliqué par un autre hashtag : #nedétruispastonpays.
La sphère de la mobilisation virtuelle est pourtant bien dépassée et le Tunisien qui a déjà essayé la contestation et gagné une bataille contre la dictature croit plus que jamais en le pouvoir subversif de la révolte populaire.
Les promesses lancées par le président de la République à l’adresse des jeunes, lors de la commémoration de la révolution du 14 janvier, sauront-elles calmer les tensions et apaiser les esprits?
La Tunisie attend peut-être davantage pour croire, de nouveau, en la démocratie qu’elle a réclamée et elle-même instaurée. Vivre en dignité, cela y demeure encore un rêve insaisissable pour de nombreux citoyens. Les prochaines étapes électorales seront l’occasion pour ces Tunisiens d’exprimer colère et désir de changement.

 

Publié sur Le Monde Afrique: La Tunisie à l’épreuve des tisons de la discorde

La Tunisie vit au rythme de tensions nocturnes. Protester contre une vie qui devient de plus en plus chère, a tourné aux émeutes. Les manifestations ont favorisé le chaos généré par des casseurs et ont abouti à des pillages et à diverses scènes de sauvagerie.

Le citoyen qui voulait lancer un time’s up n’y est pour rien. Ses propres contestations lui échappent pour profiter à des intrus. Son message de colère a été parasité par des affrontements qu’il n’a pas cherchés. De victime il devient coupable.

Pourtant, on lui avait expliqué, lui, qui fait ses premiers pas en démocratie que la dictature mise à bas, sa voix était plus audible, que ses gouvernants ont changé, qu’une oreille lui est tendue, lui le centre de la démocratie.

Tout a changé depuis, tout sauf ses gouvernants. Certes, les visages ont changé, mais un air de rupture persiste.

Un terrain inflammable:

Obnubilés par leurs partis, les dirigeants ne raisonnent qu’en enjeux électoraux, leurs discours bourrés de promesses ont cessé d’enchanter depuis longtemps, leurs paroles ne peuvent plus duper personne et leur incapacité à gérer des aléas se déroulant, désormais, d’une manière providentielle est sue de tous.

Il suffit de regarder les grands faits de la semaine pour visualiser ce décalage entre les deux composantes majeures de la démocratie: les citoyens et la classe politique. Les premiers crient à qui veut les entendre que l’inflation les a épuisés, que la loi de Finances dernièrement votée a fini par les abattre, eux, leur pouvoir d’achat et leurs rêves de dignité. La deuxième, sans classe aucune, est obnubilée par les affaires partisanes. On lit dans la presse que « de  nombreux ministres ont rallié le parti au pouvoir », Nidaa, parti sans pouvoir qui n’en a pas fini de lutter contre ses propres démons.

L’Etat est à l’épreuve des tisons de discorde. Que les contestations soient orchestrées ou spontanées, la classe politique doit composer avec. Car la gouvernance d’après-révolution a fait de la Tunisie un terrain inflammable, un feu parti spontanément ou d’une manière préméditée risque, en pareil contexte, de prendre. L’autarcie ne profitera qu’aux pyromanes.

Aucun message politique fort n’a été lancé: pas de discours de crise bienveillant pour calmer le mécontentement, pas de discours de crise intransigeant pour dire halte à ceux qui risquent d’amener le pays vers le chaos. Niet! Nous baignons dans le creux. Aux creux de la vague, tous! Gouvernants et gouvernés et de notre rupture, nous ferons notre perte.

La faillite d’un système:

Avons-nous compris la démocratie? Ni les-uns ni les autres ne l’ont fait visiblement. Ni ceux qui ne veulent pas attendre des élections pour agir positivement en faveur d’un changement, ni ceux qui n’ont rien fait pour revoir leur mode de gouvernance.

Dans cette Democracy land exemple, mais loin d’être exemplaire, un monde sépare les principaux protagonistes de la prospérité promise et d’une dignité, à défaut, compromise. L’expérience d’un président qui a la bosse de la politique et la jeunesse d’un chef de gouvernement loin d’y avoir roulé la sienne n’ont pas pu lutter contre la faillite d’un système qui s’est laissé gangréner par les partis et leurs aspirants au pouvoir.

Car peut-être qu’un discours maîtrisé aurait pu calmer, convaincre sans chercher à amadouer, contenir sans écraser. Il suffisait peut-être de communiquer, de gérer le discours de ministres à qui des portefeuilles ont été offerts rien qui pour leurs appartenances partisanes.

Aux mains des néophytes, après une nuit de contestations et de violences, la Tunisie a la gueule de bois. Ses gouvernants sont éméchés par le pouvoir, son peuple est enivré par des effluves démocratiques vaporeusement insaisissables. Y plane comme un relent d’inconnu et un air de révolte.

 

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Publié sur Le Monde Afrique: Les sociétés arabes ont-elles aboli l’esclavage?

L’affaire défraye la chronique depuis plusieurs jours: des candidats à la migration clandestine vendus comme une vulgaire marchandise en Libye. Oui, en 2017, pour quelques centaines de dollars, il est possible de vendre une vie humaine, tarifée selon la puissance physique du concerné. L’on vend en effet, des vies, un passé, un avenir, un état d’âme ramené au plus bas historique, l’on vend au plus offrant une Histoire de l’humanité qu’on pensait avoir vu évoluer, l’on vend la part d’humanité que l’on croyait évidemment ancrée en chacun de nous.

Des citoyens issus de Nations qu’unissent des traités et des protocoles criminalisant la traite des humains (voir Protocole de Palerme ), sont les nouveaux vassaux. Et face aux tares historiques, aux écarts culturels, aux pratiques plus ou moins tolérées selon l’emplacement géographique, nous cessons de faire unité. Le Nous se disloque face à la misère humaine, l’empathie face à l’Autre et à sa détresse cédant la place au profit, au cynisme, à l’animal.

