L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture a mis en place un cadre normatif universel pour l’utilisation de l’Intelligence artificielle d’une manière éthique. Un partenariat avec la Commission Européenne a été conclu dans ce cadre et un budget de 4 millions d’euros est alloué à l’application de ces dites recommandations. Le respect de la condition éthique est au centre de nombreuses initiatives menées par l’UNESCO.
Compte tenu de l’utilité qu’elle présente dans différents secteurs y compris la culture et l’éducation, l’intérêt pour l’intelligence artificielle ne cesse de croître. Après une première édition ayant eu lieu en décembre 2022 en République Tchèque, se tient le Deuxième Forum mondial sur l’éthique de l’Intelligence artificielle en Slovénie en février 2024. Ceci s’intègre dans le cadre des efforts menés, depuis plusieurs années, par l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) en faveur du développement de cette technologie dans tous les pays membres.
L’éthique comme socle commun
La condition éthique est un élément autour duquel plusieurs efforts sont menés dans l’objectif d’organiser l’usage de cette technologie polyvalente. L’essor que connait celle-ci et l’aspect diversifié et souvent expérimental peuvent instaurer une utilisation anarchique dépassant les normes éthiques. D’où l’intérêt de la mise en place d’un cadre réglementaire délimitant l’exploitation de l’AI et la faisant répondre à un cadre éthique.
Selon ces recommandations, profiter des avantages majeurs et appliquer cette utilisation à plusieurs secteurs d’activité se fera ainsi au moyen de garde-fous moraux se basant sur des valeurs comme la protection des droits de l’Homme et de la dignité, la transparence et l’équité.
L’initiative de l’UNESCO permet de mettre en place un instrument normatif mondial à la disposition de ses 193 Etats membres. A travers les recommandations qui le composent, les décideurs politiques disposent d’un support pratique pour transformer en actions, les principes fondamentaux en matière de gouvernance des données, environnement et écosystèmes, éducation et recherche, santé et bien-être social.
Ce cadre normatif repose sur quatre valeurs : respecter les droits de l’Hommes et la dignité humaine, vivre dans des sociétés pacifiques justes et indépendantes, assurer la diversité et l’inclusion et veiller à l’existence d’un environnement et des écosystèmes qui prospèrent.
Cette conception se veut dynamique afin de présenter des politiques évolutives au rythme des avancées technologiques, des mutations qu’elles imposent et des conséquences qui en résultent.
Les dix recommandations
Cette approche s’articule autour de dix principes fondamentaux :
- Les principes de proportionnalité et innocuité : utilisation pour des buts légitimes en tenant compte des risques liés à l’utilisation.
- La sûreté et la sécurité : Les acteurs de l’IA doivent garantir une utilisation sans préjudices liés à la sûreté ni vulnérabilité liée aux attaques et aux failles dans la sécurité.
- Le droit au respect de la vie privée et protection des données : Des cadres de protection des données et des mécanismes de gouvernance appropriés doivent être mis en place dans les systèmes d’IA.
- La gouvernance et la collaboration multipartites et adaptatives : L’utilisation des données doit se faire dans le respect du droit international et de la souveraineté nationale. Il est, dans ce cadre, recommandé, de faire en sorte que la gouvernance de l’IA s’opère d’une manière inclusive au moyen de la participation des différentes parties prenantes.
- La responsabilité et la redevabilité : Il est préconisé que les systèmes d’IA soient vérifiables et traçables par le biais de mécanismes de surveillance et d’évaluation d’impact.
- La transparence et l’explicabilité : Ces deux éléments doivent être adaptés au contexte pour trouver un équilibre approprié dans le cadre de l’utilisation.
- La surveillance et les décisions humaines : Des personnes physiques ou des entités juridiques doivent porter les responsabilités physiques et juridiques lors de tous les stades du cycle de vie des systèmes d’IA.
- La durabilité : Les technologies de l’IA devront être évaluées continuellement pour répondre aux objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies.
- La sensibilisation et l’éducation : Il est important de garantir au public la compréhension du fonctionnement de cette technologie au moyen d’un engagement civique favorisant l’acquisition des compétences numériques, la formation à l’éthique de l’IA et l’éducation aux médias.
- L’équité et la non-discrimination : Promouvoir la justice sociale, garantir l’équité, lutter contre les discriminations et veiller à l’inclusivité tels doivent être les engagements des acteurs de l’IA afin que les bénéfices liés à cette technologie soient accessibles à tous.
Un process au profit de tous
L’UNESCO définit en faveur des Etats membres onze domaines d’actions stratégiques dans le cadre desquels la prise en compte des valeurs précitées est essentielle : Economie et emploi, santé et bien-être social, évaluation de l’impact étique, gouvernance, politique des données, développement et coopération internationale, environnement et écosystème, genre, culture, éducation et recherche, communication et information.
