Politique

En photo- Meurt-on pour sa patrie, un jour?

11 mars 2016

Douze sécuritaires sont morts dans l’attaque terroriste de Ben Guerdane. Douze noms que la Tunisie ancrera dans son Histoire, comme y ont été ancrés, avant eux, des milliers d’autres. Des noms que la patrie garde, en sa mémoire collective, comme un ensemble, une entité globale, nommée sacrifice. La patrie se construit, nourrit ses valeurs, confirme sa valeur, de cette notion faite de noms, de larmes et de sang. En ces temps difficiles, le don de soi devient une valeur commune, faisant oublier à tout un chacun qu’il est un et ancrant, en lui, la conviction qu’il est partie d’un... [Lire la suite]

Ben Guerdane- Trois buzz et 36 terroristes tués

7 mars 2016
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Le 7 mars 2016, la Tunisie a vécu au rythme d’une attaque terroriste ayant visé Ben Guerdane. 36 terroristes tués, sept arrêtés et 18 martyrs entre civils et sécuritaires. Tout au long de la journée, ce qui était, au départ, perçu comme un attentat « ordinaire », s’est avéré être « un acte sans précédent », comme l’a désigné le président de la République Béji Caïd Essebsi. Le bilan s’est, en effet, révélé être lourd en pertes humaines, vers la fin de la journée. Un couvre-feu a été décrété à Ben Guerdane et d’autres décisions ont suivi. Auront... [Lire la suite]

Belaïd, cet assassinat qui nous tue encore

5 février 2016
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  6 février d’un certain hiver tunisien. Chokri Belaïd meurt en bas de chez lui, tué par des balles dont l’origine demeure inconnue. Le leader de gauche ne se gênait pas de dire ce qui gênait, il n’hésitait pas à citer l’islamisme politique comme la source des maux tunisiens, il n’avait pas peur de citer les noms des leaders les plus extrémistes et de les désigner comme les  manipulateurs d’une Tunisie qui se radicalise. Il n’a pas eu peur de dire que des volontés étrangères à la Tunisie constituaient les marionnettistes d’un pays qui peinait à trouver la voie,... [Lire la suite]

Tunisie- Génération chômage

2 février 2016

   Ils sont nombreux à relater un quotidien difficile, à raconter, à des citadins atterrés devant leurs écrans, leurs journées de désuétude, à dessiner, en noir et blanc, l’image de dizaines d’heures écoulées dans la langueur, dans des cafés bondés du matin au soir, autour d’une boisson qu’ils divisent par six et d’un paquet de cigarettes à partager. Les jeunes de Kasserine, de Thala, de Feriana et de tant d’autres villes enfouies dans les tréfonds tunisiens de la négligence et de l’injustice. Samedi 16 janvier, Ridha Yahiaoui proteste contre le retrait de son... [Lire la suite]

Interview- Inès Oueslati: Aucun gouvernement n’a les moyens de faire face à la crise

24 janvier 2016

Les Tunisiens sortent de nouveau dans la rue 5 ans après la révolution. Qu’est-ce qui ne va pas ? Cela fait cinq ans, en effet, que le Tunisien sait qu’il évolue dans le provisoire. Cinq ans de transition, trois présidents de la République, 5 chefs de gouvernement, des ministres par dizaines et autant de promesses électorales non tenues. Les lendemains meilleurs que les politiciens n’ont cessé de faire miroiter ont fini par ne plus séduire, voire par exaspérer. Les Tunisiens, que la crise économique a éprouvés, ont atteint leur seuil de patience, comme les politiciens les plus... [Lire la suite]

Les bras cassés et les laissés-pour-compte

20 janvier 2016
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Le suicide d’un jeune chômeur de Kasserine a alimenté, depuis le 16 janvier 2016, la grogne populaire et ravivé ce qui restait de dignité, dans un pays où les valeurs au nom desquelles le peuple s’est soulevé sont devenues de vains slogans politiques. Parce que son nom a été ôté d’une liste pouvant le faire parvenir à un poste dans le secteur public, Ridha Yahiaoui a été électrocuté, alors qu’il tentait de se suicider, en pleine rue, dans sa ville qui, depuis 5 ans, n’a connu que les promesses non tenus et n’a vu défiler que la figuration politique. Depuis, sa région... [Lire la suite]

Tunisie- Révolution, 5 ans, oui mais…

14 janvier 2016
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Révolution, cinq ans après, l’euphorie immédiate à ce qui a changé la Tunisie politiquement et socialement est passée. Eteinte à force de désenchantements, on la rallume, lors de cérémonies et de marches, le 14 janvier de chaque année. Récupérée politiquement, la date du soubresaut tunisien qui continue de secouer le pays se célèbre certes, mais sur un mode sceptique. Qu’a-t-on changé ? Vers où allons-nous ? Révolution, oui, mais…              – Enfin une démocratie ! Nous avons un président élu, des députés qui nous représentent. Nous avons une Constitution... [Lire la suite]

Nidaa Tounes, une catachrèse et un regret

11 janvier 2016
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Nidaa, il n’en reste qu’une catachrèse faisant survivre, au-delà du parti parti en poussière, un nom apposé comme un appel dans le vide. L’appel en écho d’un parti qui n’est plus ressemblant au projet politique initial pour qui plus d’un million d’électeurs ont voté. Nidaa n’est plus. Il n’est plus, aux yeux de beaucoup de ceux qui l’ont vu naître. Pourtant, Nidaa n’est pas arrivé au pouvoir seulement par la force de persuasion de ses dirigeants, mais surtout par la mobilisation de plusieurs Tunisiens qui ont pratiqué un propagandisme gratuit, au nom de la... [Lire la suite]

Essid- Remaniement en trompe-l’oeil

8 janvier 2016

Le remaniement ministériel annoncé par Habib Essid depuis le mois de novembre a été, enfin, annoncé, mercredi 6 janvier 2016. Du changement dans le gouvernement, surtout à la tête des ministères régaliens, suppression des secrétariats d’Etat, des départs, des arrivées et des remplacements. Du sang neuf dans la sphère de l’exécutif. Enfin !  La Tunisie en avait besoin. Le terrorisme passé par là, il y a un mois environ, et la crise politique qui a scindé le parti au pouvoir imposaient qu’il y ait du nouveau…  même avec de l’ancien. Toutefois, le gouvernement Essid,... [Lire la suite]

Interview – Inès Oueslati : La liberté ne se gagne pas par la peur

6 janvier 2016

Inès Oueslati est rédactrice en chef de la radio tunisienne ExpressFM. Un après l’attaque de Charlie Hebdo, elle revient pour Courrier international sur les conditions d’exercice du métier de journaliste dans son pays. Votre métier a-t-il changé après les attentats du 7 janvier ? J’exerce mon métier de journaliste un peu comme on s’adonne à une passion : en ne le percevant que par l’élan créatif. Ce sont des attentats comme ceux du triste 7 janvier 2015 qui nous rappellent que l’on peut mourir pour ses idées, pour ses écrits, pour ses dessins. Ce sont aussi des faits... [Lire la suite]