Otages d’un système archaïque:

Ils sont nombreux à être encore traités comme des sous-hommes et des sous -femmes dans des sociétés vues d’un point de vue macro comme modernistes. D’un point de vue micro, les pratiques les plus abjectes y continuent d’exister.

Malgré une loi contre la traite des hommes adoptée en 2016, dans la Tunisie profonde, de  nouveaux rentiers continuent de sévir.

En Tunisie, le premier pays arabe à avoir aboli l’esclavage il y a de cela plus de 170 ans, le commerce des aides ménagères n’a jamais cessé d’exister. Des fillettes continuent d’être « vendues » via des intermédiaires par des parents peu scrupuleux que seul intéresse la rente mensuelle gagnée de pareilles transactions. La pauvreté est-elle une raison pour laisser partir son enfant, des fois mineur, vers l’inconnu? Malheureusement, pour beaucoup, la réponse est oui.

Cela se fait au vu et au su de tous. Les dimanches, à quelques centaines de kilomètres de la capitale, des familles partent à la recherche de misérables fées des logis. A leur accueil, des énergumènes qui s’improvisent intermédiaires entre des individus pratiquant la loi de la jungle. Le plus souvent elles sont livrées contre leur gré moyennant une commission et un salaire de misère qu’elles ne perçoivent même pas, car expédié directement au père de famille.

Dans d’autres cas, celles-ci sont heureuses de quitter leur misère matérielle ignorant la misère morale qui les attend. Qu’importe pour elles qui voient comme est sordide le devenir des femmes les plus affranchies de leur entourage! En effet, dans ce monde loin du monde, pour beaucoup, il ne s’agit pas d’avenir mais de devenir, pas de choix mais de fatalités. Des femmes libres à l’échelle nationale et d’un point de vue législatif se retrouvent otages d’un système social aussi archaïque qu’anachronique. Une configuration selon laquelle elles sont instrumentalisées par des époux véreux les faisant travailler pendant qu’eux jouissent du statut de chômeurs assistés. N’est-ce pas là l’un des visages de l’esclavagisme ?

Frissons de circonstance:

Et ce n’est pas mieux ailleurs. En Mauritanie, une codification sociale essentiellement raciale sert de prétexte à l’esclavage. L’indignation très épisodique de la communauté internationale n’a pas aidé à mettre fin au fléau. Peut-être a-t-on besoin d’une vidéo qui buzze pour en finir avec pareils crimes contre l’humanité.

Des vidéos choc, ce n’est pas ce qui a manqué au Liban où la maltraitance des personnels de maisons de nationalités étrangères sévit et a fait des victimes. De nombreuses dénonciations y avaient ainsi fait écho au suicide d’une aide ménagère éthiopienne après de nombreuses agressions infligées par son employeur. C’est aussi dans ce pays des plus en modernes des pays arabes qu’une autre forme d’esclavage a été publiquement dénoncée après le démantèlement d’un réseau de trafics d’êtres humains ayant fait de nombreuses réfugiées syriennes des esclaves sexuelles.

En réalité, l’esclavage n’a jamais cessé d’exister. Ce sont juste les manières de le pratiquer qui ont muté et cela n’est pas le propre des sociétés matériellement fragiles.

La preuve dans les riches pays du Golfe. Des travailleurs étrangers y sont traités comme des sous-hommes. Leurs passeports confisqués, ils sont la proie de familles sans scrupules les exploitant sans le moindre respect de leur dignité humaine.

Cela fait l’objet de tollés à la suite de quelques reportages dénonciateurs ou après de tragiques faits divers. L’un des plus récents a eu lieu il y a quelques mois, lorsque sur la toile a été diffusée la vidéo d’une travailleuse éthiopienne chutant d’un bâtiment. La scène filmée par l’employeuse fait froid dans le dos. Des frissons de circonstance ne débouchant sur aucun changement pour des milliers d’étrangers partis chercher du travail au pays de l’or noir et n’ayant retrouvé qu’une misère humaine aliénante.

Une misère instrumentalisée:

Dans nos sociétés arabes modernes , plusieurs années après l’abolition de l’esclavage, la servilité se poursuit faisant abstraction des lois internationales et d’éthiques censées être universelles. Le nouvel esclavage est ce moyen banalisé qu’ont trouvé de mieux nantis pour instrumentaliser la misère des plus faibles. Il se pratique en marge d’un monde que l’on pensait avoir changé et de mentalités se révélant immuables comme la misère humaine.

La scène filmée par une journalisme américaine en Libye a certes choqué. Le monde effaré a découvert que, quelque part sur terre, l’esclavage existe encore, au vu et au su de la foule complaisante. Alors que c’est désormais su par la communauté internationale, cela sera-t-il amené à changer? Pas tant que des sociétés entières s’écarteront des normes sociales et éthiques internationalement reconnues. Pas tant que les mentalités rétrogrades et les mauvaises pratiques à l’ancrage social profond l’emporteront sur les législations. Les sociétés développées sont celles dont les moeurs ne sont pas en guerre avec les lois.

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Publié sur Le Monde Afrique: Immigration: Les candidats à la mort et le chant des sirènes

Ils sont nombreux à vouloir répondre à l’appel du nord quitte à prendre le large à bord de dangereuses petites embarcations.  Seul les motive l’espoir d’un avenir différent de celui auquel ils se sentent voués, un avenir vécu comme une fatalité, celle du chômage et de la misère économique et sociale qui en découlent.

Ils sont plus de 12 mille à avoir péri en Méditerranée entre 2014 et juin 2017, une fin qu’ils ont bel et bien envisagée dans l’élaboration de leur projet. Conditions de voyage difficiles, clandestinité, bandes organisées, rien de rassurant pour celui qui paie dans les 2 mille euros en espérant échouer sur  l’autre rive vivant.

Certains y arrivent. La vie qui les attend est souvent loin de la vie espérée. De l’autre côté de la Méditerranée, ils sont loin d’être les bienvenus. Des campagnes se mettent en place du côté italien pour les traquer en pleine mer, pour ralentir le travail des flottes humanitaires tentant de les repêcher, le tout en se faisant aider par des partenaires outre Méditerranée. Le but: faire baisser le flux d’arrivées.