Afin de faire en sorte que les potentialités que présente l’AI en matière d’éducation soient à la portée du plus grand nombre d’utilisateurs, l’UNESCO s’est engagée à aider les Etats membres dans ce sens. Ce support s’opère dans le cadre de l’agenda Education 2030 qui repose sur 17 objectifs de développement durable.
Deux méthodes pratiques ont été mises en place pour garantir la mise en œuvre effective de la recommandation :
- Méthode d’évaluation de l’état de préparation : C’est un process dont les résultats aideront à placer les états membres sur une échelle de préparation à une mise en œuvre éthique et responsable de l’IA. Les résultats auxquels aboutira ce process permettront à l’UNESCO d’adapter les mesures de renforcement mises à la disposition des différents pays.
- L’évaluation de l’impact éthique : Ce processus s’adresse aux équipes de projet d’IA pour qu’en collaboration avec les pays concernés, ils puissent évaluer les impacts des systèmes IA et envisager les préventions utiles.
Parmi les recommandations de l’UNESCO figure l’impératif d’assurer « l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et de promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ». Cela permet d’asseoir une utilisation équitable de l’IA en faisant de ce progrès technologique un moyen pour annihiler les inégalités en matière d’accès à la connaissance. Inclusion et équité sont les priorités de cette vision se définissant comme humaniste et visant une pratique innovante en matière d’enseignement et d’apprentissage.
Les lignes directrices de cette approche ont été détaillées en marge du Consensus de Beijing (document final de la Conférence internationale sur l’intelligence artificielle), dans le cadre d’une publication intitulée « AI et éducation ; Guide pour les décideurs politiques ».
Une série d’initiatives
Par ailleurs, l’UNESCO a mis en place une plateforme collaborative (Women4Ethical AI) qui se définit comme un réseau de femmes pour une IA éthique. Le but de cette démarche est d’aider les gouvernements et les entreprises à atteindre l’égalité des genres dans la conception et dans le déploiement de cette technologie. Dix-sept expertes en IA mettront en place un référentiel de bonnes pratiques. Cette plateforme se basera sur le développement d’algorithmes non discriminatoires et œuvrera à l’accessibilité de la technologie à des filles, des femmes et des groupes dits sous-représentés. Les dix-sept femmes en charge de cette plateforme viennent de domaines professionnels différents : enseignement supérieur, société civile, secteur privé, organismes de régulation.
En outre, l’UNESCO a lancé une initiative de collaboration entre ses services spécialisés et des entreprises opérant dans le domaine de l’IA en Amérique latine. Il s’agit du Conseil ibéro-américain des entreprises pour l’éthique de l’IA, un cercle constitué comme un lieu d’échange d’expériences et d’exploration de pistes de collaboration. Au centre de ces objectifs : les pratiques éthiques au sein de cette industrie. Ce rassemblement actuellement présidé par Microsoft et Telefonica mettra en œuvre des moyens techniques afin de concevoir et diffuser un outil d’évaluation de l’impact éthique de l’IA. Il entend aussi participer à la mise en place de réglementations régionales dites intelligentes et ce pour favoriser l’implémentation d’un environnement compétitif en matière de technologie mais aussi en matière de responsabilité et d’éthique.
L’UNESCO et la Commission européenne ont signé un accord pour accélérer la mise en œuvre des recommandations en faveur de l’utilisation éthique de l’IA. Ce cadre normatif sera ainsi appliqué dans les pays membres. Trente ont déjà commencé à légiférer sur la base de ces recommandations pour que l’intelligence artificielle respecte les libertés et bénéficie à tous.
Afin d’accompagner les pays à faibles revenus dans le cadre de leurs législations nationales en faveur d’une utilisation éthique de l’IA, un budget de 4 millions d’euros a été alloué. De nombreuses initiatives bénéficieront de financements dans ce cadre. Parmi elles, le projet « Experts en éthique de l’IA sans frontières ». La vocation de ce regroupement est de fournir un appui et des conseils à la demande et de façon adaptée aux politiques publiques pour que les institutions des Etats membres puissent appliquer l’ensemble des recommandations.
Pour que cette pratique puisse être généralisée et pour qu’elle puisse être évolutive, l’UNESCO projette d’organiser un forum mondial pour réunir de manière annuelle les acteurs du domaine de l’IA.
Parmi la communauté des podcasteurs, on retrouve Raouia Khedher. Dans ses podcasts intitulés « Khedma ndhifa », cette animatrice radio met en avant des métiers et des savoir-faire à travers des profils professionnels qui les représentent.
