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Mariages gais ou célibat pour tous!

Alors que certains militent pour le droit au mariage, cette institution sociale et familiale établie depuis bien des siècles, certains devraient militer pour le célibat pour tous.S’insurger contre ce schéma de normalité qui prédéfinit l’acheminement conventionnel de la vie, serait, dans bien des cas, le meilleur moyen de vivre heureux.

Réputé pour être le pire tue l’amour, le mariage a pour vocation première de sceller une relation, il finit par mettre sous scellés les sentiments, bien au frais, car le froid conserve bien.

Y a-t-il une vie après le mariage ?

Selon les quelques rescapés qui recouvrent la parole après s’être libérés, le mariage est un territoire où il ne subsiste nulle trace de vie sociale. Transformant l’être en automate asservi au gré d’un conjoint souvent insatisfait quelque soit le degré d’effort, la victime du mariage tente, dans bien des cas, de se libérer, mais y parvient rarement. Elle finit dans des accès de résignation par se faire à une vie répétitive et lassante, à cesser de s’en plaindre, mais à envier ceux qui y auraient échappé.

Mutant ses proies en parents, le mariage les change à vie. Plus moyen de recouvrer son entité première, quand vous donnez la vie vous être mutés à vie.

Le mariage gai, réalité ou utopie ?

Il est légitime de se demander s’il y a une place, dans la société moderne, pour un mariage gai. Cette forme encore rare d’union est souvent recherchée, convoitée mais pas suffisamment explorée. Nombreux sont ceux qui essaient, dans un premier temps, de combattre l’ennui, de battre l’ennemi, la monotonie, la routine, la froideur, l’habitude, la lassitude… pourtant téméraires et motivés, ils s’essoufflent, au bout d’un certain temps, et finissent, en rondeur, affalés devant un écran de télé, poussant un chariot le weekend et tirant le bras d’un gosse capricieux en semaine. Alors nul besoin de réfléchir longtemps le mariage gai est, certainement, une utopie.

Pourquoi réclamer le droit au mariage ?

Mes amis homosexuels, vous qui êtes, par contrainte physiologique ou par choix, en dehors d’un système social des plus lassants, vous risquez de vous faire piéger au nom d’un droit que vous regretterez ultérieurement d’avoir acquis. Pour les besoins d’une société qui veut quitter son carcan, vous allez vous retrouver dans un carcan plus tenace. Pour les besoins d’une politique qui tente de s’acheter une seconde jeunesse, vous risquez de perdre la vôtre.

Alors parole d’hétéro : vivez célibataires vivez heureux !

 

Quand expire dans l’injustice celui qui aspirait à la liberté

En Tunisie, nombreux étaient ceux qui, sous Ben Ali, criaient à l’injustice. Des cris souvent étouffés par la censure et l’auto- censure, par la peur des représailles ou celle des persécutions. En Tunisie, deux ans après une révolution censée garantir au tunisien sa dignité et le préserver de l’injustice, les faits sont accablants et l’injustice est plus que jamais là.

Dans la Tunisie de l’ère nouvelle, il y a comme un air d’injustice pratiquée, de surcroît par un ministère dont l’appellation est on ne peut plus en inadéquation avec les agissements : ministère de la Justice.

Nombreux sont les cas d’injustice, nombreuses sont les victimes. Deux salafistes sont morts suite à une grève de la faim, pourtant leur demande était simple : accélérer la procédure de leur jugement. Sami Fehri est encore en détention. Pourtant les faits sont clairs :un juge avait émis son ordre de libération.

La mise côte à côte des deux occurrences semble hasardeuse pourtant elle ne l’est point. Toute personne ayant un sens certain de neutralité le comprendrait.

M. Fehri est, incontestablement, victime d’injustice. Qu’importent ses projets, sa manière d’être ou son passé. Les salafistes morts suite à une grève de la faim sont victimes d’une injustice. Qu’importent leurs crédos, leur manière d’être ou leurs agissements.

Le décès des deux islamistes a touché nombre de personnes. La mort morale de Sami Fehri telle qu’elle est exprimée dans sa lettre d’hier a touché nombre de personnes.

Qu’il est amer le goût de l’injustice même quand celle-ci est pratiquée sur l’Autre, un autre pas du tout semblable à soi mais auquel on s’identifierait aisément. Un Autre si loin, mais tellement proche.

Sami Fehri je ne vous connais point. Mohamed Bakhti et Béchir Golli je vous connais point. Cependant, au nom d’un idéal que j’ai cru, un jour, possible, la dure épreuve que vous vivez ou avez vécue m’atteint profondément. Au nom d’une justice que l’on croyait possible, vous me touchez particulièrement. Au nom d’une Tunisie que j’espérais meilleure, votre douleur m’affecte.

Qu’importe si l’on m’accuse (injustement, cela va sans dire) de subjectivité, qu’importe si l’on taxe mes propos de lyrisme, aujourd’hui un compatriote se meurt, aujourd’hui toute une famille est meurtrie, aujourd’hui mon pays mute et se mure dans son mutisme.

Article publié dans Nawaat le 20 décembre 2012 (http://nawaat.org/portail/2012/12/20/quand-expire-dans-linjustice-celui-qui-aspirait-a-la-liberte/)