Partenaires très particuliers

Des  parties libyennes ont pu bénéficier de formations et de matériel afin de jouer aux « barrages maritimes ». Ce choix de collaboration fait de la part de l’Italie répond à « une stratégie d’ensemble de l’UE consistant à sous-traiter aux autorités libyennes la tâche d’endiguer la migration vers l’Europe par voie maritime, en dépit des profondes inquiétudes suscitées par le fait que l’on confiait ainsi cette responsabilité à une des parties dans un pays déchiré par les conflits et où les migrants courent le risque de subir d’horribles abus », selon Human Rights Watch. Un reportage réalisé par l’émission L’Effet papillon diffusée sur Canal montrait jusqu’où les autorités italiennes pouvaient aller pour ralentir le rythme migratoire clandestin à défaut de pouvoir le faire stopper.

Ces partenaires très particuliers ont pour objectifs d’intercepter les flottes clandestines, de ramener vers la Libye les personnes repêchées et d’empêcher les navires humanitaires d’agir. Une fois leurs plans mis en échec, les migrants sont entassés dans des prisons improvisées. Des conditions de détention douteuses et un avenir encore plus incertain les attendent. Pratiques inhumaines, violation des traités internationaux par des partenaires mercenaires, l’instabilité politique en Libye est l’argument avancé pour justifier de tels choix.

Bientôt, des éléments de ces brigades libyennes iront se faire former en Tunisie, pour apprendre à mieux appréhender  le flux de départ qu’ils se sont engagés à contrôler.

Et en Tunisie, la situation est loin d’être meilleure. En effet, un récent accident en pleine fait polémique. Le 8 octobre 2017, un bateau militaire a percuté une embarcation d’immigrés au large de Kerkennah. Bilan: 46 morts. Malheureux hasard  ou prise de risque exagérée? La question qui se pose est gênante pour beaucoup de Tunisiens car mettant en mauvaise posture l’armée tunisienne et à mal la relation entre le peuple et ce corps de métier jusque-là préservé et respecté.

Une version des faits donnée par un rescapé fait état d’un acte prémédité à l’encontre des migrants. Version démentie par le porte-parole de l’armée nationale évoquant un accident.

Le sujet n’en finit tout de même pas de défrayer la chronique. Des protestations violentes ont eu lieu dans des villes dont les personnes mortes sont originaires. Le chef du gouvernement a annoncé que l’affaire ne sera pas classée sans suites et que l’enquête déterminera la marge de responsabilité de chacun. Ici, le pathétique fait presque sourire.

Pas de travail, pas de dignité

Démarche honteuse, acte de désespoir pratiqué en secret, l’immigration clandestine est vécue comme un phénomène global, une mouvance dont les composantes sont anonymes, presque innommables. La perception qui en est faite est celle d’un groupe et nom d’individus. Le rejet qui leur est opposé aussi.

Derrière chaque groupe partant, dont le voyage s’achève au contact du sol européen ou au fond des mers les séparant du monde d’en face, il y a des histoires, des familles et des personnes par milliers. A chacun son expérience, son vécu et son devenir. A chacun son lot de désespoir précurseur d’une prise de décision difficile, d’une poignée d’espérances très souvent fausses, de détresse familiale, de doute et de regrets.

Ces personnes et leurs familles se sont exprimées après l’accident tunisien. Sur les ondes des radios, à la télévision, ils ont été nombreux à dire ce qui les pousse à vouloir quitter leur pays et à faire fi du danger de mort qui les guette.

Une mère a avoué avoir payé la traversée pour son enfant de 16 ans et pour cause, celui-ci lui a expliqué qu’il n’a aucun avenir en Tunisie et que si, mourir tel ou tel jour était sa destinée, cela pourrait advenir en mer ou ailleurs. Elle a accepté son choix.

Une jeune fille a appelé au secours afin de convaincre de renoncer à son projet son fiancé qui lui a annoncé sa décision de départ imminent.

Un jeune homme a avoué avoir entrepris les démarches nécessaires à l’organisation du voyage. Pas de travail, pas de dignité. C’est l’argument principal qu’il a avancé, tout comme la plupart des candidats à la mort par noyade.

Des promesses qui sonnent creux

En Tunisie, l’Etat a beau enchaîner les annonces de décisions pour les jeunes défavorisés, un décalage persiste entre la réalité et les promesses et très souvent cela sonne creux. Les organismes internationaux tentant de remédier aux « vagues d’envahissement » ont beau dépenser des fonds pour des projets visant à éviter les mouvements de départ, rien n’y fait!

Le chant des sirènes se joue désormais sur de nouvelles gammes et il n’en a pas fini de faire des émules suicidaires. Outre l’argument financier dissipé par la réalité des difficultés économiques quasi mondiales, c’est un autre argument qui pousse désormais certains vers l’esquive: la recherche du respect, de la dignité, de la préservation des droits…

Des valeurs morales que l’on dit ne pas trouver chez soi et que l’on pense naïvement trouver chez l’Autre; cet Autre prêt à tout, pourtant, pour ne pas voir arriver ceux qui ne rêvent que de départ.

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Bras de fer État-Mafia…Trop tard?

Les arrestations en série qui ont eu lieu hier ont lancé dans le pays un vent d’euphorie générale et d’espoir quant à une action gouvernementale qui a tardé à venir. Combattre la corruption n’est pas chose aisée, compte tenu d’un contexte de fragilité générale et d’un risque élevé, cela ne pouvait donc pas être contenu sans calcul des dégâts.

Il a fallu attendre la sortie médiatique de Imed Trabelsi, neveu de l’épouse de l’ancien président déchu, en prison depuis la révolution et du grabuge à Tataouine (encore une fois) pour réagir.

Pourtant cela fait plusieurs années que Imed Trabelsi a « parlé », plusieurs années qu’il est en prison et qu’il a été écouté. Peu de têtes tombées depuis et trop d’inconnus ayant pris la grosse tête malgré les suspicions autour d’eux, de leur pouvoir et de leur fortune.