Pami les podcasteuses tunisiennes, on retrouve, également, Nawel Bizid, animatrice télé et chroniqueuse radio qui a lancé un podcast dans lequel elle aborde des sujets souvent jugés tabous dans son pays. Dans une ambiance intimiste et face à des invités à la parole libérée, elle mène des interviews dans lesquels elle place la santé mentale au centre des échanges.
Un des derniers nés des podcasts tunisiens est Nawart, une série de podcasts et vidéos dans lesquels Zeineb Melki échange avec des personnalités actives dans différents secteurs dans le cadre d’une immersion au cœur d’expériences humaines inspirantes. Les rencontres sont jalonnées par les interventions de l’intervieweuse à travers des questions à connotation psychologique et existentielle. L’intitulé choisi (formule d’accueil signifi ant la présence lumineuse et radieuse) et la ligne éditoriale dénotent la bienveillance. Cette production est imprégnée de la touche de Zeineb Melki, personnalité médiatique tunisienne qui, au fur et à mesure de ses expériences professionnelles, s’est imposée avec un style propre à elle. Animatrice radio et télévision, elle s’est fait connaître à travers son approche bienveillante et orientée vers des productions qualitatives et innovantes.
Conversations féminines est un livre de Zoubida Fall édité chez Saaraba et réalisé à partir des podcasts dans lesquels elle avait pour invitées des Sénégalaises de tous bords.
Veiller sur elle de Jean-Baptiste Andrea publié aux Editions L’Iconoclaste a obtenu le Prix Goncourt 2023.
Les aventures de Makasi : Un petit enfant peureux est un livre pour enfants écrit par Trycia Nyota Van Den Berg. L’auteure est économiste de formation. Elle est experte en intelligence stratégique et travaille dans le secteur diplomatique. Un univers bien loin de celui du livre vers lequel elle s’est orientée par passion pour l’écrit et par intérêt pour l’éducation.
Capitaine Eva championne d’Afrique est un récit de courage et de persévérance au féminin. Son auteure Marie-Alix de Putter y relate les aventures d’une fille passionnée de football et dont le talent la fait accéder au poste de capitaine de son équipe.
Le poète Aimé Césaire est né le 26 juin 1913 en Martinique d’un père fonctionnaire et d’une mère couturière.
Aimé Césaire est à la fois poète, dramaturge et essayiste. Il a à son actif des dizaines d’œuvres, dont : 10 recueils de poèmes, 4 pièces de théâtre, 5 essais.
Yasmina Khadra est un écrivain algérien ayant à son actif près de 20 ouvrages. Cet ancien militaire (commandant de l’armée algérienne à la retraite) a préféré utiliser plusieurs pseudonymes afin d’échapper à la censure militaire. Il a utilisé celui de Yasmina Khadra pour son premier roman édité en France, Morituri, en 1997 et a fait le choix d’adopter ce pseudonyme composé des deux prénoms de son épouse et d’en faire son nom de plume officiel. L’auteur explique ce choix comme suit : « Mon épouse m’a soutenu et m’a permis de surmonter toutes les épreuves qui ont jalonné ma vie. En portant ses prénoms comme des lauriers, c’est ma façon de lui rester redevable. Sans elle, j’aurais abandonné. C’est elle qui m’a donné le courage de transgresser les interdits. Lorsque je lui ai parlé de la censure militaire, elle s’est portée volontaire pour signer à ma place mes contrats d’édition et m’a dit cette phrase qui restera biblique pour moi : “Tu m’as donné ton nom pour la vie. Je te donne le mien pour la postérité” »
Dans les pays africains, il y aurait un thérapeute pour 500 000 habitants. La recommandation de l’OMS en la matière, est de 1 thérapeute par 5000 habitants. Dans certains pays, 75% de personnes soufrant de troubles mentaux n’ont donc pas accès aux soins.
L’accès aux soins psychologiques n’en est que plus difficile en matière de logistique et de coût. Dans de nombreuses familles, au lieu d’être soignée, la femme est répudiée, chassée de chez elle, violée ou battue.
Bluemind Foundation est un projet qui est né d’une histoire personnelle où le tragique s’est transformé en moteur de changement.
L’objectif de Bluemind et de ses bénévoles est de déstigmatiser les troubles de la santé mentale et de rendre les soins accessibles. Par le biais de différentes études menées sur le terrain, il a pu être constaté que le réseau médical et paramédical est réparti inéquitablement, sur le continent, d’un pays à l’autre et d’une ville à l’autre. Il a été remarqué aussi qu’un autre réseau pouvait combler ce vide et qu’il jouait d’ores et déjà un rôle d’écoute sans y être dédiée et sans être formé pour ses prérequis.
