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Tuons-nous les-uns les autres

Nouvelle devise des arabes depuis les ravages causés par ceux obnubilés par l’amour de Dieu et la haine des hommes . D’une manière moins sanglante mais aussi virale, des morts on fera des icônes. C est plus utile, un mort instrumentalisé. Ca signifie magnifiquement l’impuissance. Meurs en beauté et tu auras la gloire dans ce monde mordu d’image. Tant pis pour les autres petits syriens, l’esthétique 2.0 a ses raisons que le coeur humain ignore.

A l’aube des élections de 2011

A l’aube des élections de 2011, on avait brandi des demandes ayant abouti à une définition fausse et outrancière du laïcisme.

Moderniste en était devenu une insulte extrême tant les idées avancées étaient en décalage avec une société qui s’est avérée être moderne uniquement dans ses grands traits.

A la veille d’échéances importantes (pas pour demain mais qui se préparent de manière stratégique) on reparle d’égalité d’héritage et on demande au législateur de braver les lois coraniques en vigueur. Les islamistes ont réussi en quelques années à donner l’impression de changer et de gagner en « souplesse ».

Les modernistes, par leur jusqu’au-boutisme, sont en passe de discréditer leur propre camp et semblent ne pas avoir retenu la leçon. Les extrêmes de l’un ne servent qu’à plus avancer l’autre et pour ratisser large, les islamistes ont déjà quitté l’extrême…

Qu’ont-ils de Bourguiba sinon l’âge et une paire de lunettes?

Un leitmotiv adverbial et un paradigme piqué dans le champ patriotique commun? Tout n’a trait qu’à la surface, rien de ce qui touche aux idées, au charisme, au leadership intrinsèque et à la passion politicienne faisant l’essentiel d’une icône. L’icône ne se reproduit pas. En faire un fonds de commerce n’est pas que le produit d’une inventivité communicative, il est aussi le fruit de la crédulité de celui qui a perçu sa reproduction comme on avait voulu qu’elle le soit. Nous n’honorons désormais pas Bourguiba pour ce qu’il a été (le contesté, l’oublié en plus d’être le leader) mais pour ce qu’il représente politiquement aujourd’hui: une simple couleur partisane créatrice d’un enracinement et génératrice de sympathie. Le premier étant factice et le deuxième étant tarissable, il faudra penser à nourrir l’icône autrement que par des images d’archives.

La dictature commence quand un gouvernant n’attache plus d’importance à l’avis de la quasi majorité

La dictature commence quand un gouvernant n’attache plus d’importance à l’avis de la quasi majorité et quand ce qu’elle pense semble importer peu lorsqu’il s’agit pour lui de faire ce qu’il veut faire ou ce qu’on voudrait qu’il fasse.

On ne s’improvise pas dictateur, on le devient, graduellement, à chaque rupture avec son peuple et à chaque « Allez vous faire voir » qu’on lui renvoie!

Le terrorisme est un état d’esprit

Le terrorisme est un état d’esprit, c’est celui qui fait notre nonchalance face à l’horreur et produit notre défaitisme niaiseux face à ce qui n’est plus qu’une menace.

Le terrorisme est un état d’esprit, un « état d’esprit politique » peut le vaincre ou le faire fluctuer.

Morsi condamné à mort

Par le zèle, les peuples fabriquent leurs propres tyrans.

Par la persécution, les tyrans fabriquent les monstres de demain.

Cercle infernal dont la laideur n’a d’égale que la bipolarité de ceux qui justifient la dictature au nom de la démocratie.

Notre capacité d’occulter ce que notre « conscience » tente de dépasser

A la fois gênée et perplexe par et face à notre capacité d’occulter ce que notre « conscience » tente de dépasser.

Le souvenir de Bourguiba s’en retrouve dénué de tout scrupule quant au silence ayant accompagné et encouragé sa mise à mort, bien avant le 6 avril 2000.

Peut ainsi commencer, dans la sérénité avec soi-même, la déification du leader devenu mythe du pouvoir maîtrisé… jusqu’à ce que le peuple lâche le lâche.

La différence devient dangereuse

La différence au niveau des idées est bénéfique mais lorsque celle-ci devient un moyen de laisser naître le terrorisme, de le faire proliférer, de le blanchir quand il agit et tue et d’aller jusqu’à mettre en doute son existence, la différence devient dangereuse.

Car elle divise, pour mieux régner, cette force désolidarise le corps qu’on compose et fait que nous avancions, avec des crédo différents, vers des buts qui ne sont, en définitive, pas les mêmes.

Les politiciens avaient réussi à nous couper de la patrie

Il fut un temps où les politiciens avaient réussi à nous couper de la patrie, des chants patriotiques, de l’enthousiasme des manifs… Il fut un temps où on s’était réconciliés avec.

Et puis d’autres politiciens ont réussi à nous en couper de nouveau.

Insipide la manif anti-terrorisme, insipides les slogans, insipide l’amour de la patrie et le désir de la préserver quand il deviennent des alibis pour les pires compromissions.