Ceux-là ont pu s’impliquer dans la politique, financer des partis, narguer le peuple publiquement sur plateau et infiltrer le pouvoir en Tunisie d’une manière indirecte. Il y en a même qui a tenté de devenir président de la République!

Ils ont étendu leurs tentacules et la pieuvre dont on pensait les Trabelsi être la tête en a eu plusieurs autres, affichant sans scrupules ni crainte, leur arrogance.

Combattre la corruption en devenait plus difficile. Une instance dédiée à cette lutte ne suffisait plus pour combattre l’hydre ravageuse. Le pouvoir de la dénonciation, l’impact de l’action personnelle devenant multiple, les spots télévisés, le désarroi d’un président de l’INLUCC désabusé et éprouvé n’y pouvaient rien. La corruption a gangréné le système et a gagné en vigueur.

Elle a été (comme l’appel de l’extrémisme religieux) une voie entrainant dans sa frénésie occulte des faibles que n’importe quelle force attire, même contre l’Etat, celui de son propre pays.

Et l’Etat voyait sans agir. Aucun signal fort donné. Aucune volonté de mettre à bas ce système. Le parallèle a poursuivi son chemin sans être dérangé. Les lobbies sont devenus quasi publics.

L’étendue des dégâts potentiels plus importante et la force alimentant la volonté politique en a été affectée.

Pourquoi maintenant? Pourquoi eux? Ce ne sont pas des questions rabat-joie, mais de vraies interrogations susceptibles d’être posées. La crainte que le tout se solde par des relaxations et des non-lieux est légitime aussi. A force de constater le laxisme on finit par ne plus croire en la force de l’action.

Ceux qui ont une action politique envisagée ont compris que c’est à l’intérieur de la Tunisie qu’il faut agir, que la population la plus influente en nombre et en impact de nuisance est là, au fin fond de ce pays, non à sa surface urbaine visible. Ils ont organisé leur réseau interne et régional, préparé le terrain pour devenir le marionnettiste de cette Tunisie que l’on mène vers des enjeux calculés, pendant que d’autres parties, d’autres partis, avancent à vue d’œil et à force d’idéaux politiques beaux à voir et creux dans leur exécution.

De l’injustice sociale ceux-là ont fait la force de leur lobby et des plus faibles une machine de guerre à manier au besoin pour bloquer l’Etat.

Acculé, face à des enjeux politiques à venir, une ambition de plus en plus dévorante, et une structure aux allures de nouvelle mafia, l’Etat a préféré attaquer au lieu de se laisser prendre dans les filets de la bête hideuse. La guerre contre la corruption sera-t-elle complète, accomplie ou partielle et inachevée. La Tunisie suit cela, les doigts croisés et l’attention totale. Les scènes de chaos d’El Kamour et la corruption connue de tous et invérifiable pour les autorités, ont affaibli la perception du pouvoir, l’ont fait basculer du mauvais côté et ont attisé l’attente d’une guerre qui devait être déclarée. Il en allait de la crédibilité d’un Etat qui a été mis à l’épreuve à plusieurs reprises. La corruption ne peut pas gagner la partie, pas en Tunisie, pas après 6 ans de révolution, autrement, nous aurons tout perdu…

Peu importent le timing et ses raisons, ce que nous vivons est une évolution; une vraie révolution qui se vit depuis hier et qui pourrait sauver, à long terme, la Tunisie.

 

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La Tunisie et le cercle vicieux de la petite histoire

Imed Trabelsi au centre de l’actu. Le clan Ben Ali refait surface et ce que l’on constate après le passage télévisé du gendre de Ben Ali, c’est que le malaise vis à vis de ceux qui ont pillé le pays est encore vif.

Son intervention dans le cadre des auditions de l’IVD a remué dans la plaie le tranchant couteau de la corruption et celui de l’impunité. Des noms lancés à demi-mots, un rappel des injustices orchestrées, un aveu des erreurs, une volonté de dénoncer les souteneurs d’un système qui n’a pas cessé d’exister… Imed Trabelsi est le signe des défaillances de la Tunisie par rapport à ce que l’on constate comme abominations mais que l’on ne daigne pas changer.

Les mafieux d’hier ont été réintégrés par la force vile d’une présence médiatique suscitant l’amnésie des téléspectateurs citoyens. Ils ont pu recouvrer ainsi une image publique neuve, astiquée au fil des présences sur plateau et réintégrer la sphère des décideurs politiques et économiques.

Le peuple qui assiste à cette seconde ascension, est, lui, tiraillé entre pardon et rancoeur. Pardonner pour que l’économie reprenne des forces, l’argument qu’on lui avance est faussé par la réalité qu’il constate: les mafieux d’hier sont toujours aussi proche de la sphère du pouvoir qui les attire; pardonner pour des raisons économiques risque de les faire revenir une fois réhabilités vers la politique. Cercle vicieux dans lequel la Tunisie tourne infernalement et qui nous ramène tous vers la case départ.

Même case départ que rappellent les incidents d’El Kamour. Le sud tunisien s’embrase et les champs pétroliers sont la source de la flamme que l’on peine à éteindre. Sont-ce les plus démunis ou les plus aigris qui s’insurgent? C’est du pareil au même. Même s’il s’agit de manifestants payés pour agiter la Tunisie comme veut le présenter la thèse plutôt « complotiste », cela n’en est pas moins révélateur de la défaillance politique. La fragilité du système ne peut être anodine et rien ne pourrait justifier ces faiblesses.

Impliquer l’armée pour calmer les revendications ne fera qu’épuiser un des corps vitaux du pays dans une guerre qui n’est pas censée être la sienne. L’armée a-t-elle à guérir à coup de lacrymogènes les erreurs des politiciens, leur guerre de communication, leurs alliances stratégiques et leurs calculs égocentrés? Les symptômes précurseurs de la crise d’El Kamour étaient bien visibles et la prédisposition là, augurant de soulèvements probables et de population inflammable, de rancune pour le passé et de déception par rapport à une réalité toujours aussi laide, à tous les niveaux. Qu’attend-on d’un peuple dont la patience a été abusée?