Il ressort des études de terrain effectuées par l’association dans 7 pays (notamment, le Togo, le Cameroun, la Côte d’Ivoire…) que, sur l’échantillon de 714 femmes et 148 coiffeuses, 67.3% des femmes interrogées affirment se confier à leurs coiffeuses et que 91% des coiffeuses sont prêtes à se former aux premiers secours en santé mentale. Selon les études de Bluemind, 10 coiffeuses seraient, par ailleurs, capables d’assurer la sensibilisation de 3600 femmes par an.
Elle fait partie des 10 entrepreneurs francophones sélectionnés par l’Organisation Internationale de la Francophonie pour représenter l’entreprenariat culturel à l’édition 2023 de la Viva Tech (zone Africatech). Zakia Bouassida a lancé, en 2021, son projet Livox, spécialisé dans la production et la distribution de Livres audio. Elle lui a donné comme slogan : « Ecoutez vos livres ! »
Avec l’apogée du numérique, l’arrivée du livre comme contenu audio est dans la logique de l’évolution des contenus digitaux (comme la musique ou les podcasts). Compte tenu de l’augmentation du prix du papier et des difficultés de distribution, les versions audios peuvent être l’avenir du secteur du livre dans certains pays. Elles peuvent aussi être le moyen de remédier à la rupture de lien entre certains jeunes et la lecture.
Marianne Catzaras est une artiste polyvalente laissant s’exprimer à travers son expression poétique et picturale son appartenance et son enracinement. Dans ses œuvres transparaissent en clair-obscur deux rivages : la Tunisie où elle est née et la Grèce où est née sa mère.
Marianne Catzaras puise son art dans son « empathie pour les déracinés de la terre ». Elle creuse la question des origines, transcendant les regards et traduisant les souffrances que l’on peut y lire. Dans ses clichés l’on peut voir le poids de l’ancrage à la terre, à la mer, aux racines… Ses modèles sont des moments de vie capturés dans la spontanéité des sentiments qui se dévoilent.
Dans le flou maîtrisé ou en clair-obscur, l’objectif de Marianne Catzaras immortalise l’éphémère et donne une dimension humaine large aux rencontres anecdotiques. Ses choix, comme elle l’explique, sont dictés par sa recherche d’images en corrélation avec les émotions que suscite l’écriture. Son intérêt se porte sur les minorités, sur l’intégration et l’exclusion de l’altérité.
Mariem Azizi est une universitaire tunisienne aux talents pluriels. Chroniqueuse radio, elle a exploré la richesse des langues au quotidien. Interprète, compositrice, instrumentiste et auteure, elle a fait partie des artistes sélectionnés par le Festival de la chanson tunisienne pour représenter la musique alternative. Portrait.
Ses capacités d’analyse et son esprit critique, cette passionnée les met aussi au service d’un autre art : le cinéma. Journaliste culturelle, critique cinématographique, assistante de production, elle a pu, des années durant et tout au long de ses nombreuses missions en lien avec la production de films et de documentaires, gagner en expertise et s’imposer en toute légitimité.
Epousant par la voix les rythmes qu’elle revisite, Mariem appose les mots sur des bases musicales qu’elle réinvente sur son luth, repense l’interculturalité et parcourt les patrimoines culturels communs. Elle a créé de nombreux spectacles musicaux : performances personnelles pensées comme des hommages aux métissages artistiques et aux richesses communes que sublime la créativité contemporaine. Elle a, notamment, redonné vie au Ladino, une langue judéo-espagnole en voie d’extinction qui a voyagé avec les Séfarades et a réexploré le genre musical commun que ces mouvements ont institué.
Son actualité récente s’annonce comme une récompense pour son univers créatif multiple. Sa chanson « Le cœur pur » a été sélectionnée par le Festival de la Chanson tunisienne, confirmant ainsi ses talents d’interprète, de compositrice et d’auteure. Même si elle n’a pas gagné de prix, sa présence sur une scène peu habituée à la musique alternative sonne comme une belle reconnaissance pour son art.
Cécile Oumhani est une auteure et poète française dont la créativité prend racine dans les affinités développées, lors d’étapes de sa vie, avec le Canada, la Belgique, l’Inde, l’Allemagne, l’Ecosse ou la Tunisie. Son univers créatif est chargé de multiculturalité et sa passion pour l’humain transcende ses trames romanesques et les habille d’universalité. Avec une production profuse et diversifiée (une trentaine de livres où sont inclus romans, recueils de poèmes, livres d’artiste en tirages limités), Cécile Oumhani surprend, à chaque ouvrage, son lecteur en créant des univers tellement différents les-uns des autres, mais ayant, en commun, la même grâce des mots et des images.