Nous sommes encore en transition et les transitions se font sur la durée. Elles sont susceptibles de durer des années, des dizaines d’années. Soit! Mais les rêves que l’on a distribués en guise de promesses électorales, une fois tournant au cauchemar, ne peuvent que susciter l’impatience. Les querelles politiques soldées à force de promesse de changements radicaux ne peuvent qu’engendrer le désenchantement. Et l’on a assez du désenchantement. Cela peut nous faire tourner vers l’ennemi, à défaut d’avoir trouvé un allié en celui qui tient les commandes.

Un Tunisien en est mort aujourd’hui, écrasé, semble-t-il, pendant une manifestation réclamant le travail et la dignité, selon une thèse et cherchant à créer le chaos dans le sud de la Tunisie pour des raisons politiques, selon une autre. Peu importent les raison, un Tunisien est mort aujourd’hui et le chaos est là, guettant le pays pour des raisons occultes peut-être mais aussi pour une autre apparente: L’injustice sociale nourrit tant de vices. Peut-être devons -nous garder cela comme credo en attendant que l’orage passe et que l’on passe à un autre chapitre d’une Histoire qui, pour l’instant, ne fait, à plus d’un égard, que se répéter.

Nous sommes en proie aux querelles politiques, au non-respect des limites, à la goujaterie générale, aux ambitions dévorantes, à l’autisme politique. Ceux au pouvoir en deviennent le maillon le plus faible; la conjoncture les met à rude épreuve jusqu’à les faire éjecter et changer les-uns par les autres n’y changera rien.

Nous sommes condamnés, pour l’instant, au cercle vicieux de la petite histoire. Nous y tournons d’une manière indéfinie en espérant un secours qui peine à venir de nous-mêmes, cette entité aussi multiple qu’à elle-même étrangère.

 

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Les 5 raisons qui font de Macron un vecteur d’espoir (et pas qu’en France!)

Il est en poste depuis peu, mais dès l’annonce de sa victoire, nombreux sont ceux qui ont perçu son accession au pouvoir en France comme un message positif. Mis à part les avis de ceux hostiles au personnage et sceptiques quant à ses ambitions, qu’est-ce qui fait de Macron, un vecteur d’espoir?

1- Jeunesse peut!

Qui a dit que jeunesse rimait avec inexpérience? Adieu les clichés réservant les postes de décision en politique à des adultes vieillissants! A 39 ans, il a pu devenir président de la République. De quoi faire de sa jeunesse un atout et capitaliser sur une expérience vous correspondant et au cours de laquelle vous pouvez donner le meilleur de vous-mêmes pour un résultat à la hauteur de vos ambitions.

2- L’ambition n’a pas de limites!

Il a eu comme objectif de devenir président et a tracé vers son objectif. Qu’il ait eu des personnes derrière lui ou qu’il y soit arrivé par la force de sa volonté, il y est et le fait d’y être le confirme: Vous avez les moyens de vos ambitions! Et pour ce faire, il ne s’agit pas de rêver grand mais de miser grand sur soi et de travailler dur pour atteindre vos objectifs.

3- Nous sommes tous une potentielle classe politique!

Vous êtes déçus par les décideurs? Vous pensez qu’un hiatus sépare gouvernants et pauvres gouvernés? Vous avez eu la preuve que la classe politique n’est pas un monde si lointain dans lequel il vous est impossible de vous projeter et auquel il vous est difficile de vous identifier. Vous avez vu l’équipe Macron à l’oeuvre? Ils ont votre âge, ils sont un melting pot, ils sont hommes et femmes et ils ont des cursus universitaires et professionnels vous ressemblant. Alors quand vous les avez vus fouler le tapis rouge à l’Elysée, vous vous êtes imaginés à leur place? Vous n’êtes pas fous! Dans un monde plus réaliste que celui des bisounours, vous pourriez être les décideurs d’aujourd’hui!

4- Le changement est à portée des urnes!

On disait la France sclérosée par des système figés et une rigueur dans la gouvernance. C’était sans l’air de changement qui a soufflé récemment. Qu’il soit positif ou au constat mitigé, le changement est là! Il dresse le portrait d’une France nouvelle respirant l’optimisme et les réformes. L’engagement politique a permis de créer du changement par les votes et d’éviter surtout le pire à la France et au monde. La voix du citoyen en revêt toute sa grandeur.

5- Le système n’est pas figé!

Gauche, droite, centre. Les répartitions idéologiques sont en marche vers un changement de perception et d’efficience. Il arrivait sans parti et a réussi à se frayer un chemin parmi les plus anciens. Macron a prouvé que la politique change et que les citoyens attendaient plus d’efficacité que d’idéologie. Pourvu que le système suive pour des résultats rapides.

A vous d’exploser vos potentiels et de plonger définitivement dans l’espoir du demain à portée de main!

Romans tunisiens: Vous avez aimé Ettaliani? Vous aimerez Barguellil de Mahfoudh

Lorsque l’on finit de lire Le chant des ruelles obscures on se pose une question plutôt naïve: Quelle est cette magie qui vous fait rentrer tout un monde dans cet ouvrage de 167 pages? Car la magie est là et elle opère dès l’augure!

L’histoire de Barguellil, héros dont le sobriquet juxtaposé au titre est un oxymore lumineux est relatée dans les détails. Le récit qui en est fait imite le cheminement de sa vie, sinusoïdale, oscillant entre succès et re chute.

Ahmed Mahfoudh, en auteur esthète, a fait côtoyer deux mondes à travers son personnage clé. Le premier est virtuel, romanesque, fruit de son imagination nourrie elle-même de souvenirs d’un Tunis qu’il ressuscite. Le deuxième est réel, il est l’intertexte tangible, témoin d’une époque.
En figure connue du mezoued, le héros de Mahfoudh parcourt un monde narratif ponctué de détails historiques et culturels réellement tunisiens: le récit qui débute dans les années 70 et se poursuit jusque l’avant-révolution, a pour espace spatio-temporel l’histoire de la Tunisie, de ses faubourgs, de son urbanisme en mouvement, jusqu’à sa côte djerbienne.

Entre obscurité et lumière, odeur de gomme arabique, jeux d’enfants, et heurts d’adultes, Mahfoudh fait revivre tout un monde, en fait revivre l’essence, à force d’images et de descriptions minutieuses. Les déboires de l’artiste, de son enfance perdue à l’adulte sans objectif ou presque qu’il devient sont une pérégrination dans la ville à laquelle il nous invite. Un voyage dont il est le prisme, voyage ponctué de faits réels, de noms réels, imprégné de réalisme rendant réalistes des personnages que l’auteur crée pourtant de toutes pièces.

Ici se côtoient Fadhel Jaziri, Lotfi Bouchnaq, Habbouba, le clan Ben Ali, Smaïl Hattab dans une maîtrise savamment orchestrée. Ici, Tunis, prend forme, forme humaine et féminine, envoûtante, décadente, magicienne et ensorceleuse.

Le sort du héros n’y change rien et le tragique marquant sa vie sisyphéenne n’empêche pas la tonalité colorée se dégageant du récit qui en est fait.

Barguellil, fils de la médina, échappe aux codes et aux stéréotypes. Il accompagne le lecteur dans un parcours atypique au fil de la Tunisie et de son histoire, au son du mezoued, au goût de Mornag et au leitmotiv musical et poétique. Une poésie d’un autre temps, pour un roman au ton novateur ayant obtenu récemment le Prix du jury Comar 2017.

Un ouvrage bien tunisien qui en rappelle un autre: Ettaliani. L’on a l’impression que le héros de Mahfoudh et celui de Mabkhout pourraient se croiser au détour d’une ruelle, au croisement d’une époque ou d’un événement bien de chez nous. Car abstraction faite des choix de langues d’écriture (arabe et français), règne dans ces deux romans tunisiens à succès une ambiance similaire, probablement est-ce le fruit d’une même dextérité, propre à deux dramaturges orfèvres des descriptions aussi réalistes que… fantastiques.

Enseignant universitaire, spécialiste de la littérature maghrébine, l’auteur de Chant des ruelles obscures a créé une oeuvre rivalisant en qualité avec celles qu’il enseigne depuis plusieurs années à l’Université de Tunis. Celle-ci mérite de figurer dans le corpus des livres au programme des départements de Lettres.

Déçus par BCE? L’ère des sauveurs est finie!

Il faut dire que l’on en attendait beaucoup, beaucoup plus que ce qui n’a été dit. BCE face au peuple tunisien via écran au Palais des Congrès, cela était susceptible de faire revenir le citoyen tunisien vers l’ère Bourguiba, celle des grands discours et des prises de parole attendues.

Et on l’a attendu une semaine entière ce discours, après une annonce bourguibienne aussi: « le Chef de l’Etat s’adressera à la Nation mercredi 10 mai », avaient relayé certains médias et autres proches de Carthage, il y a de cela plusieurs jours.

Un teasing qui a mené bien loin un peuple tenu en haleine par une morosité ambiante et une tension digne de celui qui se sent au bord du précipice. Entre les pistes d’un référendum en lien avec la polémique réconciliation et celle d’un changement potentiel de régime politique, de nombreuses personnes ont oscillé, avant d’être face à leurs écrans aujourd’hui.

Plusieurs points saillants marquent ce discours qui s’est voulu historique: l’attachement affiché aux acquis de la Tunisie y compris ceux obtenus par les voies démocratiques, l’attachement confirmé au projet ayant trait à la réconciliation et l’implication de l’armée dans le cadre de ce qui pourrait mettre en péril les richesses du pays (phosphate, pétrole…).

Pas de mouvement de table rase donc, malgré les vraies fausses polémiques successives en relation avec le rendement de certains ministres. Pas de retour quant à l’obstination relative à la loi de la réconciliation, celle -ci étant présentée comme le moyen de faire sortir le pays du fameux « goulot » bloquant. Pas de laxisme face aux manifestations, certes tolérées, mais qui, dans certains cas, prennent des formes de prise d’otage à aspect social et économique.

Face à cela, plus de ministres dépêchés sur place, plus de chef du gouvernement annonçant des batteries de décisions, mais…l’armée. Un coup de pouce pour le gouvernement en place, en somme, pour en faire le gant de velours qu’on dotera d’un bras de fer « sécuritaire ».

La « restructuration » du ministère de l’Intérieur annoncée aujourd’hui ( et qui fait probablement suite au Conseil de sécurité qui a eu lieu il y a quelques jours) visera, dans ce cadre, à ne pas épuiser les troupes à qui on attribue un autre champ de bataille, encore un!

A côté de tout cela, un clin d’oeil adressé au passage aux « comploteurs », ceux-là la présidence ne les a même pas conviés (doit-on entendre outre le parti de Marzouk, de Hamma, de Abbou… le clan nouvellement formé de Mehdi Jomâa?). Un autre clin d’oeil à Rached Ghannouchi en rappel des accords moraux conclus entre les deux hommes et visant à préserver le pays et non les partis respectifs. Un dernier clin d’oeil à l’administration, pointée du doigt pour son rythme au ralenti freinant, dans sa cadence basse, les investissements étrangers.

Entre ces messages jacents et ceux sous-jacents, les observateurs sont restés sur leur faim. Non pas parce que les propos présidentiels avaient des airs de discours de campagne électorale ou des airs de déjà vu. Non pas que l’apparition était de trop puisque, rappelant le contexte, nombreux étaient ceux qui pointaient la non-implication du président de la République. Mais sur leur faim, parce que l’annonce a été un peu trop pompeuse, un peu trop en avance, un peu trop propice aux scenarii les plus extrêmes.

A-t-on noyé volontairement le message? A-t-on revu le discours présidentiel après l’annonce de la démission de Sarsar de la présidence de l’ISIE? Des questions qui se répètent après un discours qui a rendu perplexes ceux qui attendaient d’être éclairés.

Statu quo donc, un brin de fermeté en plus et par le bras le plus symbolique du pays. Pourvu que cela ne mette pas à mal un des organes les plus vitaux et les plus épargnés jusque-là: l’armée nationale.

Les confrontations entre forces de l’ordre et protestants risquent, en l’absence d’une action autre, d’étouffer un mal qui continuera de ronger, de l’intérieur, l’intérieur même de la Tunisie. Et, sans des forces composant les-unes avec les autres, loin des enjeux électoraux et autres projets occultes, ce pays ne connaîtra pas de répit.

Peut-être n’avons-nous que peu de choses à attendre d’un discours présidentiel au final: Rappelons-nous que le premier salut vient de nous -mêmes et qu’insulter un président, saboter des ministres (qui se sabotent déjà suffisamment eux-mêmes) ne fera que plus nous enliser. A force de nous laisser aller vers le fond, le plus doué des politiciens ne saura nous sauver. L’ère des sauveurs est finie!

À la rencontre de Amira Hammami: L’art pour pousser les murs

Lorsque Amira Hammami parle de son parcours, les mots deviennent imagés et le parcours celui d’un rêve, rêve enfin réalisé.
Amira se décrit comme une artiste humaniste et propose un projet de vision pédagogique qu’elle qualifie de « particulière »: « un atelier de lecture, écriture et d’arts plastiques qui connecte l’enfant avec la nature et le sensible ». Quoique n’ayant pas étudié l’art-thérapie, Amira en pratique l’essentiel au quotidien.

Doctorante des Beaux-arts, cette jeune tunisienne a mis fin à une carrière dans l’enseignement supérieur pour faire vivre sa passion: transmettre l’art autrement.

L’art au profit des personnes fragiles:

Des maisons de retraite….

Cette diplômée de Science et techniques des arts plastiques de l’Institut supérieur des Beaux Arts de Tunis a été attirée, au gré de sa thèse en cours, vers un monde peu exploré: les maisons de retraite. Son sujet porte, en effet, sur l’image de la fragilité humaine.
Parmi les étapes marquantes de son exercice artistique, quelques années passées aux ôtés des personnes âgées dans des maisons de retraite. « Je les faisais sortir de leur cadre virtuellement par l’art et les voyais, au fur et à mesure, évoluer ,grâce à cette ouverture à un monde différent de leur quotidien », explique Amira.

« Pendant cette phase de recherche, mon approche photographique avec les pensionnaires a été appuyée par l’approche plastique, ce qui m’a fait glisser vers une recherche sur l’art- thérapie », explique Amira au HuffPost Tunisie.

Une phase qui a duré 10 ans et qui a permis à l’artiste d’intégrer deux éléments qu’elle juge importants: la nature et la création.
« Ces pensionnaires que je commençais à considérer comme une famille vivent dans l’attente d’une fin. Je l’ai écrit dans ma thèse « Ici, le temps se dévalise pour la dernière fois », raconte l’artiste.

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Ils ont été « intégrés au processus de création », leurs capacités inhibées ont été libérées et ceux qui écrivaient d’abord timidement un poème, l’ont lu puis ont commencé à envisager une musique l’accompagnant », poursuit Amira.

Amira a travaillé sur l’environnement propre aux pensionnaires en intégrant le végétal dans leur quotidien, et en faisant ressurgir leurs âmes d’enfants, dans toutes formes de création.

Les résultats cliniques étaient impressionnants et gériatres et auxiliaires de vie l’ont largement remarqué, selon elle.

… aux enfants malades

Appelée à participer ensuite à une expérience en France aux côtés de chercheurs en soins palliatifs, l’artiste tunisienne a pu faire éclore son approche, au contact d’art-thérapeutes étrangers.

« Ce que j’ai vécu avec la vieillesse m’a amenée vers l’essence de la vie. Qu’est-ce qu’on en attend, nous, êtres fragiles (la vieillesses et la maladie sont des formes de cette fragilité)? J’ai commencé à partir de là, à adopter ma démarche aux enfants aux besoins spécifiques », relate Amira.

Autre étape autre orientation mais toujours par l’art, Amira adapte son approche à un public différent, plus jeune et avec une particularité: la maladie. C’est dans leur chambre d’hôpital que l’artiste retrouve les enfants atteints de cancer. Elle les emmène vers une démarche créatrice visant à dépasser la réalité vers un monde onirique meilleur, moins dur et moins fatal.

Grâce à l’imagination créatrice, Amira prouve aux enfants malades leur capacité d’action et leur fait explorer un monde dont ils sont les acteurs et les créateurs. « Les murs rendent malades, je faisais de mon mieux lors de mes passages pour montrer aux enfants que l’imaginaire est capable de dépasser le périmètre où ils se trouvent et je vivais à leurs côtés une évasion ludique et artistique ».

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Arrivée dans une chambre d’hôpital, elle transformait le cadre froid et sans vie en conte imaginaire, à travers la lecture, aux chevets des enfants. « La puissance de l’imagination a un rôle méditatif, elle aspire l’esprit de son cadre et le transporte ailleurs ». Et c’est vers la terre que Amira transporte aussi : « arroser, semer, entretenir, sourire au bourgeon qui voit le jour est , en soi, thérapeutique et c’est dans ce cadre que j’implique la création artistique », note Amira.

L’art pour dépasser les murs:

Aujourd’hui, Amira exerce sa passion dans un contexte différent. C’est dans la nature qu’elle retrouve ses apprentis artistes pour une approche encore plus poussée de sa démarche d’apprentissage de l’art. « Je n’ai pas voulu créer un club mais un process différent de ce qui existe. « , explique l’artiste.

Et de poursuivre « J’ai pensé à l’urgence de mettre en place cette approche dans une démarche pédagogique qui pourrait être partagée dans les écoles et les maternelles car nos enfants, avec l’ère du virtuel, s’éloignent de l’essentiel ».

Dans un processus d’apprentissage qui l’a interpellée depuis ses années de Beaux Arts, Amira explore ce qui a trait à la santé mentale des enfants et à leur bonheur, d’une manière plus spécifique. Elle fait baigner les enfants dans un endroit de vie naturel à entretenir et en fait un espace de création que chacun d’entre eux appréhende à sa façon.

« C’est dans ce sens que j’ai appelé ma démarche « Coin Tipi« , une démarche qui appelle au voyage, à la découverte et surtout à la légèreté créatrice. Mon espace est un concept que je prends sous mon tipi », détaille l’artiste.

Un process artistique particulier:

Rendez-vous est donc donné dans les jardins de Zmorda, un espace culturel de la Soukra. S’enchaînent dans la verdure, des étapes différentes pendant lesquelles l’enfant évolue vers son imaginaire créatif. Une première prise de contact a lieu autour d’animaux du poulailler. Les petits citadins les touchent, leur donnent à manger, les caressent.

Amira les invite même à bien les regarder, à les toucher pour privilégier le contact direct avec les animaux, passage pendant lequel l’enfant explore, selon elle, sa sensibilité et « se connecte » à la nature. Deuxième étape du parcours proposé: la méditation autour d’un tipi installé dans le jardin. Une lecture puis une connexion au monde imaginaire, via un moment de repos et de méditation.

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Place donc à l’imaginaire qui se concrétise ensuite autour d’oeuvres créées par les enfants, un moment pendant lequel ceux-ci donnent vie au conte lu lors de l’étape précédente et dont l’univers a été revisité par eux, chacun à sa manière. « Mes enfants interprètent artistiquement un monde qu’ils ont eux-mêmes créé. Ils explorent leurs capacités artistiques et voient que, dans ce monde, leur regard a de la valeur », déclare l’artiste.

Le livre contre des graines

« J’ai voulu agir avec des enfants, car c’est là que les changements sont plus assimilables », justifie Amira Hammami. Dans le processus artistique, les enfants rencontrent des personnages autres, ceux d’autres artistes, comme les personnages de Lea – Vera. « Les enfants interagiront avec le fruit de l’imagination de cette artiste tunisienne décédée, comme un hommage à elle et à son oeuvre », explique Amira Hammami, en parlant d’un atelier qu’elle proposera samedi 6 mai.

Avec les enfants qui suivent sa démarche artistique, celle-ci a créé un conte collectif qui sortira fin mai.

« Pour avoir ce livre, il faudra payer un prix peu ordinaire: des graines à la place de l’argent », note-t-elle. Retour vers la nature certes, mais une idée recherchée surtout: que ce qui compte, c’est ce qui germe et pousse en nous et autour de nous. L’art est à portée de main et d’imagination.

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L’électeur français et l’embarras du non-choix

Dans quelques jours, les Français voteront Le Pen ou Macron. Ils auront à glisser dans l’urne un bulletin, à faire en sorte que celui-ci ne soit pas blanc et à faire un choix. Mais y a t-il désormais choix pour les électeurs? Les choix politiques se font de plus en plus par dépit et très souvent quand élections il y a, nous sommes devant l’embarras du non-choix.

Malgré un passage, sans grande difficulté, au second tour, Macron n’arrive pas tout à fait à convaincre. Son avant second tour a été décevant du point de vue de la communication. En marche vers le jour J, le candidat de lui-même qui ne fait pas l’unanimité a le soutien des médias et d’une grande frange d’une population se déclarant hostile aux idées d’extrême droite.

Macron en devient l’anti-candidat au lieu d’être le candidat, son projet politique ne plait pas forcément mais s’entend en comparaison avec l’alternative qui s’offre face à lui. Sans parti, sans grand ancrage idéologique, il devient le candidat de ceux qui ne voudraient pas voir la France sombrer dans le camp FN.

Et il se banalise ce camp des extrémistes nationalistes. La haine affichée des médias et le dénigrement subi depuis des années, n’y ont rien pu. La présence au second tour de la deuxième génération des Le Pen est une victoire en soi pour l’extrême droite française. Changement de discours et changement de contexte, des conjonctures qui ont donné à la candidate FN les raisons de son argumentaire. Crise, terrorisme, intégrisme, les malheurs des-uns ont fait les arguments des autres.

Les idées honteuses par le passé réduisant la France aux Français ont en été banalisées. Le vote FN le devient aussi.

Face à la décrispation de ce qui pouvait être perçu comme vote non assumé, le danger devient tangible pour les indécis et pour ceux votant par dépit. Tel a été le cas d’une scène politique américaine où a triomphé, après tumulte et moult polémiques, un Donad Trump aux attitudes et aux idées contestées.

Il est clair qu’en cette période de crise internationale, élire le changement devient la première priorité de ceux que le jeu politique n’a pas encore blasés. Ceux croyant encore en un possible enjeu pouvant changer leur quotidien aspirent à découvrir d’autres voies, en attente de solutions autres que celles de droite et de gauche, celles consommées déjà. Quitte à aller vers les voies les moins sures, l’électeur est prêt à tout pour générer du changement.

La dirigeante FN à la mue juste apparente pourra-telle convaincre suffisamment en dehors du camp de ceux déjà conquis? Macron se distanciant de la gauche comme de la droite est la voie nouvelle qui s’offre aux électeurs. Son âge, son discours, sa virginité partisane, sa situation familiale, tout son projet est en rupture avec le classicisme politique. S’offre aux sceptiques comme une fatalité électorale: l’embarras du non-choix. Ceux-là sont dans ce jeu à plaindre (mais encore à conquérir). Leur vote sera celui d’une conscience patriotique cherchant à éviter que l’inconscience des-uns n’emporte la France ailleurs que vers ses valeurs originelles.

« Choix et conscience sont une seule et même chose » écrivait Jean-Paul Sartre, une réflexion qui se vérifiera au suffrage universel.

 

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